Carnets de voyages et récits de transition vers un avenir éthique et durable

Je m’appelle Claire Blumenfeld et je tiens Peregrinus Mundi depuis 2015. Ce site suit mon évolution dans la vie sous forme de chapitres. Les chapitres I à VI présentent principalement des récits de voyage et photographies. Le chapitre VII suit ma démarche de transition vers un mode de vie basé sur l’écologie et le bien-être à travers trois approches qui m’intéressent particulièrement, la permaculture, l’herboristerie et l’éco-construction.

À la découverte de la Tasmanie
Des étoiles plein les yeux en arpentant cette île aux airs de petit paradis au sud de l’Australie.
Narawntapu National Park, Tasmanie © Claire Blumenfeld
CARNET

Quatre mois en Tasmanie. Quatre mois à découvrir un de plus beau endroit d’Australie. Dans la réalité avec le travail (superviseur à Costa Tasmanie pendant la saison de framboises puis ramasseuse de légumes chez Premium Fresh) je n’ai réellement eu qu’un mois pour aller explorer l’île. La Tasmanie est une île, une petite île comparée à la taille de l’Australie mais une grosse île quand même si on compte le temps de transport pour en faire le tour. Surnommée “Natural State” (“l’état nature”), l’île fait partie des six états australiens. Située au Sud-Est de l’Australie, il faut environ une dizaine d’heures en ferry depuis Melbourne pour rejoindre Devonport, porte d’entrée de la Tasmanie.

Devonport est une petite ville située sur la côte nord de la Tasmanie. Rien à voir avec Hobart, la capitale située de l’autre coté de l’île, grande ville qui bouge, avec musées, cinémas, bars et restaurants. Non Devonport est une petite ville, simple, séparée en deux par la Mersey River. Le gros ferry, Spirit of Tasmania qui fait la traversée vers Melbourne plusieurs fois par jour est l’icône de la ville. À part ça, un petit centre, une librairie, un supermarché pas trop trop cher, un Zambrero (un restaurant mexicain qui fait de très bons burritos), un cinéma, un phare, une jolie plage, un centre aquatique et sportif avec de supers cours et c’est tout. Le paradis selon moi. Tout autour, de petites collines et champs et la mer au nord. Devonport est vraiment agréable à vivre. J’y ai vécu pendant trois mois dans deux maisons différentes. Au début dans une maison partagée avec d’autres backpackers (trois Taiwanaises et une Coréenne), puis chez Yvonne, une dame retraitée qui accueille les backpackers de passage. Dans les deux cas avec ma propre chambre, internet et un loyer pas très cher. C’était vraiment bien.

Région agricole, la côte nord de la Tasmanie n’est pas la plus cotée au niveau des touristes. Les grandes attractions touristiques se trouvent ailleurs. Il n’empêche qu’elle possède quelques jolis endroits. Le petit parc national Narawntapu à une quarantaine de minutes de Devonport est un coin très sympathique avec un joli lagon et de jolies balades. Je suis aussi allée visiter The Nut, une formation rocheuse en bord de mer aux falaises abruptes, témoin d’une ancienne activité volcanique. Situé au bout nord-ouest de l’île, il faut deux-trois bonnes heures de conduite sur petites routes pour atteindre Stanley, le village en bordure de la colline. Une petite balade d’une heure permet de monter sur le plateau et d’en faire le tour.

Dans la partie centrale de l’île se trouve plusieurs superbes chaines montagneuses. La plus proche de Devonport est Mont Roland, un superbe massif montagneux aux falaises très impressionnantes. Assez peu fréquenté, le massif offre trois quatre balades assez physiques avec une superbe vue sur les plaines aux alentours. Visible depuis Devonport, Mont Roland m’a tout de suite attiré. La route pour rejoindre le massif est superbe, traversant plaines et collines, notamment très tôt le matin avec le lever de soleil illuminant le brouillard.

Derrière Mont Roland, se trouvent plusieurs parcs nationaux montagneux dont Cradle Mountain – Lake St Clair National Park, le lieu le plus connu de la Tasmanie. La montagne à la forme si particulière et son parc national font partis du patrimoine mondial de l’Unesco. J’y suis allée trois fois dont deux où je n’ai rien vu du tout à cause du mauvais temps. C’est là que commence l’Overland Track, une randonnée d’une semaine à travers les montagnes et plaines sauvages tasmaniennes. Je n’ai pas eu le temps de la faire mais j’espère pouvoir la faire si je retourne un jour en Tasmanie. Sur le seul jour de beau temps que j’ai eu dans le massif je me suis contentée de faire une balade de cinq heures autour des montagnes et sur le plateau. La vue était vraiment belle.

