Sur la route. De Glenorchy à Wanaka
Je continue ma découverte à vélo de la région de l’Otago, passe par Queenstown et atteins Wanaka.
Informations
25 février 2017

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

Sur la route. De Glenorchy à Wanaka
Je continue ma découverte à vélo de la région de l’Otago, passe par Queenstown et atteins Wanaka.
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25 février 2017

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

CARNET

aSamedi 18 Février, je laisse Glenorchy derrière moi pour retourner à Queenstown. Mais je n’ai pas la force de refaire la route à l’envers après la difficulté que j’ai eu à l’aller. Trop vallonée et trop longue. Alors je prends un bus. Ou plutôt un minibus pour moi toute seule. La dame qui conduit le véhicule attache mon vélo à l’arrière et nous voila parties. En à peine cinquante minutes, nous atteignons Queenstown. Alors que le trajet à l’aller m’aura pris sept longues heures difficiles à vélo. Quelques pensées négatives me traversent l’esprit, aurais-je du acheter une voiture plutôt ?, que je laisse de coté pour l’instant. Ce n’est pas le moment pour rendre les armes. Pas au début de ma traversée de trois mois. Je passe faire des achats à Queenstown et m’achète enfin un Fergburger. Lors de mes précédentes visites dans la ville, la queue d’attente était tellement longue que cela m’avait découragée. Mais cette fois, je m’y rends à dix heures du matin. Seulement quinze minutes pour mettre les mains sur le fameux burger à la renommée presque mondiale. Mon choix se fait sur le Tropical Swine : boeuf, bacon, cheddar, ananas, salade, tomate, oignons, aioli et sauce tomate. C’est très bon. Et cela me bien rempli l’estomac. Mais ce n’est pas le graal du burger dont tout le monde m’avait rabâché les méninges. Pas bien grave.

Je reprends la route, longeant le lac Wakatipu sur une piste cyclable. La Queenstown Trail m’emmène le long de la rivière Kawarau sous une chaleur de plomb. Je roule à travers les champs bercée par le chant des cigales. Hélas de grosses montées bien abruptes m’attendent et j’arrive au Kawarau Suspension Bridge complètement à plat. Des équipements de Bungee jumping pendent du pont mais l’activité ne semble pas ouverte. Je ne sais pas si c’est le trajet combinée à la chaleur mais j’ai épuisée toutes mes ressources. Je n’ai fait qu’à peine vingt-six kilomètres ! Je passe une bonne heure à me reposer à l’ombre et à admirer les eaux cristallines de la rivière s’écoulant dans la gorge. Le chant des oiseaux et les reflets bleutés me remontent doucement le moral. C’est là que Peter Jackson a implanté les Pilliers des Rois (immenses statues) que la communauté aperçoit lorsqu’elle navigue sur les eaux de la rivière Anduin dans Le Seigneur des Anneaux.

Je reprends la route en direction d’Arrowtown en fin d’après-midi à l’allure d’un escargot. Il fait toujours très chaud. J’avais en tête d’aller rapidement visiter Arrotown, m’engager sur la Cardrona Road et commencer la dure montée de la Crown Range afin de camper dans un coin tranquille, mais j’ai l’impression que cela va être difficile. Je passe le début de la Cardrona Road (Arrowtown se situant un peu plus loin) et mes dernières forces m’abandonnent. La route monte sacrément dur ! Mes cuisses crient à la torture et il la fin de la journée pointe déjà le bout de son nez. Je décide de m’arrêter à Arrowtown pour le soir dans le seul camping du village.

Le lendemain, je n’ai pas la force d’attaquer la montée. Neuf cents mètres de montée me sépare du col situé sur la Cadrona Road. Et Arrowtown semble m’appeler de sa visite. Alors je change mes plans. Je passe une matinée tranquille à me reposer et à laisser mes cuisses se remettre. Le campground est tranquille et agréable. En fin d’après-midi, la chaleur ayant un peu baissée, je pars faire une petite randonnée sur le Tobins Track. Le chemin de terre monte à flanc le long de la montagne pour atteindre le haut de la Crown Range. Depuis le haut j’ai une jolie vue sur les environ. Je distingue même le lac Wakatipu dans le fond. Le petit chemin continue à l’assaut de la montagne puis rejoins la Cardrona Road. Je décide de suivre se chemin là à vélo le lendemain, plutôt que la grande route. Il y aura moins de circulation. 

Je redescends dans le village et visite sa rue principale, aux maisons à l’architecture conservée. Arrowtown est un village de la ruée vers l’or. Toute la région, de Glenorchy à Cadrona, fut construite sur les filons d’or trouvés aux alentours de 1860. En 1862 de l’or fut trouvé dans l’Arrow River et ce fut le début du village. 15000 personnes vinrent pour prospecter dont de nombreux Chinois qui bâtirent une petite communauté un peu à l’écart dont les restes sont visibles aujourd’hui. Quel plaisir de se balader dans un village possédant une architecture conservée ! Même s’il ne s’agit que de la rue principale, cela me fait plaisir. Les maisons et échoppes ont beaucoup plus de charme que les maisons néo-zélandaises d’aujourd’hui. Avec les montagnes couvertes de forêts qui entourent le village, je n’ai aucun mal à me projeter à dans l’époque d’autrefois.

