textes, photographies et vidéos par Claire B.

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La marmite norvégienne
Deuxième équipement de cuisine low tech, la marmite norvégienne pour économiser de l’énergie.

Suite à la construction de mon four solaire cet été, je m’attaque à la construction d’une marmite norvégienne. Je profite de ma semaine de transition avant de déménager pour emprunter du matériel de bricolage au Gabion tant que je le peux encore. Comme pour le four, j’utilise la notice de fabrication disponible sur le site de l’association Entropie pour construire la marmite. 

Dans sa notice, Entropie explique l’origine de la boîte et son utilisation : 

« La marmite norvégienne est constituée de deux caissons entre lesquels on intercale un isolant thermique. Elle permet de continuer la cuisson d’aliments sans utiliser d’énergie supplémentaire. 

En tant qu’objet, la marmite norvégienne date du 18e siècle. Mais le principe même de la cuisson sans feu est lui bien plus vieux. Cette technique est par exemple utilisée depuis bien longtemps dans les campagnes, où les plats finissaient de cuire dans les édredons ou sous la paille. Si cette marmite est dite norvégienne, c’est que le premier brevet déposé sur cet objet le fut par un Norvégien. Tout porte à penser que la technique était répandue bien au-delà de la Norvège et de l’Europe.

La marmite norvégienne connaît une grande notoriété pendant la Première Guerre mondiale. Lorsque toutes les ressources sont mobilisées vers la boucherie, le gouvernement fait l’éloge des solutions pratiques peu gourmandes en énergie. Pour remplacer le charbon : marmite norvégienne ! Pour maintenir la gamelle au chaud dans les tranchées : marmite norvégienne ! Elle fait son grand retour dans les années 1970, redécouverte par les écologistes dans des conditions beaucoup plus pacifiques. Aujourd’hui, si elle fait l’objet d’une production industrielle en Chine et au Japon, son utilisation reste confidentielle. »

La marmite norvégienne est l’un des équipements low tech les plus simples à faire et offre également une diversité de formes. J’ai choisi de construire une boite presque carrée isolée en liège avec porte à l’avant afin de pouvoir stocker des choses sur le dessus. 

Quasiment tous les matériaux sont issus de la récup : le bois (contreplaqués, plaques) vient de la benne d’une scierie/menuiserie de Forcalquier, le liège vient des chutes utilisées au Gabion lors de nos examens, la feuille d’aluminium et les fermoirs sont un reste d’un achat précédent, le joint en mousse m’a été donné lors de mon stage à Tinyland en Août et l’ardoise pour supporter le plat a été récupérée dans de vieux stocks du Gabion. Entre les vis et les achats précédents (fermoirs et feuilles d’aluminium), l’ensemble m’a couté moins de 20€. 

Je découpe et assemble les deux caissons (intérieur et extérieur), intercale les chutes de liège (3,5cm d’épaisseur, panneau rigide) en faisant attention de bien tout isoler, ferme les caissons et colle la feuille d’aluminium. Je construis la porte, isolée aussi en liège et assemble le tout. Colmatage des éventuels trous à la pâte à bois et ponçage intégral. La construction me prend presque deux jours. L’ensemble est propre et je suis satisfaite du résultat. J’aime beaucoup les « vagues » du bois sur la porte qui me font penser à une estampe japonaise. La marmite pèse cependant bien lourd (plus lourd que mon four solaire!). cela est dû à l’utilisation de plaques de bois pour les caissons (et non de contreplaqué de 5 et 10mm comme préconisé dans la notice) ainsi qu’à l’utilisation du liège. Heureusement contrairement au four, la marmite une fois installée n’est plus sensée bouger. 

Utiliser la marmite conduit normalement à une forte économie de l’énergie nécessaire à la cuisson des aliments. La cuisson se commence sur le feu puis se continue dans la marmite à basse température. Bien sûr la cuisson est plus lente et il est donc nécessaire d’adapter ses habitudes. Il me reste à voir à l’utilisation. 

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