Un peu près sur la même latitude mais vers la côte Est, se trouve Ben Lomond National Park. Un gros massif avec un long plateau aux falaises impressionnantes. Au sommet se trouve une petite station de ski. La caractéristique la plus remarquable de Ben Lomond est Jacob’s Ladder, la partie de la route en lacets se lançant à l’assaut des falaises pour atteindre le plateau. Je m’y suis rendue très tôt le matin avec en tête l’idée de photographier le lever de soleil mais j’ai été accueillie avec une tempête de neige et brouillard. Un temps typiquement tasmanien. Cela ne m’a pas arrêté et j’ai fait l’ascension de la route à pied afin d’atteindre le point de vue au sommet permettant d’apprécier le paysage. De retour dans la partie Ouest de l’île, un peu plus au centre se trouve le Lake St Clair, la partie Sud du Cradle Mountain – Lake St Clair National Park. C’est au niveau du lac que se finit l’Overland Track. J’ai passé la nuit dans ma voiture en bordure du lac par une nuit glaciale. J’ai eu sacrément froid, l’hiver approchant à grands pas. Mais le lever de soleil de bon matin était splendide.

Au centre de la Tasmanie se trouve le Central Plateau Conservation Area, une zone couverte de montagnes aux plateaux impressionnants et une infinité de lacs dont The Great lake, qui comme son nom l’indique est un de plus grands lacs de l’île. Je n’ai pas eu le temps de vraiment explorer la région et je le regrette un peu. Plus bas, se trouve les grands parcs nationaux Franklin-Gordon Wild Rivers et Southwest, grands espaces sauvages couvrants presque un tiers de la Tasmanie et quasiment inexplorés. C’est le royaume de la nature sauvage et des animaux. Du coté de la côte, la côte Est est la plus connue et aussi la plus accessible. La côte Ouest est beaucoup plus sauvage et prompte au mauvais temps. Assez peu de routes passent par là et je n’ai pas eu le temps d’aller m’y balader.

La côte Est est fameuse pour ses jolies plages, parcs nationaux et îles. Je suis allée faire un tour vers Binalong Bay, superbe étendue de sable blanc avec un lagon. C’est le point de départ de la Bay of Fire, nom donné à la côte nord-est s’étendant de Binalong Bat jusqu’à Eddystone Point et connue pour ses rochers de granite orangé (couverts de lichen). La couleur des rochers était intéressante mais j’avoue avoir était plus impressionnée par la beauté de Binalong Bay et ses grandes plages de sable blanc.

Un peu plus bas se trouve Coles Bay et Freycinet National Park, un de plus beau endroit de la Tasmanie selon moi. C’est le dernier endroit que j’ai visité, avec un temps clément et c’était probablement le meilleur moyen de clôturer mon voyage sur l’île. Freycinet est un endroit magnifique. La presqu’île rocheuse abrite Wineglass Bay, une superbe plage de sable blanc et The Hazards, une série de pic de granit déchiquetés dont fait partie Mont Amos accessible via un sentier réservé aux expérimentés. L’ascension commence tranquillement avant de se transformer en véritable escalade sur les falaises composant les hauteurs du mont. Très physique, impressionnante et légèrement dangereuse, l’ascension est une véritable expérience récompensée par une vue fantastique depuis le sommet. Malgré la difficulté, j’ai extrêmement apprécié la balade.

Au Sud-Est de la côte se trouve la région d’Hobart. La baie est superbe avec plusieurs îles et presqu’îles. La ville s’étend à travers les collines en bordure de la mer. Dominant la ville se trouve le Mont Wellington. Appelé Kunanyi par les Aborigènes, le mont offre une des plus belles vues en Tasmanie. Au premières lueurs de l’aube ou au coucher de soleil la vue sur la baie d’Hobart est splendide. Je n’ai pas eu le temps d’aller visiter les îles autour d’Hobart mais la seule que j’ai faite; Bruny Island, fut un très beau weekend. Petite île très connue pour sa population de wallabies albinos (que je n’ai pas vu, pas de chance), l’île offre de belles balades et dégustation d’huitres.

La Tasmanie ressemble énormément à la Nouvelle-Zélande. Les espaces verts et montagneux sont la norme ici. La seule différence consiste principalement qu’à la place de forêts de hêtres se trouvent des forêts d’eucalyptus. Les animaux sont nombreux. Mouettes, plusieurs espèces d’oiseaux dont je connais pas le nom, Kookaburra, kangourous, wallabies, cerfs et biches, possums, etc et le fameux Tasmanian Devil, étrange petite créature à la fourrure noire dont la population sauvage diminue chaque année. Ma plus belle rencontre fut faite alors que je prenais des photos de Mont Roland depuis le sommet d’une petite colline environnante. Alors que je m’apprêtais à repartir, un groupe de biches est apparu sur la petite route devant moi. Suivi d’un cerf blanc! J’ai passé presque une heure à les observer devant moi. L’ensemble du groupe paraissait très jeune. Le male, de couleur blanche, n’était pas albinos mais atteint de leucistisme. C’est une maladie qui entraine la perte de la couleur naturelle des poils et de la peau mais sans avoir les yeux rouges.

Fin Juin, mon séjour en Tasmanie s’est terminé et j’ai laissé l’île derrière moi. Je n’ai pas eu le temps de tout explorer et j’espère bien pouvoir y retourner avant de quitter l’Australie. Malgré des expériences de travail un peu mitigées, mon séjour sur l’île fut très agréable et j’ai énormément apprécié aller découvrir les merveilles de la Tasmanie.

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6 juillet 2018

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

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