Carnets de voyages et récits de transition vers un avenir éthique et durable

Je m’appelle Claire Blumenfeld et je tiens Peregrinus Mundi depuis 2015. Ce site suit mon évolution dans la vie sous forme de chapitres. Les chapitres I à VI présentent principalement des récits de voyage et photographies. Le chapitre VII suit ma démarche de transition vers un mode de vie basé sur l’écologie et le bien-être à travers trois approches qui m’intéressent particulièrement, la permaculture, l’herboristerie et l’éco-construction.

Miyajima et le sanctuaire Itsukushima
Visite de l’île de Miyajima et de son superbe sanctuaire avec Doris.
Sanctuaire Itsukushima, Miyajima, Japon © Claire Blumenfeld
CARNET

Vendredi 4 Décembre, lever de bonne heure pour partir visiter l’île de Miyajima. Doris souhaite également visiter l’île et nous décidons de passer la journée ensemble. Quarante minutes de tram et dix minutes de ferry et nous voici sur l’île sacrée de Miyajima. Il est interdit d’y naître, d’y mourir et d’y abattre des arbres. L’île est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco et cela se comprend. La végétation est luxuriante et les divers temples et sanctuaires qu’abrite l’île sont magnifiques. Pluie et soleil se mélangent quand nous accostons. Un magnifique arc en ciel semble tracer un pont entre Miyajima et Hiroshima. Le petit village et la plage confirment tout de suite la beauté de l’île. Miyajima abrite également une population importante de cerfs sauvages en liberté qui se baladent à travers les touristes, pas effrayés pour deux sous et n’hésitant pas à essayer de chaparder un peu de nourriture. C’est assez étrange de voir les touristes se faire photographier avec un petit groupe de cerfs au premier plan.

Ce qui fait la renommée de Miyajima, c’est le sanctuaire d’Itsukushima et son torii  flottant (car il semble flotter sur l’eau à marée haute) situé sur le rivage. Le sanctuaire date du 6ème siècle. (Le sanctuaire actuel date de 1168). Dû au statut sacré de l’île, les visiteurs à l’époque n’avaient pas le droit de poser pied à terre. Le sanctuaire fut donc construit sur pilotis avec de nombreux pontons. Les visiteurs devaient passer sous le torii flottant et accoster sur les pontons. Le torii et le sanctuaire sont magnifiques et très impressionnants. L’architecture est remarquable et la couleur rouge omniprésente contraste avec le bleu du ciel et le vert de la montagne. Doris et moi traversons le sanctuaire en ayant l’impression de nous retrouver dans le passé. L’aspect sacré de l’île semble être présent physiquement à nos cotés.

Un pont traditionnel très arrondi (celaa devait être difficile pour monter dessus !) apparait au détour d’un des bâtiments du temple et j’ai l’impression de me retrouver au sein du Voyage de Chihiro (du maître Hayao Miyazaki). Un des objectifs de mon voyage au Japon est d’essayer de trouver dans la réalité le fameux établissement des bains de Yubaba, la matrone du film. Au moins, j’ai déjà trouvé le pont. Il ne manque plus que le bâtiment et des yôkais un peu partout et cela sera bon.

Nous tombons également sur un mariage traditionnel qui se tient au sein du sanctuaire et qui est ouvert au public. La mariée porte un kimono tout blanc ainsi qu’une très grande coiffe sur la tête. Trois musiciens jouent des airs traditionnels en se servant d’espèces de petites flûtes et d’un orgue de bouche (l’homme le plus au fond sur l’image). Un moine officie et de jeunes servantes s’occupent d’amener des objets ou de servir à boire. La cérémonie fait très formelle et pas tellement joyeuse.

Nous visitons également le Senjô-kaku, un immense bâtiment construit en 1587 par Toyotomi Hideyoshi (un des unificateurs du Japon durant la période Sengoku, période de conflits militaires et de turbulences sociales au Japon qui s’étendit du milieu de 15ème siècle à fin du 16ème siècle). Le bâtiment, un immense hall ouvert, fut construit afin que chaque mois on y chante des sutras bouddhiques pour consoler les âmes des soldats morts à la guerre. Le lieu est impressionnant par sa taille et par sa structure entièrement en bois. De magnifiques vieilles peintures sont accrochées à chaque charpentes du plafond. Je déambule un long moment parmi les gigantesques piliers me laissant imprégner par l’atmosphère du lieu. Complètement ouvert sur l’extérieur, le Senjô-kaku permet également d’avoir une jolie vue sur le village de Miyajima. Une pagode à cinq étage se trouve également juste à coté.

