Carnets de voyages et récits de transition vers un avenir éthique et durable

Je m’appelle Claire B. et je tiens Peregrinus Mundi depuis 2015. Ce site suit mon évolution dans la vie sous forme de chapitres. Les chapitres I à VI présentent principalement des récits de voyage et photographies. Le chapitre VII suit ma démarche de transition vers un mode de vie basé sur l’écologie et le bien-être à travers trois approches qui m’intéressent particulièrement, la permaculture, l’herboristerie et l’éco-construction.

Sur l’île des Kangourous
Volontariat dans une petite ferme et changement de perspective pour la suite du voyage.
Ferme de Bill & Tina, Kangaroo Island, Australie Méridionale © Claire Blumenfeld
CARNET

Mon départ précipité d’Arkaroola a chamboulé mes plans. Me voila de nouveau sans travail, sans hébergement, sans idées. La seule chose de sûr : un volontariat (helpX) en Janvier 2018 dans un wildlife sanctuary à Tomboye dans le New South Wales. Mais à part ça c’est le grand vide. Pendant quelques jours l’angoisse m’étreint. J’étais venu en Australie pour gagner de l’argent afin d’aller voyager en Asie. Et je viens de claquer la porte à un boulot plutôt bien payé, que j’appréciais et dans un endroit magnifique. Étais-ce vraiment la bonne solution ? Mais les tensions avec la manager et quelques personnes du staff étaient trop fortes et je n’en pouvait plus. Une fois que l’on a pris une décision, qu’elle soit bonne ou mauvaise, il faut aller l’avant, non ? 

Alors me voilà de retour en ville. Le chef cuisinier d’Arkaroola qui devait redescendre sur Adelaide m’a prise avec lui et je me retrouve à comater sur le canapé d’Alex, le copain de Maggie, la jeune américaine avec qui j’ai sympathisé à Arkaroola. Je laisse passer quelques jours pour essayer de me sentir mieux avant de décider quoi faire. Tout d’abord acheter une voiture puis aller faire un autre volontariat (un helpX) pendant le mois d’Octobre sur Kangaroo Island. J’ai besoin de changement et la petite île au large de la côte sud semble être la bonne solution. Kangaroo Island est une petite île au large de Cape Jervis à une centaine de kilomètres au sud d’Adelaide. D’après la majorité des gens, c’est un des endroits les plus beau de l’Australie méridionale. Avec de nombreux kangourous et des plages de sables fins à s’en décrocher la mâchoire… L’île fut découverte par Matthew Flinders, un explorateur anglais en 1802 dont le parc national Flinders Chase à l’ouest de l’île porte le nom. L’île est assez peu peuplée et la vie de la petite population tourne majoritairement autour de l’agriculture.

Je fais le tour des vendeurs de voitures d’occasion mais le choix est limité surtout vu mon budget. Un dernier passage chez un petit marchand en bordure de l’agglomération et mon choix s’arrête sur une vieille Toyota Hilux. C’est un pick-up de 25 ans, blanche avec une banquette à l’avant et un grand espace à l’arrière couvert que je peux aménager en “pièce à vivre” et surtout assez grand pour transporter mon vélo. Le prix est cher et n’ayant pas le temps de faire le contrôle technique, l’affaire parait risquée. Mais je me jette à l’eau. 

J’arrive pile à l’heure pour le départ du ferry à Cape Jervis. La route depuis Adélaide m’a pris plus de temps que prévu et ma voiture fraichement achetée à un problème au point mort. Elle cale systématiquement. Quelque chose ne va pas. Je verrais ça sur Kangaroo Island. La traversée en ferry dans la lumière de la fin d’après-midi m’offre une petite heure de repos. La nuit tombe dans une bonne heure et j’ai encore un peu de temps avant l’arrivée des kangourous et possums sur les routes. Les marsupiaux sont particulièrement présents sur les routes au lever et coucher du soleil. Le paysage de Kangaroo Island est baigné dans une lumière dorée. Je me sens remplie de joie. C’est très beau. Cela n’atteins pas la beauté des paysages des Flinders Ranges mais c’est beau. Je sens comme un pansement se poser sur mon coeur. Peut-être que tout ce chamboulement avait pour but de me permettre d’aller passer du temps sur l’île ? Je débarque à la nuit tombante chez Bill & Tina, le couple qui a accepté de m’accueillir pour les prochaines semaines. Annie, une petite fille de trois ans est en train de faire du cheval dans le petit jardin à l’avant. Elle semble minuscule sur sa monture. « Welcome to KI » me dit Bill en me prenant dans ses bras.

