Carnets de voyages et récits de transition vers un avenir éthique et durable

Je m’appelle Claire B. et je tiens Peregrinus Mundi depuis 2015. Ce site suit mon évolution dans la vie sous forme de chapitres. Les chapitres I à VI présentent principalement des récits de voyage et photographies. Le chapitre VII suit ma démarche de transition vers un mode de vie basé sur l’écologie et le bien-être à travers trois approches qui m’intéressent particulièrement, la permaculture, l’herboristerie et l’éco-construction.

Premiers pas en Nouvelle-Zélande
Arrivée en Nouvelle Zélande. Découverte d’Auckland et de la côte Est de l’île du Nord.
Whitianga, Île du Nord, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld
CARNET

Après six mois de voyage au Japon et six semaines de découvertes en Australie, j’ai pris l’avion au départ de Sydney, le dimanche 5 Juin pour m’envoler vers la Nouvelle-Zélande. Le pays des paysages magnifiques, des randonnées, de la Terre du Milieu, du Mordor et des trous de Hobbits ! Cela fait longtemps que je voulais y aller, à vrai dire depuis que j’ai vu la trilogie “Le Seigneur des Anneaux” de Peter Jackson, il y a une quinzaine d’années. La Nouvelle-Zélande, (en maori Aotearoa, que l’on pourrait traduire par “pays du long nuage blanc”) est un pays principalement constitué de deux îles (Nord et Sud) et qui fut l’un des derniers territoires à avoir été découvert par l’homme. Les Maori venant de Polynésie s’y sont installés à partir du 8ème siècle et les Européens y débarquèrent en 1642. Elle fut pendant longtemps une colonie britannique avant d’accéder entièrement à l’indépendance en 1947. Elle possède une faune et une flore endémique particulière dont la Fougère argentée, emblème du pays ou bien le Kiwi (lui aussi un emblème), oiseau terrestre incapable de voler, très apprécié des néo-zélandais. Le terme “Kiwi” est d’ailleurs utilisé pour désigner les habitants du pays. 

Je débarque donc après trois heures de vol à Auckland, la plus grande ville du pays. Il fait un temps magnifique et je suis particulièrement heureuse d’être là. Je dépose mes affaires à l’auberge de jeunesse, Haka Lodge Auckland, une auberge très sympathique et pars découvrir le centre ville. Auckland est la plus grande ville du pays située sur un isthme et construite autour d’une cinquantaine de volcans. L’endroit fut découvert en premier par les Maoris aux alentours de 1350 et baptisé Tamaki Makau Rau (“La bataille des cent amants”) faisant référence aux nombreuses guerres tribales ayant eut lieu dans la région. Le premier colon européen à s’y établir fut un écossais du nom de John Logan Campbell en 1840. La city d’Auckland, ressemble à toutes les « city » du monde, c’est à dire à de grands buildings sans charme abritant magasins et centres d’affaires mais elle dégage un charme particulier. Peut-être est-ce dû au fait que le centre n’est pas très grand, que l’ambiance est tranquille, que certains bâtiments de style plus anciens possèdent encore leur très belle architecture ou bien à la présence de la Sky Tower (gigantesque tour radio/téléphonique) qui domine la ville. Je ne sais pas. Par contre ce que je sais, c’est que la ville me plaît instantanément. Je me balade le long de la marina alors que la nuit tombe, déambulant dans les différents quartiers (Queen Street, Patrick’s Cathedral, Wynyard et ses entrepôts reconvertis en logement d’habitation…). Les lumières du port et de la Sky Tower illuminent la ville. Il y a une atmosphère différente ici, c’est la Nouvelle-Zélande.

Je passe les cinq jours suivant à marcher tranquillement dans la ville et ses différents quartiers tout en commençant à découvrir la culture Maori à travers les noms des rues ou des quartiers. Que ce soit le quartier Posonby un peu à l’écart du centre plein de charme ou celui de Orakei sur la côte rempli de maisons luxueuses, la ville est en train de se construire un espace dans mon coeur. Je fais également plusieurs rencontres très sympathiques dont Sophie, une jeune française qui vient de débarquer elle aussi dans le pays des Kiwis et qui va faire un stage de quatre mois à Dunedin sur l’île de Sud. Ainsi que deux jeunes indiens étudiants à Auckland avec qui je sympathise en prenant le bus de retour d’une balade en soirée dans le quartier d’Orakei.