Le lendemain, il faut bien s’y résoudre, c’est aujourd’hui qu’il va falloir faire la montée. Je m’engage en début de matinée, pendant qu’il ne fait pas encore trop chaud, sur le Tobins Track. C’est l’été en Nouvelle-Zélande est la température tourne autour des 30°C en ce moment. Je fais la moitié de la montée à vélo avant d’avouer forfait et de mettre pied à terre. La montée se fait trop raide et mon équipement à l’arrière du vélo est trop lourd. Je m’équipe de mon sac à dos et pousse mon vélo le long de la pente. Je croise plusieurs personnes faisant leur « séance sportive matinale » qui m’encouragent à chaque fois. Une dame me prend même mon vélo pour le pousser sur une centaine de mètres ! J’avance doucement mais surement, les bras un peu douloureux. Finalement le haut apparait et je me repose une trentaine de minutes avant d’attaquer la suite. Trente minutes sur une route de gravier à travers le plateau pour rejoindre la route Cardrona. Un jeune allemand lui aussi à vélo me rejoint et nous discutons un peu avant de nous engager parmi la circulation. La route monte doucement jusqu’à ce que la grosse montée se profile. Une dizaine de lacets abruptes s’offrent à moi. Je me résous de nouveau à pousser mon vélo avec mon sac sur le dos. C’est long. Comme il reste deux sacs à l’arrière du vélo, la charge à pousser est quand même lourde et mes bras ont besoin de pauses régulières. De plus, le soleil tapant fort, j’attrape vite chaud. Et la circulation n’arrange rien à l’affaire.

Vers les trois quarts de la montée, un point de vue permet d’observer la vallée en contrebas et j’en profite pour faire une pause. Un couple de Kiwis, eux aussi amateurs de vélo, viennent discuter avec moi, impressionnés par ma charge. Une jeune femme, elle aussi en vélo apparait mais elle est sur un vélo de course. Elle est accompagnée d’un jeune homme en voiture et fait le tour de la Nouvelle-Zélande en vélo afin de récolter des donations pour la Cancer Society. Je reprends la montée, toujours en poussant, en regardant la jeune femme qui s’éloigne et j’arrive enfin au col à 1119,7 mètres d’altitude.

La descente de l’autre coté est un vrai moment de plaisir mais qui ne dure pas assez longtemps, à mon goût. Le paysage commence à changer un peu. Les montagnes deviennent presque désertiques, seulement couvertes de touffes d’herbes jaunes (tussock). Le petit village de Cardrona (lui aussi, un ancien village de la ruée ver l’or) apparaît avec un joli hôtel et une église rénovée. La route se fait de nouveau ondulée et comme d’habitude je me retrouve avec le vent de face. La difficulté est de retour. Je pédale le moral un peu fatiguée regardant défiler le paysage. En fin d’après-midi, j’arrive enfin à Wanaka. Petite pause sur les bords du lac à apprécier la vue avant d’aller m’établir dans un camping à proximité du centre. Seulement deux jours de trajet mais la difficulté s’est faite sentir. Je suis bien contente d’être arrivée. 

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Chapitre

II. La terre du bout

Après un voyage en demi-teinte au Japon, je n’envisage pas de rentrer et m’envole pour la Nouvelle-Zélande. J’entreprends un voyage différent fait de beaucoup de travail, d’apprentissage et de découvertes. Pendant un an j’ai l’impression de fuir l’avenir tout en étant presque sereine dans ce pays à l’autre bout du monde. Je découvre d’abord l’île du Nord faite de prairies, de paysages volcaniques, de petits villages et des deux grandes villes du pays, Auckland et Wellington. Puis je m’envole pour l’île du Sud où je passe la majorité de l’année à travailler et à explorer cette île où les grands étendus sauvages sont majoritaires. Au Sud-Ouest s’étale le Fiordland, la zone la plus sauvage de  la Nouvelle-Zélande faite de forêts primaires, grands fjords et hautes montagnes. Après plusieurs mois dans le coin, je remonte la côte Ouest à vélo avant de retourner sur l’île du Nord. Un très beau voyage. 

Thématiques
Carnets
Hobbiton, Île du Nord, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

Au pays des Hobbits

Marcher dans les pas de Frodo à travers Hobbiton et retrouver l’ambiance des films de Peter Jackson.

Queenstown, Otago, Île du Sud, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

La ville reine

Deux jours magnifiques à Queenstown, la capitale de l’aventure et station de ski du pays des Kiwis.

Castlepoint sur Île du Nord, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

Un mois d’avril mi-figue mi-raisin

De retour sur l’île du Nord, je fais face à quelques difficultés, visite les environs de Wellington et affronte le mauvais temps sur le Taranaki.

Parc National de Tongariro sur l'île du Nord, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

Autour du Tongariro

Parcourir pendant quatre jours les massifs volcaniques du centre de l’île du Nord.

Te Puke, Bay of Plenty, île du Nord, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

Les mains dans les kiwis

Mes derniers mois en Nouvelle-Zélande. Empaquetage de kiwis, découverte de White Island et moments joyeux.

Galeries
Abel Tasman Track sur l'Île du Sud, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

Paysages néo-zélandais

Un pays au mille visages. Entre rainforest, plaines désertiques, volcans, petits villages, fjords et hautes montagnes.

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À propos

Claire Blumenfeld. La trentaine. Passionnée de nature, voyages et découvertes. J’observe le monde, la vie autour. Je cherche des réponses sur moi-même. Entre carnets, photos, vidéos et notes, voici les chapitres de ma vie. Le récit de mes errances.

Claire Blumenfeld. La trentaine. Passionnée de nature, voyages et découvertes. J’observe le monde, la vie autour. Je cherche des réponses sur moi-même. Entre carnets, photos, vidéos et notes, voici les chapitres de ma vie. Le récit de mes errances.