Je passe deux semaines tranquilles dans la petite ferme de Bill & Tina à m’occuper d’Annie et de divers travaux de la ferme. Tous les soirs et matins je m’occupe de nourrir la chatte Whiskey, Sam, la jeune chienne pleine d’énergie, Ben, le vieux cheval aux dents toutes abimés et le trio de poules. Je fais un peu de peinture, un peu d’entretien du jardin et pas mal de visites autour des l’île. Bill est un monsieur passé la soixantaine qui a vécu presque toute sa vie sur KI. Il possède environ deux cents moutons qui broutent dans les centaines d’hectares qui composent la propriété. Des prairies, une forêt de pins (ancienne exploitation forestière), quelques trous d’eau artificiels, plusieurs hangars et une petite maison. Et pas mal de kangourous, possums et koalas. Bill accueille des helpers presque toute l’année. Il s’occupe aussi du poney club de l’île et fait partie du CFS, la brigade des pompiers de l’île. C’est un monsieur très sympathique et tranquille qui aime la compagnie. Et comme la plupart des australiens de la campagne, il est toujours près à donner un coup de mains ou à faire visiter les environs.

Tina est une jeune femme Taïwanaise. Elle a rencontré Bill lorsqu’elle est venu faire du volontariat cinq ans plus tôt. Depuis ils se sont mariés et ils ont eu Annie. Tina travaille au jardin d’enfants de Kingscote, la plus grosse ville de l’île. Elle travaille aussi deux fois par semaine au KI Tru Thai, un food truck de spécialités Thaïlandaises très populaire sur l’île. Elle aime échanger sur la cuisine, notamment asiatique et me donne pas mal de conseils concernant le fruit-picking (récolte de fruits) en Australie. L’idée de faire la récolte de myrtilles après Kangaroo Island se pose dans mon esprit. En plus du travail à la ferme, je donne également un coup de main au KI Tru Thai lorsqu’ils ont besoin en échange d’un petite pécule. Faire la vaisselle, encaisser les clients et débarrasser les tables. Rien de bien difficile après mon séjour à Arkaroola. La nourriture est bonne. Le lieu est tenu par Tony, un australien et Ao, une Thaïlandaise. Le food truck est garé dans un hangar situé au milieu d’un champ et reconverti en espace d’expositions et restaurant ouvert. C’est très sympathique.

Avec l’aide de Tina je commence à aménager ma voiture. Comme je ne peux pas avancer le siège de conduite comme je le voudrais, je suis un peu loin des pédales. Du coup avec de vieilles affaires que me donne Bill, je couds un coussin pour me le mettre dans le dos. Tina m’aide à la couture. Elle sort sa machine à coudre et cela me rappelle ma maman en train de recoudre des vêtements plusieurs années auparavant. Je n’y connais rien à la couture et je me dis que je devrais apprendre les bases, cela serait surement utile. En aidant régulièrement à la cuisine, Tina me montre également comment faire plusieurs spécialités asiatiques : des petits pains fourrés et des dimsim (de tout petits dumplings en forme étoilé fourré de viande ou légumes). Tout cela paraissait bien facile à faire mais pas sûr qu’en road trip ou en vélo je sois capable d’en faire. 

Whiskey la petite chatte noire de la maison a une jolie fourrure mais n’aime pas trop les caresses. Elle vit sa petite vie tranquille sans trop de contact avec les membres de la maison. À l’exception de l’heure des repas où là c’est miaulements garantis, on ne la voit pas beaucoup. Les chats sauvages sont considérés comme de la peste sur KI car ils tuent les animaux natifs. Du coup les chats domestiqués sont sensés être attachés ou gardés à l’intérieur. Bill laisse Whiskey vivre à l’extérieur, je suppose pour attraper les souris et s’occuper des serpents mais il lui a mis une grosse chaine autour du cou qui traine parterre. Cela est sensé faire du bruit et l’empêcher d’attraper les oiseaux. Du coup elle court d’une façon toute pataude. La chaîne semble bien lourde autour de son petit coup et même si je comprends le principe je ne peux m’empêcher de trouver cela un peu barbare.

Le sol est tout rouge dans les rues de Parndana, la toute petite agglomération de quelques maisons non loin de la ferme. La grande majorité des routes qui traversent le village sont des pistes. Sur KI, il n’y a presque pas de bitume. La poussière est partout. Sur un coté de la route, un tiger snake est en train de se dorer la pilule. Il échappe de justesse aux roues du 4×4 devant moi. La vie sur KI est très tranquille. Quelques fermes et maisons éparpillées et tout autour la nature faite d’eucalyptus, prairies, dunes et falaises. La mer n’est jamais bien loin. L’île n’est pas très grande, il suffit de quelques heures pour la parcourir de long en large. À part dans quelques lieux (trop) touristiques c’est le grand calme et seul le chant des oiseaux vient troubler le silence. 