J’aime l’aspect tranquille qui se dégage de la ville, la proximité avec la nature, l’environnement magnifique, la baie avec ses différentes îles. Plusieurs personnes m’ont dit qu’il n’y a pas grand chose à faire à Auckland mais je ne trouve pas que cela soit vrai.  Il y a plein de balades très jolies et pas mal d’activités et visites à faire. Mais la plupart sont payantes et relativement chères. Le centre ville semble également être remplit d’étrangers et je me demande un peu où sont passé les néo-zélandais. 

Parmi les belles balades que j’ai faites, je retiens mon escapade sur l’île volcanique de Rangitoto dans le golfe d’Hauraki à 30min en ferry d’Auckland. Rangitoto est le plus récent et le plus large des 50 volcans d’Auckland. La balade à travers les champs de lave (partiellement recouvert par la végétation) jusqu’au sommet du volcan fut une très belle découverte. Le trajet en ferry m’a également parmi d’avoir une jolie vue sur le quartier de Devonport, petit village historique aujourd’hui rattaché à Auckland.

Le Coast to Coast Walkway, une randonnée de 16km à travers la ville d’Auckland fut également une très belle découverte. Le sentier chemine par tous les quartiers les plus anciens de la ville et fait l’ascension de cinq des volcans les plus remarquables situés en plein centre de la ville. La vue d’Auckland depuis le Mont Eden avec son cratère en premier plan vaut le détour. Le Mont Eden (en Maori “Maungawhau”) est avec ses 196m d’altitude, le plus haut sommet volcanique de la ville. La One Tree Hill de son nom Maori “Maungakiekie” est une autre colline volcanique d’importance historique puisque les Maoris y avaient construit un “pa” (village fortifié) et que c’est au pied de l’obélisque qui se trouve au sommet qu’est située la tombe de John Logan Campbell (premier colon à s’établir sur l’île). Des vaches et des moutons paissent  sur les flancs de la colline presque au milieu des maisons. J’ai également passé une très belle après-midi au Musée d’Auckland situé au sommet d’une colline dans le très joli parc de l’Auckland Domain. Les colonnes de la façade du musée évoquent curieusement les temples grecs. Les sections dédiées à la culture Maori et à la faune et la flore néo-zélandaise regorgent d’informations. C’est de loin les parties que j’ai le plus appréciées. Par exemple, savez-vous que la Nouvelle-Zélande abrite le plus gros perroquet du monde ? Le Kakapo est un gigantesque perroquet ne pouvant pas voler, nocturne et solitaire. Il ne se reproduit seulement qu’une fois tous les 3-5 ans en fonction de la quantité de nourriture qu’il trouve.

Après cinq jours en ville, je pars visiter le reste de l’île du Nord. Samedi 11 Juin, je prends le bus pour me rendre à Whitianga. Ma destination est située sur la côte Est de la péninsule de Coromandel, une des plus grande péninsule de la Nouvelle-Zélande et constituée de reliefs couverts de forêts primaires et de prairies vallonnées. Je quitte Auckland, le soleil à peine levé. À moitié endormie, je vois défiler par les fenêtres du bus des paysages remplis de prairies verdoyantes baignant dans la brume du matin. J’ai l’impression de plonger dans un autre monde. Deux heures plus tard le bus me dépose à Hamilton où j’attends pendant trente minutes le prochain bus devant me conduire à Whitianga. Une toute petite navette d’à peine dix places débarque enfin et nous faisons connaissance avec Ritchie, notre chauffeur. Sacré personnage très sympathique. L’ambiance est beaucoup plus “familiale” et tout le monde discute. Je fais connaissance avec une jeune allemande assise à coté de moi et nous partons pour trois heures de route. Ritchie nous raconte pleins d’anecdotes et nous informe des choses à ne pas rater (la glace Hokey Pokey, glace à la vanille avec des morceaux de caramel, presque un emblème national !). J’ai parfois du mal à comprendre Ritchie mais c’est l’occasion de me familiariser avec l’accent Kiwi. Malgré la beauté des paysages et l’ambiance relaxée, le trajet de trois heures à travers les collines sur la petite route qui tourne en permanence finit par peser sur mon estomac et c’est avec soulagement que je pose enfin pied à terre à Whitianga, dernier arrêt du trajet.

