Marae Tamatekapua - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Rotorua, paradis géothermique

Map of New Zealand - Outline by FreeVectorMaps.com

Après deux jours dans les Coromandel, je reprendre le bus très (trop) tôt le matin pour un dernier trajet avec Ritchie qui me ramène à Hamilton. De là je récupère un autre Nakedbus qui m’amène en deux petites heures à Rotorua, ma destination pour les trois jours à venir.

Rotorua est une ville se situant presque au milieu de l’île du Nord. Cette zone se trouve à la jonction de deux plaques tectoniques formant la zone volcanique de Taupo. Rotorua est construite sur les rives d’un très grand lac se trouvant dans la caldeira d’un ancien volcan dont la dernière éruption remonte à 240000 ans. L’activité géothermique est donc importante dans la région et on trouve de nombreuses sources d’eau chaude, mares de boues et geysers. La ville et le lac baignent dans les vapeurs d’eau chaude et l’odeur de souffre. Ça me rappelle des souvenirs du Japon et ma visite à Unzen (l’odeur de souffre était plus forte là-bas).

Forcément tout cela fait de Rotorua une attraction touristique majeure. Les Maoris étaient d’ailleurs installés dans la région bien avant l’arrivée des occidentaux, et utilisaient les sources chaudes pour se laver, se soigner ou se chauffer. Les premiers Pakeha (colons européens. Aujourd’hui le terme s’utilise aussi pour désigner toute personne non-maori), arrivèrent vers 1850 et s’installèrent en bordure du lac Rotomahana (à quelques km de l’actuelle Rotorua). Là se trouvait Les Terraces Roses et Blanches sur les flancs du volcan Tarawera. Sources thermales à l’air libre dont l’eau contenait de grandes quantités de bicarbonate de calcium, elles firent rapidement la renommée de la région et furent considérées comme la huitième merveille du monde. Hélas le 10 Juin 1886, le volcan Tarawera entra en éruption engloutissant les Terraces et les villages des environs. Malgré la catastrophe cela n’empêcha pas les colons de continuer à s’installer dans la région et Rotorua, ville thermale fut fondée en 1883.

En plus des activités liées aux sources d’eau chaude, on trouve aujourd’hui tout un tas d’activités à faire à Rotorua. Parcs, spectacles maoris (l’endroit étant l’un des berceaux de la culture maori), visite d’Hobbiton (je vous en reparle dans mon prochain article) et pleins de randonnées et d’activités sportives pour faire le bonheur des visiteurs.

J’arrive donc à mon auberge en début d’après-midi. Je pose mon sac et je fais la connaissance de Lydie, luxembourgeoise et Pauline, française, toute les deux très sympathiques. Et je pars visiter la ville.

Je passe voir le parc géothermique Kuirau, situé en plein centre de la ville. Sources d’eau chaude et petits lacs bouillants de tout les cotés dans une odeur de souffre. Sympathique, mais comme j’ai déjà vu ça à Unzen, ça ne m’étonne pas beaucoup. Je poursuis vers le village maori d’Ohinemutu, aujourd’hui intégré à Rotorua. Je retrouve Lydie en chemin et c’est quelques minutes avant le couché du soleil que nous arrivons dans le quartier. Quelques maisons de style maori sont encore debout avec une très jolie Wharenui (maison commune) mais c’est surtout la Marae Tamatekapua et l’église anglicane St. Faith qui retiennent mon attention. Avec leur toit rouge et la lumière chaude des rayons du soir le lieu est magnifique.

Marae Tamatekapua - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Tout en discutant de nos voyages respectif, nous poursuivons la balade le long du lac, admirant le couché de soleil et les cygnes noirs sur l’eau. Nous rentrons à l’auberge dans la nuit noire et je m’endors, particulièrement heureuse de ma première journée à Rotorua.

 

Avec toutes les activités que propose la région, difficile de choisir sans avoir l’impression de rater quelque chose. Voila les principales visites/balades que j’ai faites durant mes trois jours à Rotorua.

