Carnets de voyages et récits de transition vers un avenir éthique et durable

Je m’appelle Claire Blumenfeld et je tiens Peregrinus Mundi depuis 2015. Ce site suit mon évolution dans la vie sous forme de chapitres. Les chapitres I à VI présentent principalement des récits de voyage et photographies. Le chapitre VII suit ma démarche de transition vers un mode de vie basé sur l’écologie et le bien-être à travers trois approches qui m’intéressent particulièrement, la permaculture, l’herboristerie et l’éco-construction.

Regards croisés sur la Nouvelle-Zélande
Discussion avec Dana, Pablo et Pauline à propos de leur voyage et leur vision du pays.
Mont Cook, Île du Sud, Nouvelle-Zélande © Dana et Pablo
INTERVIEW

En voyage on rencontre parfois d’autres voyageurs avec qui on sympathise rapidement. J’ai rencontré Pauline au tout début de mon voyage en Nouvelle-Zélande, à Rotorua sur l’île du Nord. On a passé quelques jours ensemble et son caractère bien marqué mais sympathique et ses envies similaires aux miennes m’ont tout de suite plu. Par hasard on s’est retrouvé à peine une semaine plus tard sur le parvis de l’i-site de New Plymouth. Puis plusieurs mois plus tard à Te Anau. La vie semble nous attirer l’une vers l’autre. Cela faisait un mois que je travaillais au Kepler Restaurant de Te Anau dans le Fiordland, lorsque Dana et Pablo sont arrivés. Un rayon de joie et de sourire dans une ambiance un peu morose. Nous avons tout de suite sympathisé et ce fut un plaisir de travailler et échanger pendant trois mois avec eux. Peu importe la situation ils sont toujours de bonne humeur ! Voici leur vision de la Nouvelle-Zélande à tous les trois.

Bonjour Pauline, Dana et Pablo ! Pouvez-vous vous présenter ?

Pauline : Pauline, Pam pour les amis. Je suis une Frenchie de 18 ans et demie (enfin presque), et j’aime bien évidemment voyager, mais aussi la pâtisserie, la musique, les chats et la bière. J’ai un caractère plutôt solitaire, et, comme dit mon père, je suis une « crème sauvage ». C’est à dire que je suis assez facile à vivre, je suis souriante et j’aime faire plaisir (la « crème »), mais je tiens aussi très fort à mon indépendance, ma liberté et je n’ai besoin de personne pour s’occuper de moi (et je pense à tort que c’est pareil pour les autres, d’où le « sauvage »).

Dana et Pablo : Bonjour ! Nous sommes Dana et Pablo, ensemble depuis douze ans. Nous sommes Argentins et nous adorons voyager. Nous nous sommes rencontrés alors que nous voyagions et nous n’avons pas arrêté depuis. Nous nous sommes rencontrés en Patagonie et nous avons aussi vécu à Buenos Aires. Le dernier endroit où nous avons vécu avant d’arriver en Nouvelle-Zélande fut à Mar del Plata, une ville magnifique proche de la mer. Pablo est chef-cuisiner et Dana est professeur de littérature. Mais nous n’avons pas de problèmes à faire d’autres boulots, parce que c’est comme cela que l’on apprend de nouvelles choses en permanence. Actuellement, nous travaillons ensemble dans un restaurant de Te Anau, Pablo comme chef et Dana comme serveuse.

Cela fait combien de temps que vous voyagez ? Et comment ?

Pauline : Je suis partie début Avril 2016 pour dix jours à Tokyo, une semaine à Brisbane, onze mois en Nouvelle-Zélande, une semaine à Sydney et quelques jours à Singapour. Un voyage d’un an donc, qui se finira fin Mars. Je voyage seule, j’ai beaucoup de mal à être à plusieurs, je suis une sauvage souviens-toi ! Cependant, ce voyage m’a quand même pas mal aidé à franchir des étapes de socialisation (ce qui était inespéré). J’ai acheté une voiture quelques mois après être arrivée en Nouvelle-Zélande, parce que le bus c’était la galère, et que je voulais me prouver que j’en étais capable. Et c’était vraiment une bonne idée.

Dana et Pablo : Nous sommes arrivés en Nouvelle-Zélande en Août dernier (2016) et nous avons vécu à Lower Hutt, près de Wellington, pendant deux mois. Après nous avons décidé de changer d’endroit et nous sommes arrivés à Te Anau en Novembre. Actuellement (février 2017) il s’agit de notre dernier mois de travail à Te Anau. Suite à ça nous retournerons à Wellie en Avril parce que Dana a reçu un financement pour faire son doctorat ici. Nous voyageons en voiture. Nous avons acheté notre Lorney, c’est son nom, à Wellie. C’était relativement pas cher et nous l’avons aménagé afin d’avoir un matelas à l’arrière. C’est notre maison roulante et nous faisons du « car camping » assez souvent.

