textes, photographies et vidéos par Claire B.

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Les examens du Gabion
Dernière ligne droite afin d’obtenir mon diplôme d’ouvrier professionnel en éco-construction.

Le pisoir s’abat sur la cinquième couche de pisé que je suis en train de maçonner. C’est le début de l’après-midi et il me reste deux heures pour finir mon épreuve. Nous sommes en plein dans les examens de fin d’année du Gabion et tout le monde est concentré sur les différents exercices à accomplir. 

Après neuf mois de formation (dont trois en stage) nous voici déja arrivés à la fin de notre année de formation en éco-construction. Le temps a passé à une vitesse supersonique. Trois épreuves, un oral et un dossier (rendu il y a un mois). Ce sont les différentes épreuves à réussir pour obtenir le diplôme. Les épreuves pratiques portent sur une cheminée de 7 strates à maçonner en briques de terre crue comprimée. Un muret de 7 à 10 strates de pisé à maçonner avec une arase à la chaux. Une petite ossature bois à construire avec une isolation en botte de paille et un enduit à la terre à effectuer. 

Les trois jours d’épreuves pratiques se déroulent sans accrocs mais sont néanmoins épuisants. La limite de temps, le stress, l’outillage limité, le travail individuel provoquent une tension permanente dans l’air qui me fatigue pas mal. Je finis ma cheminée en BTC le premier jour avec une heure d’avance. La structure est bonne, les joints réussis. Pareil le deuxième jour avec le pisé. Je me limite à cinq strates plus l’arase mais je fais quelques erreurs (inversion des coins à la chaux, aplomb pas très bon) pour lesquels je me mors les doigts. Les deux heures grappillées me permettent de commencer la troisième épreuve bois-paille en avance. C’est probablement l’épreuve la plus dure et la plus complexe. Une erreur de lecture sur le plan provoque un agencement différent des lattis. Le découpage et l’agrafage des canisses un peu rapide me cause une blessure au majeur de la main gauche. Mais j’accomplis l’épreuve dans les temps.

Le lendemain c’est l’oral. Chacun à tour de rôle, nous défilons pour 45 minutes d’entretien avec le président de la fédération éco-construire (dont fait partie le Gabion) et trois artisans locaux. Les questions sont sensées porter sur sept thématiques précises mais finissent finalement par aborder un panel très large de techniques. Je ressors de l’entretien lessivée et pas mal déçue de ma prestation que je juge médiocre. Je me suis trompée de nombreuses fois. 

Malgré mes erreurs sur les épreuves et mon oral que je considère raté, j’obtiens le lendemain soir lors de la remise du diplôme de très bonnes notes ! Apparement le jury ne m’a pas trouvé si mauvaise que cela. Mon dossier fait parti des meilleures notes et mon oral aussi ! Quelques points sautent sur les épreuves pratiques mais pas forcément là où je le pensais. Sur les 13 candidats présents tout le monde obtiens le diplôme (avec des résultats variables) sauf une personne malade n’étant pas pu se présenter. Grands sourires sur les visages et soulagement général. Je regarde les visages de mes collègues consciente que dans quelques heures chacun d’eux va s’éparpiller pour la suite de sa vie. Je suis contente d’avoir partagé ces quelques mois avec eux. Malgré les soucis, la baisse de régime en milieu de formation et les caractères qui ne s’accordent pas forcément, leurs présences et discussions m’ont été précieux. Une petite fête de fin d’année conclue cette année pleine de découvertes et de changements et me voici officiellement reconvertie dans l’éco-construction ! 

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