Doris et moi partons ensuite en quête d’un repas. Une marche parmi la principale allée commerçante et donc touristique du village nous permet de gouter à différentes spécialités de l’île : Des Momiji Manjû, petits gâteaux à forme de feuille d’érable (momiji en japonais) fourrés à la pâte de haricots rouge et frits, un pur délice ! (Plus tard dans la journée, j’ai également testé les versions fourrées au fromage et à la crème, cela reste toujours aussi bon !). Les gâteaux momiji se trouvent un peu partout au Japon mais la version “frite” est spécifique de Miyajima. Prochain arrêt à un stand de brochettes et d’huitres. Je teste une brochette lard-asperge. Pas mauvais mais pas génial non plus. Nous finissons notre ballade culinaire dans un petit restaurant servant des Okonomiyaki. Ce sont des espèces d’omelettes ou de pancakes fourrés de divers ingrédients. Celles de Miyajima sont faites avec des nouilles. C’est très bon.

Rassasiées, nous attaquons l’ascension du Mont Misen, 530m d’altitude. La montée dans la forêt luxuriante est très belle mais le chemin est fait d’escaliers ! 530m d’escaliers en montée, cela n’est pas une partie de plaisir. Heureusement la montée ne nous prend qu’une heure (contre la bonne heure et demie indiquée sur le panneau au début de la montée). La vue du sommet est très belle, surtout que le temps s’est complètement dégagée. On peut voir les îles aux alentours et presque apercevoir Shikoku à l’horizon. Un joli petit temple se trouve non loin du sommet. Perdu au milieu de la forêt à 500m d’altitude, le lieu fait un peu irréel. Nous redescendons par l’autre coté pour arriver de nouveau au niveau du sanctuaire d’Itsukushima. C’est marée haute et le torii et le sanctuaire ont les pieds dans l’eau. Nous restons avec Doris sur l’île jusqu’à ce que la nuit soit tombée puis nous reprenons le ferry pour revenir sur le rivage d’Hiroshima. Dîner dans un petit restaurant pour un repas traditionnel et nous nous quittons, puisque je dors ce soir dans une autre guesthouse juste à coté du port des ferrys pour Miyajima. (La guesthouse s’avèrera d’ailleurs être nettement moins sympathique que celle à Hiroshima où j’ai passé mes deux nuits précédentes, ce qui est un peu dommage).

Cette journée fut vraiment une réussite. L’île de Miyajima est vraiment magnifique et j’ai eu l’occasion de passer une journée entière à discuter de pleins de choses différentes en anglais avec une jeune chinoise très sympathique et ayant les mêmes affinités que moi. Merci Doris d’avoir croisé ma route !

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8 décembre 2015

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

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6 réponses

  1. Super ! Encore de bien belles visites dis donc ! C’est marrant la coiffe de la mariée tout de même ^.^ En tout cas les lieux ont l’air particulièrement enchanteresques ! (et oui ce mot n’existe pas)
    Mais alors, si j’ai bien compris, les gens du village doivent retourner sur le continent pour accoucher ?

    1. Oui Miyajima était vraiment très belle. La coiffe de la mariée est vraiment grosse, assez impressionnante. Le kimono est tellement serré que la mariée ne peut se déplacer qu’à petits pas. D’après ce que j’ai compris oui, les gens doivent retourner accoucher sur le continent. Par contre, il est apparemment interdit d’y mourir. Mais je vois pas comment c’est possible. Il est possible de mourir sans être prévenu à l’avance (accident ou autre)… Qu’est ce qu’il se passe alors ? Les gens sont maudits ? Mystère 🙂

  2. Là encore ton voyage au Japon me rappelle de très bons souvenirs. J’ai dormais sur l’île dans un superbe Ryokan.
    Mais pour ma part, je n’ai pas fais l’ascension des 530m d’escaliers. A voir tes photos, je regrette…
    Cette île est superbe. A marée basse j’était aller sous le Torii.
    Et moi aussi j’avais assisté à un mariage. Les mariés étaient assez souriant. Et j’avais pu voir une cérémonie avec notamment une représentation d’un personnage légendaire.
    Tu as dû le voir, il y a une statue à la gare du ferry, coté Hiroshima. Tu vois ?

    1. Tu as dormi sur l’île ! La classe !! Au début je voulais aussi, mais les hébergements étaient trop cher pour moi, ah ah. La statue dont tu parles, c’est celle de Taira no Kiyomori ?

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