Le lac de Rotorua

Le lac de Rotorua mérite absolument le détour. Grande étendue de 10km de diamètre, il fut découvert par le chef de tribu Ihenga qui l’a baptisé Rotorua. En maori, « Roto » signifie « lac » et « rua » veut dire « deux ». Il s’agirait donc du deuxième lac découvert par Ihenga. Le lac abrite en son centre l’île Mokoia, dôme de magma et est également un sanctuaire pour la faune et la flore de l’île du Nord. C’est un des lieux de reproduction des mouettes scopulines, des mouettes de Buller et des goélands bruns. Du fait de l’activité géothermique, la partie sud-est du lac est appelée Sulphur Bay et possède une eau trouble en raison du soufre. L’eau est pauvre en oxygène et très acide. Les oiseaux apprécient grandement la température de l’eau mais l’acidité leur abime les palmures des pieds. La faible teneur en oxygène de l’eau les force également à quitter régulièrement la région pour trouver de la nourriture.

Les rives du lac furent également le théâtre de nombreuses guerres maori. L’île Mokoia fut particulièrement convoitée par les tribus de la région et fut la scène de batailles sanglantes. Mais elle est aussi le lieu d’une des histoires d’amour les plus connues de Nouvelle-Zélande. Tutanekai, vivant sur l’île et Hinemoa, jeune femme de haute naissance vivant sur les terres Owhata, étaient amoureux. Mais leur amour était interdit. Hinemoa traversa alors le lac à la nage, guidée par les mélodies que jouait Tutanekai avec sa flûte sculptée dans l’os afin de rejoindre son amant.

Quand le temps est beau, la vue sur le lac et les collines bordant la caldera est magnifique.

View of the Lake from the Sulphur Bay - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Le musée

Le musée de Rotorua est le plus beau bâtiment de la ville. Il est situé dans la Bath House, ancien établissement thermal qui offrait des traitements thérapeutiques.

En 1878, un prêtre catholique, Père Mahoney, paralysé par l’arthrite fut transporté jusqu’à Rotorua pour se baigner dans une source d’eaux chaudes. Il retrouva alors l’usage de ses jambes et l’on baptisa le lieu « Les Thermes du prêtre ». En 1882, le Pavillon Bath, fut construit sur le site des Thermes du Prêtre. Mais la structure s’effondra deux ans plus tard à cause de problème de maintenance (l’acidité de l’eau rongeant la tuyauterie et le bois). En 1885, un sanatorium ouvrit ses portes, suivit du Pavillon Baths en 1887. La Bath House construite en 1908 est le seul bâtiment qui reste du complexe de l’époque. Bains de boue et traitement à base de différents types d’eaux étaient alors proposés pour traiter les maladies, rhumatismes, problèmes de peau. Hélas, l’acidité de l’eau rendait la maintenance difficile. À cela s’ajouta une baisse de l’engouement pour les eaux médicinales, ce qui conduit à la fermeture des Thermes en 1940.

S’inspirant d’un style architecturale élisabéthain, le bâtiment possède plein de petites tours et un grand escalier central. Il est situé au sein du Government Gardens ou Paepaekumanu Motutara, ancien lieu de guerres tribales maori. La tribu Ngâti Whakaue en fit cadeau aux colons en 1882.

The Museum - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Le musée renferme deux principales expositions. Une retraçant l’histoire du lieu et des cures thermales. Très intéressante, d’autant plus qu’on peut se balader parmi les installations de l’époque et dans les sous-sol où avait lieu les bains de boue. La seconde exposition est consacrée à l’histoire de la région. Les différentes tribus maori, l’arrivée des Colons, la destruction des Terraces Roses et Blanches, Rotorua aujourd’hui, tout cela s’enchaine dans une des plus belles exposition que j’ai vu. La scénographie est magnifique et l’utilisation de la typographie et de bandes dessinées rend l’ensemble très ludique. Pour moi qui suis particulièrement sensible au design d’une exposition, c’est du cadeau pour les yeux !

View of Rotorua from the top of the museum - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Rainbow Springs, nature park

Rainbow Springs est un parc naturel de 9 hectares en bordure de Rotorua. Il abrite de nombreuses espèces de faune et flore indigènes et notamment des Kiwis ! En payant un supplément à l’entrée du parc (déjà pas donnée je trouve), il est même possible d’observer des petits kiwis grâce au National Kiwi Trust Conservation Centre situé dans le parc. Bien décidée à voir de mes yeux ces petits trésors, je me rends au parc prête à y mettre le prix. Grosse désillusion ! Pour pouvoir voir des petits il faut venir en été ! Bon, je paye quand même l’entrée du parc afin d’aller voir les kiwis adultes dans leur enclos.