C’est quoi la Nouvelle-Zélande pour vous ? Qu’est ce qui vous plait dans ce pays ?

Pauline : Ce que j’aime vraiment ici, c’est la gentillesse et l’optimisme des gens. Au supermarché on te demande comment tu vas, avec le sourire et on t’emballe tes courses bien comme il faut. Quand tu travailles bien, on te le dit, on te félicite. Ici les parents grondent très rarement les enfants, ils les laissent faire leurs propres expériences et les encouragent. Dans la rue quand tu souris à un inconnu, il te sourit en retour et te lance un « Hi! ». Ça n’est pas grand-chose mais pour moi ça fait toute la différence. Et puis, je sais que c’est considéré comme une tare pour les français mais tant pis je fais mon coming out, j’aime l’anglais ! J’ai visité les deux îles du pays d’un bout à l’autre. Je n’ai juste pas fait la randonnée Tongariro, et la partie Nord Est de l’île du Sud car il y a eu un gros tremblement de terre. J’en suis actuellement à mon sixième wwoofing (volontariat). Beaucoup de rencontres géniales, des découvertes sur les différents travaux de la ferme mais aussi l’hôtellerie, des échanges de recettes, et d’excellents souvenirs (ou exécrables parfois!) gravés dans mes neurones.

Dana et Pablo : Au début, avant de sortir de l’avion qui nous a amené à Wellington plusieurs mois auparavant, la Nouvelle-Zélande c’était un pays isolé, très très loin de notre pays, deux petites îles au milieu de l’Océan Pacifique Sud. À cette période, la NZ c’était les All Blacks, les moutons et d’incroyables paysages. Maintenant les choses ont pas mal changé, puisque nous avons eu la chance de voyager dans ce magnifique pays et nous sommes tombé amoureux de ses montagnes, lacs et forêts. Les gens ici sont d’une gentillesse extraordinaire, tellement relaxés et ouvert d’esprit qu’au début nous avions du mal à y croire. C’était simplement que nous avions du mal à croire que des gens pouvaient être si sympathiques sans même vous connaitre. Cela nous a pris un peu de temps pour réaliser que c’est simplement leur façon d’être, du moins pour la plupart, et nous avons trouvé qu’être entouré de gens gentils vous change et vous rend également plus gentil. Nous avons aussi remarqué que la NZ est vraiment aménagée pour les backpackers. Il y a de toilettes publiques propres tous les 50km sur la route, des campings de bonne qualité dans chaque petite ville, les routes sont très bien indiquées et en excellentes conditions. Certaines villes ont même des douches publiques !

Est-ce que vous avez une philosophie de voyage ?

Pauline : Euh j’ai pas de philosophie… Avant de faire ce voyage je me suis rendue compte que je ne savais pas ce que j’aimais, ce que je voulais, que je n’avais plus tellement de rêves. Après dix mois ici, j’ai trouvé beaucoup de réponses, je déborde de futurs projets, je me sens mieux physiquement et dans ma tête, et je me soucie beaucoup moins de l’avenir.

Dana et Pablo : Nous ne savons pas vraiment ce qu’une philosophie de voyage pourrait être. Ce en quoi nous sommes sûrs c’est que nous essayons d’apprendre et vivre de nouvelles expériences dans chaque endroit où nous allons et nous considérons que voyager nous permet de nous mettre en permanence dans ce genre de situations. Nous préférons les budgets pas chers, non pas seulement parce que, bien sûr, c’est ce que nous pouvons nous permettre mais aussi parce que cela nous permet d’acquérir de l’indépendance et nous met dans des situations qui ne seraient pas arrivées si nous étions restés dans un hotel cinq étoiles. Nous sommes respectueux et curieux à propos de la nature et des gens et notre philosophie de base est de faire des expériences pour apprendre, s’ouvrir à de nouvelles choses, à nouveaux languages, à de nouveaux gens et à de nouveaux paysages. C’est, à notre opinion, une des choses qui vous fait grandir tout en gardant une curiosité enfantine et en apprenant tous les jours.

Vos meilleurs souvenirs ou difficultés ?

Pauline : J’ai de très bons souvenirs de mon wwoofing au moment du vélage. J’ai nourri au biberon des centaines de veaux, je les ai vus grandir, ils adoraient me téter les doigts et me lécher la tête… une super expérience ! Pendant ce voyage, j’ai également rencontré une personne qui m’a fait voir la vie sous un autre angle et depuis, tout semble plus facile et beau. Ça a définitivement été un moment clé de mon périple. J’ai aussi nagé avec des dauphins en toute spontanéité dans une crique des Coromandel. C’était définitivement une excellente surprise. Mais je pourrais aussi parler des amis que j’ai trouvés ici (dont toi ma petite Claire!), de mon saut en parachute à Taupo, du Noël extraordinaire en plein été, des trois semaines passées à sillonner l’île de Sud avec mon Papounet… Ma plus grosse difficulté a sans doute été mon premier mois en NZ. Le jour où je suis arrivée, je suis directement partie pour un wwoofing au Nord d’Auckland et ça n’était pas exactement mon idéal de vie. J’ai eu beaucoup de mal à m’adapter aux conditions que j’ai rencontrées là-bas, et j’étais épuisée physiquement et moralement (surtout quand les souris ont dévoré ma seule tablette de chocolat!). Mais j’ai tenu à rester un mois complet, comme promis, et j’y suis arrivée.