Tous les ans a lieu, fin Octobre sur l’île, le Kingscote show. Une journée d’activités, de compétitions et d’expositions avec un feu d’artifice à la fin. Les habitants de l’île exposent leurs créations culinaires, les fruits et légumes de leur jardins, leurs créations artistiques, la laine de leur moutons, etc. Il y a des prix pour le meilleur sponge cake, la plus belle botte de betteraves, le ballot de laine la plus impressionnante, l’arrangement floral, le meilleur assortiment de muffins, le meilleur miel, etc. Les prix ne sont que de jolis rubans et à part la reconnaissance et la satisfaction personnelle pas de récompenses. Les gens ne repartent qu’avec leurs produits et la satisfaction d’avoir gagné. Les choses restent très simples. 

Au fur et à mesure des jours qui passent, le rythme me semble un peu trop lent chez Bill & Tina. Ou bien c’est juste moi qui est du mal à m’y adapter. J’ai l’impression de ne pas faire grand chose. Je me sentais bien les premiers jours mais l’euphorie est un peu retombée. Le temps n’est pas très beau, Laura (une autre helper belge) est partie et Bill est fatigué. Les heures s’étirent longues et monotones. Un sentiment de dépression me plane au dessus de la tête et je pense beaucoup à Arkaroola. Le lieu me manque. J’aimerais avoir des journées bien remplies et mon esprit occupé histoire de ne pas me ressasser les mêmes idées en permanence dans la tête. Alors pour essayer échapper à tout cela je décide d’aller passer quelques jours chez Grahams, qui s’occupe de produire du miel. J’ai toujours eu envie d’apprendre comment se passe la récolte du miel. Mais d’après les commentaires du site helpX et les remarques de Bill, Grahams est un sacré personnage. Je me donne donc deux-trois jours pour voir comment cela se passe avant de prendre une décision.

L’ouverture du toit de la ruche est toujours une surprise : combien de propolis va t’il se trouver en dessous ? Cette matière jaune produite à partir de cire et de résine végétale par les abeilles est apparemment un anti-infectieux. Un kilo de propolis est un petit trésor pour Grahams. De quoi arrondir les fins de mois. Une fois en ouvrant un couvercle, une Redback est apparue à nos yeux. (la Redback est une des araignées dont la morsure fait la plus mal en Australie). Une autre fois ce fut une gigantesque Huntsman de la taille de ma paume (la Hunstman est une grosse araignée heureusement inoffensive pour l’homme). Pour récolter le miel il faut enfumer les abeilles puis récupèrer les panneaux contenant le miel en faisant attention à ne pas abimer ceux contenant la nurserie et les récoltes de pollen. Le miel est ensuite décollé des panneaux et rassemblé dans de gros tonneaux avant d’être mis en bocaux.

Il fait une chaleur à mourir dans la combinaison de martien qui nous tiens lieu de protection relative contre les piqures d’abeille. Elles ne marchent pas vraiment d’ailleurs, je me suis déjà fait piquer trois fois et j’entends Moritz qui jure pour la cinquième fois. Les petites guerrières jaunes et noires ont un dard capable de percer nos combinaisons. Et si jamais l’une d’entre elle arrive à rentrer à l’intérieur de la combinaison c’est la panique. Je perds des litres de sueur et je n’ai qu’une seule envie : rentrer à la caravan qui nous sert de maison à Moritz et moi. Cela fait deux jours que j’accompagne Grahams et Moritz à travers l’île pour aller récolter le miel des ruches éparpillées sur diverses propriétés. C’est très bien pour découvrir les environs mais il fait tellement chaud que je somnole la moitié de temps. Et puis Grahams est définitivement un sacré personnage. Je pense que c’est quelqu’un toujours prêt à filer un coup de main et qui travaille dur mais qui a vécu toute sa vie seul et à des idées bien arrêtées. Pas toute à fait le genre de personne que j’apprécie et encore moins en ce moment avec mon moral un peu dans les chaussettes. Et puis je l’avoue, au final la récolte du miel ce n’est pas la partie que je préfère. Et les piqûres d’abeilles, ça fait un mal de chien. J’aurais préférais voir la mise en bocaux, la création du design des étiquettes et la distribution autour de l’île. Mais pour faire cela il faut récolter plusieurs kilos de miel. Et durant mes quelques jours avec Grahams, c’est ce que nous avons fait. Au bout du quatrième jours je quitte le lieu sur un sentiment mitigé. Au moins cela m’aura permis de découvrir de près la récolte du miel. 