Rainbow Springs dont le nom vient du ruisseau coulant au sein du parc où se prélassent  300 à 400 truites arc-en-ciel sauvages, est à la fois un parc naturel, un zoo et un parc d’attraction, avec des activités et spectacles d’oiseaux. Cependant, lors de ma visite, il n’y avait pas beaucoup d’activités. Il faut dire qu’il pleuvait un peu et qu’il faisait déjà presque nuit. Je me rends à l’enclos des Kiwis, un espace plongé dans l’obscurité en permanence (les kiwis sont des animaux nocturnes) et abritant 3-4 kiwis derrière des vitres en verre sales. J’en aperçois un en train de fourrager dans le sol à l’aide de son long bec et semblant éternuer/renifler toutes les 10 secondes. Oulala, il doit être malade ! J’observe les animaux pendant plusieurs minutes mais comme il ne se passe rien de spécial, je ressort un peu déçue.

Je m’attarde sur les explications très intéressantes où j’apprends pleins de choses sur les Kiwis. Ceux-ci sont des animaux nocturnes uniques à la Nouvelle-Zélande, ne pouvant pas voler et aujourd’hui en voie de disparition. Avant l’arrivée des maori et des colons, les kiwis n’étaient menacés par aucun prédateur. Mais avec l’arrivée des hommes, vinrent les chats, chiens, rats, fouines, opossums. Qui s’attaquèrent à l’oiseau incapable de voler. Aujourd’hui, seul 5% des oisillons survivent dans la nature. Afin d’essayer de sauver l’espèce de nombreux programmes de conservation sont mis en place dont le National Kiwi Trust Conservation Centre qui récupèrent les oeufs dans la nature afin de les élever jusqu’à 6 mois, âge à laquel le petit Kiwi est relâché dans la nature en étant capable de se défendre face aux prédateurs. Il existe cinq types de Kiwis en Nouvelle-Zélande mais une espèce est complètement éteinte. J’apprends également que la femelle pond l’un de plus gros oeufs au monde par rapport à son poids. L’oeuf est même tellement gros qu’il remplit l’intégralité de son estomac et que trois jours avant de pondre elle arrête de se nourrir, n’ayant plus de place dans son ventre ! J’apprends également la réponse à mon interrogation de toute à l’heure. Non le Kiwi que j’ai vu n’est pas malade ! Comme il possède des narines très sensibles au bout de son bec, il est constamment obligé d’enlever la terre de ses orifices et donc éternue en permanence. C’est d’ailleurs le seul moyen de le repérer, de nuit, dans la nature.

A stuffed Kiwi - Rainbow Springs Nature Park - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Je continue ma balade dans le parc en passant par la volière des animaux exotiques. Il ont de superbes perroquets et perruches qui m’accueille dans un concert de cris. Plus j’en vois, plus j’aime observer le comportement des oiseaux, c’est fascinant !

Red-breasted parakeet - Rainbow Springs Nature Park - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

A Cockatiel - Rainbow Springs Nature Park - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

 

La nuit tombant je file voir les reptiles et le Tuatara. Celui-ci est un reptile à sang froid unique à la Nouvelle-Zélande et plus ancien que les dinosaures ! Ce sont des bêtes au cycle très long : Ils atteignent leur taille adulte de 600mm au bout de 35 ans, ne respirent qu’une fois par heure et peuvent vivre jusqu’à au moins 100 ans ! Hélas c’est l’hiver et ayant froid les adultes se sont enfouis dans le sol. Je n’arrive qu’à distinguer deux juvéniles derrières les vitres sales de la cage. Je me contente donc du Dragon barbu de l’Est.