Whitianga se prononce Fitianga (le “wh” dans l’alphabet Maori se prononce “f”, ce qui est bon à savoir parce que lorsque l’on vous dit “Oh, vous allez à Fitianga” et que tu réponds “Heu, non je vais à Whitianga”, ça peut créer des confusions). C’est une petite station balnéaire située dans la Mercury Bay et le plus gros village du coin (il y a même un New World (un supermarché de taille décente). Whitianga est également un des endroits d’Aotearoa (la Nouvelle-Zélande) a avoir attiré de nombreux explorateurs, dont Kupe, le premier explorateur Maori, qui a baptisé le lieu Whitianga o Kupe (“lieu de passage de Kupe”) et les explorateurs Tupaia et James Cook en 1769 qui en observant dans le ciel le passage de la planète Mercury donnèrent son nom à la baie.

Je dépose mes affaires à mon auberge puis pars découvrir le village. Pas grand chose à voir à part le New World et la rue principale avec ses quelques magasins mais la plage et la baie avec ses petits îlots sont magnifiques. Je prends le ferry pour traverser le Whitianga Harbour et me rendre sur l’autre rive afin d’aller faire une petite balade à travers le bush menant à Shakespeare Cliff. Il est déjà 15h et la nuit tombe dans deux heures, il ne faut pas trainer ! Je fais quand même un petit détour pour aller voir au bout d’une avancée rocheuse un “pa” (ancien village fortifié maori). Le sentier est minuscule et à peine un mètre de largeur me sépare des falaises des deux cotés. Mieux vaut ne pas glisser. Je continue mon trajet à travers le bush qui monte assez fortement à l’assaut de la colline pour enfin arriver au sommet. Une vue superbe sur le Whitianga Harbour se dévoile. Le sentier continue dans un calme absolu en longeant la Maramaratotara bay et la Flaxmill bay. Apparemment on peut y voir des dauphins mais ceux-ci ont décidé de ne pas se montrer. Je monte sur la Shakespeare cliff pour avoir une jolie vue sur la mer mais le temps que j’arrive en haut il fait déjà presque nuit. Je redescend, le crépuscule avec moi, au ponton du ferry. Les lumières du village mêlées aux couleurs roses du ciel dépose de superbes reflets sur la baie.

Le lendemain, Ritchie vient me chercher à 6h du matin pour me déposer 30min plus tard dans la nuit noire à Hahei. J’ai décidé d’aller voir Cathedral Cove, une arche naturelle liant la plage de Mare’s Leg Cove à la plage de Cathedral Cove réputée pour sa beauté et ayant notamment servie de lieu de tournage du Monde de Narnia : Le Prince Caspian. Je rejoins le parking où j’attends le levé du soleil. Le ciel étant un peu voilé, celui-ci est moins impressionnant que prévu mais les premiers rayons sur les falaises valent le coup d’être là. J’attaque ensuite la balade sur le sentier qui s’enfonce à travers les prairies et rain forests (forêts humides avec de nombreuses fougères géantes absolument magnifiques). Quarante-cinq minutes plus tard me voici arrivée à Mare’s Leg Cove. Tout un tas de gens malgré l’heure matinale ont eu la même idée que moi, ce qui gâche un peu la tranquillité des lieux mais n’enlève rien à sa beauté. Je me tourne et l’arche me fait face. De son nom maori Te Whanganui A Hei (« la grande baie de Hei »), la formation est très impressionnante. Je traverse en ayant l’impression de passer dans un autre monde (comme dans le Monde de Narnia) pour aller me balader sur la plage de Cathedral Cove. Au bout de la plage se trouve un gros rocher, Te Hoho (“le puissant” en maori) qui semble veiller à la tranquillité des lieux. Je petit-déjeune sur la plage puis reste un long moment à apprécier la beauté du paysage. Hélas, les nuages se font de plus en plus importants et c’est sous un ciel couvert que je prends le chemin du retour. Passage sur la plage de Hahei où la pluie écourte mes idées de balades. Ritchie me récupère en début d’après-midi pour me ramener à Whitianga où je passe une après-midi tranquille à l’auberge en regardant tomber les gouttes.

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14 juin 2016

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

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