De retour chez Tina & Bill, je suis allée faire un tour au Parndana Wildlife Park. Malgré le prix de l’entrée bien trop cher je me suis laissée tenter. Ce fut une bonne décision. J’y suis restée 4 heures et j’ai beaucoup aimé. Il y a tout un tas d’animaux variés et intéressants. J’ai pu voir de petits manchots pygmée touts mignons, des grenouilles ayant un air de Yoda, des chouettes ressemblant à de vieilles chaussettes fripées, des koalas imperturbables, des Casoars, drôles d’oiseaux venus de la préhistoire, etc. Et j’ai eu un échange très profond avec un bébé magpie recueillit par le parc après être tombé de son nid. Il avait grandement faim et tenait absolument à me faire savoir. Et puis le moment fort de la visite : nourrir les kangourous. Je trouve cela un peu étrange de faire de ces animaux sauvages des sortes de bêtes de cirque mais je dois avouer que j’ai grandement apprécier les voir me manger dans la main. Mais attention, ne faites pas cela avec des Kangourous vraiment sauvages ! Ceux du parc sont à moitié domestiqués. En pleine nature les Kangourous, comme tous les animaux sauvages, doivent être laissés en paix.

J’étais prête à partir, à rejoindre Adelaide puis à longer la Great Ocean Road et rejoindre la Tasmanie mais ma voiture en a décidé autrement. Le garagiste du coin a trouvé le problème : une fuite d’air au niveau du carburateur. C’est pour cela qu’elle n’arrête pas de caler. Il faut le faire réparer mais le garagiste m’a pas les pièces. Il faut commander et cela va prendre plusieurs jours. Ou bien faire réparer ailleurs. Le soir alors que je discute avec Tina de la suite de mes projets, mon esprit fonctionnant à toute vitesse, Bill laisse tomber la phrase qui va décider de la suite de mes plans jusqu’à fin Novembre : « Tu sais, je pourrais te trouver un travail d’ici ce soir et tu pourrais commencer demain si tu voulais. Je sais que plusieurs des vignobles autour ont besoin d’employés en ce moment ». J’hésite un peu mais plutôt que d’attendre sans rien faire à Adélaide autant le faire en travaillant. Et cela me donnera l’occasion de continuer à visiter le reste de l’île.

C’est la fin du printemps désormais et les pieds de vigne ont besoin d’être nettoyés. Il y a trop de pousses qui ont poussé un peu partout. Seules celles situées au niveau des boutures survivront à mon passage. Me voila donc chapeau sur la tête et gants sur les mains à nettoyer les lignes de vignes. Le premier vignoble où je travaille, Hazyblur est une petite propriété entretenue par Mick que Tina connaît bien. Je fais ma première ligne en deux heures trente ! À la fin de la journée je n’ai fait que sept rangées. Je rentre un peu déprimée chez Bill & Tina. J’ai beau être payé à l’heure, j’ai l’impression d’être beaucoup trop lente. Les jours suivants je prends le rythme et je finis par faire chaque ligne en quarante-cinq minutes. Parfois Mick vient aider. Parfois je suis toute seule. Pendant neuf heures. Quelle tranquillité ! La semaine d’après je me rends chez Islander Estate, un vignoble appartenant à un français et géré par Yale un américain. La route pour rejoindre le vignoble est superbe mais le travail est beaucoup plus dur que chez Hazyblur. Les pieds de vigne sont petits et couverts de feuilles. Il fait beaucoup plus chaud et je passe mes journées sur les genoux ou le dos cassé en deux. J’y passe dix jours longs et douloureux seulement accompagnée des deux chiens gardant le vignoble. Ils sont magnifiques et très demandeurs en caresses. Et alors que je peine sous la chaleur je me demande un peu inquiète si la récolte des myrtilles que j’ai décidé de faire par la suite va être aussi dur.

Vers la mi-novembre après deux bonnes semaines dans les champs j’apprends que ma voiture est enfin réparée. Je quitte Bill et Tina en les remerciant de tout ce qu’il ont fait pour moi mais pas mécontente de partir. Ces dernières semaines je me sentais un peu à l’écart et nous ne communiquions plus beaucoup. Je passe deux jours à aller visiter les endroits de l’île que je n’ai pas encore vu en dormant à l’arrière de ma voiture que j’ai aménagé rapidement. C’est sacrément petit là dedans et le vélo prend beaucoup de place. Mais au moins je peux dormir n’importe où. Je quitte l’île par une belle journée, laissant derrière moi l’ambiance si paisible pour m’en retourner sur le continent.

——

15 novembre 2017

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

——

2 réponses

  1. Super récit ! Et des photos magnifiques ! Lors de tes coups de déprime dis toi que tu vis une vie enrichissante loin de métro boulot dodo que quasiment tout le monde vit !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Great Ocean Road, Australie © Claire Blumenfeld

Pourquoi je voyage ?

Interrogations sur mon rapport au voyage et pourquoi j’ai tant de mal à y prendre plaisir.

Mont Buller, Victoria, Australie © Claire Blumenfeld

Perdue dans les nuages

Mont Buller, une petite station de ski en Australie où j’ai passé trois mois perdue dans la neige et les nuages.

Don`t copy text!