Eastern Bearded Dragon - Rainbow Springs Nature Park - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Je poursuis à travers la forêt du parc faite de Kauris (très grands arbres pouvant atteindre 4000 ans), Manukas et Rimus dans l’obscurité pour aller voir les oiseaux néo-zélandais : coup-d’oeil au Morepork (chouette) qui porte très bien son nom maori : « ruru » qui signifie « grands yeux », arrêt devant l’enclos de Weka (oiseau curieux et voleur ne pouvant pas voler), discussion avec Jenny, le Kea (perroquet alpin en voie de disparition), avec qui j’échange des petits cris et je finis par une balade dans l’enclos de Kâkâs. Ceux-ci sont de grands perroquets avec des plumes rouges au niveau de la queue qui se comportent un peu comme des singes. Ils utilisent leur grand bec acérés pour escalader ou se balancer de branches en branches ! Fascinant. Alors que je suis dans l’enclos, un Kâkâ un peu trop curieux s’approche à quelques centimètres de moi ! je ne sais pas si il me prend pour le gardien ou le type qui lui donne à manger mais il agite son long bec un peu trop prêt de ma jambe à mon goût. J’essaye de le faire reculer en agitant la brochure devant son bec mais voila qu’il l’attrape avec son bec et se rapproche encore plus de ma jambe ! Je ne sais pas s’il est juste curieux mais si il me fout un coup de bec dans la jambe, je vais avoir mal. Un peu paniquée je me précipite vers la porte de sortie, le perroquet sur mes talons. Pfiou ! Je suis pas passée loin. En rigolant de l’aventure, je ressors du parc, finalement bien contente de ma visite.

Wai-o-Tapu

Ma dernière visite à Rotorua sera le Parc géothermique Wai-o-Tapu dont le nom maori signifie « eaux sacrées ». Environ 18 km2 de cratères effondrés, piscines de boues bouillantes, lacs aux couleurs grandioses, de vapeur, de fumées et d’odeur de souffre.

Une petite demie-heure dans une navette spéciale (seul moyen d’accéder au parc si on a pas de voiture), où je fais la connaissance de Julie, une française en vacances pendant un mois en Aotearoa (Nouvelle-Zélande). La navette nous dépose en premier au geyser Lady Knox, qui se déclenche tous les jours à 10h15 ! Un des employés du parc s’avance près du geyser et nous raconte avec un accent kiwi bien prononcé qu’il y a un siècle, cet endroit était utilisé comme prison. Un des bagnards lavant ses habits fit malencontreusement tomber son savon dans les eaux d’une source thermale. Ce qui eut pour effet de déclencher un jet d’une hauteur de 20m. L’astuce est aujourd’hui employé pour déclencher Lady Knox mais attention, le savon utilisé de nos jours est conçu de façon à ne pas dégrader la nature. L’employé verse le savon, des bulles commencent à se former et le jet s’élève enfin, bien moins puissant que ce que je l’avais imaginer. Sympa mais une attraction pour touristes…

 

La navette nous récupère et nous dépose 5 min plus loin devant l’entrée du parc. Plusieurs sentiers vagabondent à travers le parc en passant par toutes les « attractions ». Julie et moi faisons le chemin le plus long, en nous émerveillant à la vue des couleurs et des structures. Certains lacs (notamment le Devil’s Bath) sont d’une couleur verte pomme indiquant la présence d’arsenic ! L’attraction principale est la Champagne Pool, grand bassin de 65m de diamètre, dont le nom vient des bulles de gaz remontant à sa surface. Le centre du lac est à 75°C et ses bords tout oranges sont des dépôts d’antimoine. Hélas, le soleil est caché par les nuages ce qui minimise un peu la beauté des lieux. Mais la balade n’en demeure pas moins agréable. Je vous laisse apprécier les photos qui seront plus parlantes.

The Champagne Pool - Wai-o-Tapu - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

 

 

Frying Pan Flat - Wai-o-Tapu - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Frying Pan Flat - Wai-o-Tapu - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

The lake Ngakoro Waterfall - Wai-o-Tapu - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

The Champagne Pool - Wai-o-Tapu - Rotorua - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Voila pour ma découvert de Rotorua. Et aussi pas mal de visites et de discussions avec Lydie, Pauline et Julie.

Sinon pas de parc à thème maori, spectacles  ou rencontre maori pour moi durant ce séjour à Rotorua. Les prix sont beaucoup trop chers, c’est très touristique et je trouve cela un peu étrange de transformer la culture maori en spectacle pour touristes. Cependant Lydie et Pauline y ont assisté et elles m’ont dit qu’elles avaient beaucoup aimé. L’idéal pour moi serait de voir ça dans la réalité mais comme la plupart des Maori vivent aujourd’hui de la même façon que les Néo-Zélandais, cela à peu de chance d’arriver. D’après les retours, les danses guerrières, costume traditionnels et Haka sont très bien. Et le repas cuisiné au Hângi (cuisson de aliments dans un four construit dans le sol où la nourriture mijote pendant des heures à l’aide de pierres chaudes et de vapeur) vaut son pesant d’or. Du coup, j’essayerais peut-être d’y assister une prochaine fois.

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