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Mimétisme
Début Janvier, je note l’augmentation de comportements belliqueux entre Flamants roses et m’interroge sur le mimétisme.
Flamants roses en Camargue, France © Claire B. - Merci de ne pas utiliser sans autorisation

Les fêtes sont finies et la nouvelle année est arrivée. Cela fait une grosse semaine que nous sommes passés à 2020. Je retourne en Camargue afin d’aller prendre de nouvelles photos des Flamants roses en vue d’un concours photographique ayant lieu en Mai. Le Festival de la Camargue. Le Père Noël n’a pas déposé de téléobjectif dans la cheminée (vu le prix je ne lui en veux pas) et je suis encore et toujours limitée dans mon approche photographique. Il faut faire avec. Cette fois-ci j’ai décidé d’essayer autant que possible de prendre les flamants au ras de l’eau et en contre-plongée. Afin de mettre en avant leur corps longiligne et de donner l’impression d’être au plus près d’eux. 

Me voila de retour au parc ornithologique de Pont-de-Gau. C’est un dimanche et il y a beaucoup plus de monde que lors de mes visites précédentes. L’atmosphère est différente et j’ai un peu de mal à m’immerger dans l’environnement. Plusieurs groupes d’oiseaux sont en train de faire les parades. Les autres semblent somnoler dans la traditionnelle posture du cou replié sur le corps en équilibre sur une patte. L’alignement des cous repliés forme un motif fascinant. En observant le groupe dormir je me rends compte que par instants leurs cancanements doublent en puissance. À chaque fois qu’un flamant se déplace au milieu du groupe, il semble réveiller les autres qui se mettent alors à lui cancaner de façon mécontente dessus et à lui envoyer des coups de bec ! Cela ne dure que quelques secondes jusqu’à ce que l’oiseau s’arrête et le calme reprends. Mais dès qu’un oiseau se déplace, il se fait houspiller par ses voisins ! Surprenant. Je n’avais pas remarqué cela de façon si évidente lors de mes précédentes visites. Pourquoi les oiseaux réagissent-ils de cette façon au passage d’un de leurs congénères ? Défendent-ils un territoire ? Sont-ils mécontents ? Ou bien s’agit-il de groupes où les couples sont déjà formés ? Il m’a semblé voir plusieurs fois un flamant plus large (probablement un mâle) repoussant « l’intrus » alors qu’il passait aux cotés d’un flamant plus petit (une femelle à priori). Les oiseaux sont-ils en train de défendre leur couple ? Ont-ils pour volonté de se battre ou simplement de se faire remarquer ? Sont-ils plus agressifs maintenant alors qu’ils sont en pleine recherche de partenaires ? 

J’ai lu récemment un livre intitulé « Habiter en oiseau » de Vinciane Despret qui interroge sur notre approche du territoire chez les oiseaux et révèle que la signification de celui-ci peut être multiple. Et que notre conception humaine limitée du territoire nous empêche bien souvent d’en comprendre la réelle signification chez les oiseaux. Les Flamants roses sont-ils des oiseaux territoriaux ? Que veut dire la territorialité au sein d’une colonie ? Un univers entier de recherche semble s’ouvrir à moi. 

Je continue également d’observer les mouvements des flamants fascinée par la beauté qui s’en dégage et par le mimétisme et la synchronicité qui semblent se mettre en place. Comment est-il possible que plusieurs oiseaux se mettent soudainement à faire le même geste ? Que ce soit par le plus total des hasards (deux oiseaux se lavant de la même façon) ou bien lors des parades (où le groupe entier effectue les mêmes mouvements). Cette quasi-chorégraphie n’est-elle évidente que pour l’observateur ? Ou existe t’il réellement une harmonie au sein de la colonie ? Est-ce que le fait de vivre ensemble synchronize les oiseaux ? Est-ce cette harmonie qui dégage des oiseaux et de la colonie cette impression de beauté ? Comment communiquent t’ils ? Je me dis qu’il faudrait se concentrer également sur l’analyse de leurs cancanements pour en comprendre un peu plus. 

Vous suivez le Chapitre 6 : Un pas vers l’avenir

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Depuis 2015 je chemine à la découverte d’autres cultures et d’autres modes de vie d’abord à travers plusieurs pays étrangers puis en France. Rencontres, confrontations et réflexions élargissent ma vision du monde et développent ma conscience écologique. La pandémie du covid19, les catastrophes climatique et biologique en cours et la nécessité de mettre en place des changements de vie majeurs orientent mes décisions quant à mon futur. Je travaille aujourd’hui à la construction d’un avenir le plus résilient possible à travers l’acquisition de savoirs liés à l’éco-construction, les low tech et les plantes et en évoluant vers un mode de vie centré sur la frugalité heureuse et le vivre-ensemble

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