Carnets de voyages et récits de transition vers un avenir éthique et durable

Je m’appelle Claire Blumenfeld et je tiens Peregrinus Mundi depuis 2015. Ce site suit mon évolution dans la vie sous forme de chapitres. Les chapitres I à VI présentent principalement des récits de voyage et photographies. Le chapitre VII suit ma démarche de transition vers un mode de vie basé sur l’écologie et le bien-être à travers trois approches qui m’intéressent particulièrement, la permaculture, l’herboristerie et l’éco-construction.

Sur la route. De Wanaka à Mont Cook
Je parcours les plaines vallonnées de la région du Canterbury et atteins Mont Cook au coeur des Alpes du Sud.
Mackenzie Country sur l'Île du Sud, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld
CARNET

Après cinq jours à Wanaka, il est temps de partir. Je quitte mon joli coin au camping de Glendhu Bay, Dimanche 26 Février, sous un temps couvert. Quarante minutes sur la route vallonnée pour rejoindre Wanaka et je me lance en direction Aoraki / Mont Cook, mon point d’arrivée dans trois jours. Environ deux cents kilomètres me séparent de d’un des endroits que je souhaite absolument visiter pendant mon séjour en Nouvelle-Zélande. Je quitte Wanaka sur une route vallonnée. Les nuages ont disparu remplacés par un soleil de plomb. Autour de moi les montagnes sont presque désertiques couvertes d’herbes jaunes. J’ai l’impression qu’elles ont soif. C’est beau mais comme souvent, j’ai le vent de face ! Il semble que quelque soit la direction que je prenne, j’ai toujours le vent de face ! Comme si rouler sur les routes néo-zélandaises pleines de montées et descentes n’était pas assez difficile. En chemin, je rencontre une Québécoise avec qui je discute une trentaine de minutes. Elle voyage depuis un an sur son vélo et vient rejoindre un ami à Wanaka. Elle me réconforte un peu en me disant que les premières semaines à vélo sont toujours difficiles. Et que j’ai choisi la partie la plus difficile de la Nouvelle-Zélande pour commencer.

J’arrive à Tarras vers en début d’après-midi. Le bourg est constitué de trois baraques, d’une école, d’un magasin vendant des habits en laine mérino et… d’un golf ! Pause repas à l’ombre des arbres puis je repars. Passage sur une route de gravier en bon état qui m’offre une montée de deux cents mètres de haut, longue et en pleine chaleur. En haut alors que je pensais être complètement seule dans le coin, je vois passer une caravane de gens à cheval. Je ne sais pas si c’est une reconstitution historique ou un truc comme ça mais j’ai l’impression d’avoir été projeté dans le passé pendant quelques secondes. Je rejoins la route qui s’enfonce en montant tranquillement dans la Lindis Valley et je campe au bord d’un petit ruisseau juste avant le début de la grosse montée vers le col.

Le lendemain, j’attaque de bonne heure la montée. La route monte très doucement à travers la vallée recouverte d’herbes jaunes. Avec la lumière du soleil du matin, on dirait que les lieux sont couverts d’or. Je fais la grosse majorité du trajet à vélo sauf les deux derniers kilomètres bien trop durs à mon goût. Un peu marre de toutes ces montées ! Il fait de nouveau très chaud. Alors que je me repose pendant quelques minutes à l’ombre d’un paneau indiquant « attention, coin dangereux, de nombreux accidents, soyez vigilants », une voiture me dépasse, un peu trop proche à mon goût, avant de soudainement faire des zigzags sur la route puis percuter un autre panneau ! Rien de grave, seul le rétroviseur est abimé. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais j’ai comme l’impression que c’est le karma. Je continue la montée en poussant le vélo et j’arrive en haut avec soulagement. 965 mètres d’altitude. Le col marque la limite entre la région de l’Otago et celle du Canterbury. L’ascension ne fut pas de tout repos mais moins dure que la montée du col Cardrona après Arrowtown

Je me lance dans la descente, sourire jusqu’aux oreilles. Quel plaisir de filer dans la pente sans douleur, le vent sifflant dans mes oreilles. Je parcours les trente-deux kilomètres me séparant d’Omarama rapidement. Bien sûr, mon très cher ami le vent est de la partie et me voila de nouveau à pédaler comme une forcenée. Sur la route, j’aperçois les Clay Cliffs, de grandes falaises d’argile. Une bonne glace, Fruit de la passion-Yaourt, m’offre un petit plaisir mérité ainsi qu’un peu de repos. Pas grand chose à Omarama si ce n’est… un golf. Encore ! Décidément, cela doit être un sport cher aux Kiwis. 