Dana et Pablo : L’arrivée le premier jour fut fantastique. Un de nos meilleurs amis vit à Wellington et il est venu nous chercher avec la soeur de Dana, qui est aussi en NZ avec un visa Working Holiday (nous allons la voir bientôt d’ailleurs !!). Marcher pour la première fois dans les rues, c’était extraordinaire ! Et puis rencontrer de nouveaux amis ici, tous très sympas, avec des histoires intéressantes à raconter et tous venant de milieux très différents. Et puis acheter notre première voiture (notre toute première voiture) et commencer à planifier notre voyage à Te Anau. Et le voyage en lui même fut fantastique. Nous étions dans les nuages ! Picton, Nelson, Abel Tasman, Takaka, Canaan Downs, Westport, Rivière Owen, Punakaki Rocks, Hokitika Gorge, Arthurs Pass, Castle Hill, le lac Tekapo, le lac Pukaki et le mont Cook, Twizel, Cromwell, Queenstown, Glenorchy, Kinloch, Manapouri et enfin Milford Sound ! Des difficultés ? Tout d’abord, s’habituer à l’heure du dîner ici! Notre premier mois, nous avons insisté pour chercher un endroit pour dîner autour de 10h du soir – c’est l’heure du dîner habituel en Argentine. Tout était fermé, et si nous trouvions un endroit ouvert il était sur le point de fermer, donc nous nous sentions coupables et nous ne voulions pas entrer ! Les premiers jours ici furent assez affamés !! Hahahaha. Deuxièmement, une mauvaise histoire avec notre premier et seul colocataire à Petone … elle était folle !! Au final c’est ce qui nous a amené ici, sur l’île du Sud, donc on peut la remercier.

Le futur est-il est inquiétant ou pas ?

Pauline : Bon, le futur honnêtement ça m’inquiète moins qu’avant. Bizarrement, c’est plutôt les gens autour de moi que ça tracasse… Je rentre en France fin Mars après un an passé majoritairement en NZ. J’ai plusieurs projets en tête et des envies de voyage à ne plus savoir qu’en faire. Mais en arrivant je vais surtout manger une bonne raclette avec du pain et du bon vin et arroser mon retour avec mes amis et ma famille. Le reste se fera de lui-même. Une chose est sûre, je ne retournerai pas travailler comme avant mon voyage.

Dana et Pablo : Ce n’est pas effrayant mais plein de défis. Nouvelle vie à Wellington, poursuivre ses études de doctorat pour Dana, rechercher un nouvel emploi pour Pablo, trouver une maison que nous aimons et que nous pouvons nous permettre, la rendre nôtre pour une période de temps, se sentir à la maison, dans un nouveau lieu, comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Des défis parce que nous n’avons jamais vécu pendant longtemps dans un pays étranger avant et cela ressemble à un projet à long terme. Excités aussi à propos de toutes les nouvelles expériences qui nous attendent !

Une recette qui illustre pour vous la Nouvelle-Zélande ?

Pauline : La pavlova! C’est une grosse meringue recouverte de chantilly et de fruits, et c’est super bon. Malgré son nom à consonance Russe, c’est bien un dessert typiquement Néo-Zélandais. J’ai appris à la faire quand je faisais du wwoofing dans une ferme laitière, avec mon hôte Tamara qui m’a appris tous ses « tricks » pour la réussir. Mais la Nouvelle-Zélande c’est aussi les spaghettis en boîte mangés sur un toast beurré, les poissons en chamallow, et les fush’n’chups !

Dana et Pablo : Nous pensons qu’il s’agit des tartes locales ou « pies ». Il y a des « pies » partout ici, et chaque ville a sa propre « pie » locale ! En outre, nous travaillons à côté du magasin de « pies » de Te Anau, donc c’est vraiment connecté à notre expérience de cet endroit. Les fish and chips emballés dans du papier journal, bien sûr, sont un must en Nouvelle-Zélande, ainsi que – croyez-le ou non – les restos indiens et asiatiques, qui étaient une nouveauté pour nous et qui, ici, semblent être les préférés des Kiwis !

Merci beaucoup à vous trois !

Suivez les aventures de Pauline sur BackPackPam et celles de Dana et Pablo sur Babilonio Rucula.

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15 février 2017

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

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