Je parcours la trentaine de kilomètres qui me sépare de Twizel avec un peu de difficultés. J’ai les jambes fatiguées. Une voiture me dépasse puis s’arrête quelques mètres plus loin. Et qui je vois passer la tête par la fenêtre : Marex !! Un des cuisiniers du Kepler Restaurant de Te Anau où j’ai travaillé pendant trois mois précédemment ! Il profite de plusieurs jours de repos pour aller visiter Mont Cook lui aussi ! Décidément, la vie est pleine de surprises ! Un peu ragaillardie, je parcours les derniers kilomètres. Une ferme de saumons apparait sur le lac Ruataniwha et je suis éblouie par la couleur de l’eau. Bleu turquoise. Dans le fond j’aperçois les sommets enneigés de Mont Cook et les pics environnants. Cela me rends heureuse sans que je sache vraiment pourquoi. C’est dans les prairies des environs que la fameuse bataille opposant les armées du Gondor et Rohan à celles du Mordor fut tournée. J’ai beau scanner les environs j’ai un peu de mal à m’imaginer les Champs du Pelennor apparaissant dans la scène du Retour du Roi. Le temps est trop beau. Il ne correspond pas à l’atmosphère des films de Peter Jackson. Je tourne juste avant Twizel pour aller passer la nuit dans le très sympathique Holiday Park du lac Ruataniwha, situé juste à coté du lac. Je passe le début de soirée à me balader le long du petit lagon émerveillée par la beauté des lieux.

Je serais bien restée plusieurs jours au camping tellement je le trouve agréable mais Mont Cook m’attend. Par précaution, je passe à Twizel m’acheter un peu de nourriture. À priori il n’y a pas grand chose là où je vais. Puis je me lance sur la route. Je suis pressée de voir apparaitre l’eau turquoise du lac Pukaki, le grand lac juste avant Mont Cook. Mais il me faudra bien encore pédaler pendant presque vingt kilomètres avant de le voir apparaitre dans un tournant. La perspective est trompeuse. Mais ça y est, il est là. Le lac et au fond Mont Cook. Une petite aire de repos permet d’apprécier le paysage. Une grande étendue bleue incroyable avec dans le fond la superbe chaine de montagne. Deux jeunes Japonais en vélo arrivent et nous discutons un peu. Ils reviennent de Mont Cook. Ce n’est pas les premiers Japonais que je vois visiter la Nouvelle-Zélande en vélo. Il faut dire que les Nippons aiment faire du vélo et que le cyclotourisme est en vogue chez les jeunes.

La route longeant le lac pour arriver au parc national Aoraki / Mont Cook (Aoraki étant le nom de la montagne en Maori) est grandiose visuellement mais très vallonée. J’ai les jambes qui tremblotent. En début d’après-midi j’arrive au camping Glentanner situé à l’embouchure du lac Pukaki et à une quinzaine de kilomètres du village Mont Cook. C’est là que je décide d’établir ma base pour les prochains jours. Rester dans le village Mont Cook coûte trop cher et le camping du DOC à frais réduits n’offre rien à part toilettes et douches. Le Glentanner Campground est très sympathique. Les emplacements pour les tentes sont situés dans une prairie avec de grands pins à une quinzaine de minutes à pied du lac. Je monte ma tente et me repose pendant le reste de l’après-midi appréciant la vue sur Mont Cook et ses neiges éternelles. Le lieu est définitivement un des plus beaux endroits du pays. Mes prochaines jours vont être consacrés à l’exploration des environs. 

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2 mars 2017

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

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