Dans l’immensité du Doubtful Sound
Traverser Doubtful Sound en kayak, s’immerger dans la beauté du paysage et affronter les sandflies.
Informations
5 février 2017

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

Dans l’immensité du Doubtful Sound
Traverser Doubtful Sound en kayak, s’immerger dans la beauté du paysage et affronter les sandflies.
Informations
5 février 2017

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

CARNET

Le temps a passé à Te Anau et me voilà fin Janvier 2017. Une nouvelle année a commencé. Il me reste quelques jours de travail au Te Anau Lakeview Holiday Park ainsi qu’au Kepler Restaurant avant de reprendre la route. Quatre mois dans le Fiordland déjà. Avec ses hauts et ses bas mais toujours un paysage à couper le souffle. Je n’ai pas eu la possibilité de retourner dans le Doubtful Sound depuis ma courte visite en septembre dernier et cela m’attriste un peu. Pour mes derniers jours dans le coin je décide donc de m’offrir une traversée du Doubtful Sound en Kayak. Situé sur la côte Sud-Ouest de l’île du Sud, le Fiordland est un gigantesque parc national de 12 120 kmce qui en fait l’un de plus grand du monde. Le parc est composé de montagnes escarpées, de lacs profonds et de nombreux fjords dont les plus connus sont le Milford Sound et le Doubtful Sound. Doubtful Sound situé à l’Ouest de Manapouri, à une vingtaine de kilomètres de Te Anau est un des plus grands fjords de la région. Relativement difficile d’accès il est par conséquent moins visité et garde encore une atmosphère mystérieuse, calme et sauvage. Le sound fut découvert par James Cook en 1770. N’étant pas sûr de sa praticabilité, l’explorateur nommera l’endroit Doubtful Harbour, ce qui signifie “incertain” ou “douteux” en anglais.

La compagnie Go Orange propose des expéditions à la journée et des traversées de 2, 3 et 5 jours. Je me laisse tenter par l’expédition de deux jours. Pour rejoindre le fjord depuis Te Anau, un bus vient me chercher aux aurores pour m’emmener à Manapouri à une quarantaine de minutes de route. C’est l’occasion de voir le lever de soleil. Au ponton d’embarcation de la minuscule bourgade, tous les participants embarquent sur le même bateau, que ce soit les kayakeurs pour un jour, deux jours, cinq jours ou les gens ayant choisi la croisière à la journée. Une bonne heure de bateau à travers le lac Manapouri permet d’embrasser la grandeur et la beauté du lac. Le bateau accoste à West Arm au bout du lac où un bus nous attend pour nous emmener sur une petite route de gravier à travers les montagnes. Passage du col Wilmot où la vue sur le fjord n’a pas changé depuis la dernière fois que je suis venue et arrivée à Deep Cove, le début du fjord. 

À part une petite auberge et les hangars des compagnies de tourisme, il n’y aucune habitation dans le fjord. Notre guide, Matthew, moitié maori, moitié allemand, nous explique les consignes de sécurité et nous fournit l’équipement et informations nécessaires à la pratique du kayak en fjord ainsi qu’au déroulement de l’expédition. Autour du hangar de la compagnie, des Wekas (oiseaux néo-zélandais incapables de voler) attirés par la nourriture viennent fouiller dans les sacs. Les groupes pour chaque expédition ne dépassent pas huit personnes et l’ambiance est bonne enfant. Matthew rassemble son groupe, nous organise par groupes de deux et nous équipons notre embarcation. Tentes, matériel de camping ainsi qu’habits de rechange et nourriture pour deux jours disparaissent dans les trappes à l’avant, à l’arrière et au milieu du kayak. Mise à l’eau et départ dans le bras principal du fjord. Il fait un temps magnifique parfois couvert par de grosses masses nuageuses.

Pagayer dans le fjord est une expérience extraordinaire. Au ras de l’eau, je me sens toute petite, dominée par la grandeur des montagnes autour et la puissance mystérieuse qui se dégage de l’endroit. Je pagaye tranquillement aider par les bras habitués de Matthew à l’arrière. Les autres groupes. disparaissent peu à peu dans l’immensité du fjord. Les falaises couvertes d’hêtres néo-zélandais plongent à pic dans l’eau. Après trois heures de kayak, nous quittons le bras principal pour nous enfoncer dans Hole Arm où une minuscule plage fait office de pause repas. En posant le pied sur la petite langue de sable sauvage, j’ai l’impression de me sentir comme un explorateur d’autrefois découvrant un nouveau continent. Le temps est typiquement “Fiordlandien”. Mélange de pluie et de soleil qui confère au lieu une atmosphère incroyable. Nous sortons nos affaires des compartiments de rangement des kayaks. Chacun avale son petit casse-croûte pour reprendre des forces pour la suite. Les sandflies (mi-moustiques, mi-vampires) ne sont pas loin mais la présence du soleil semble les tenir à distance. Ces tout petits moucherons aiment la pluie et les atmosphères moites. 

Les heures passent tranquillement au rythme de nos pagaies. Le lieu est si grand que j’ai l’impression de faire du sur-place.  Quatre heures plus tard nous atteignons le bout du bras et retournons sur nos pas pour retrouver le campsite se situant vers le milieu du bras, juste en bordure de l’eau. Un petit abri permanent avec moustiquaire nous attend. Nous sortons les kayaks de l’eau (dur entreprise quand ils sont chargés) puis montons les tentes. Une pluie torrentielle s’abat soudainement et des nuées de sandflies se précipitent sur nous. C’est la course pour leur échapper. Puis aussi vite qu’elle est apparue, la pluie disparait et le calme revient. Soirée tranquille à discuter avec le reste du groupe sous l’abri puis bonne nuit de sommeil.

Le lendemain nous assistons au lever du soleil, splendide, qui baigne le paysage de reflets bleutés. L’eau est parfaitement calme. J’ai vraiment de la chance d’avoir un temps aussi parfait. C’est rarement le cas dans le Fiordland, où il pleut la grande majorité du temps. Beaucoup des expéditions en kayak se font sous la pluie sur des eaux bien agitées. Le retour s’effectue par le même chemin. J’ai un peu mal aux bras n’ayant pas l’habitude de pagayer. Nous revenons dans le bras principal, visitons un peu le coin puis repartons en sens inverse. Deep Cove apparait vers midi et nous débarquons, fatigués mais heureux de l’aventure. Un bus nous ramène à Te Anau en début d’après-midi. Je quitte le fjord à contrecoeur. Les lieux sont si beaux. C’est la première fois que je fais du kayak et j’ai beaucoup aimé. Se sentir si libre sur les eaux, accoster où l’on souhaite, accéder à des endroits inaccessibles à pied… Les deux jours ont passé bien trop vite et je serais bien restée quelques jours de plus. Mais c’est comme ça. Ce sera pour une prochaine fois. Je quitte les lieux heureuse d’avoir pu profiter de Doubtful Sound dans des conditions si parfaites.

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Chapitre

II. La terre du bout

Après un voyage en demi-teinte au Japon, je n’envisage pas de rentrer et m’envole pour la Nouvelle-Zélande. J’entreprends un voyage différent fait de beaucoup de travail, d’apprentissage et de découvertes. Pendant un an j’ai l’impression de fuir l’avenir tout en étant presque sereine dans ce pays à l’autre bout du monde. Je découvre d’abord l’île du Nord faite de prairies, de paysages volcaniques, de petits villages et des deux grandes villes du pays, Auckland et Wellington. Puis je m’envole pour l’île du Sud où je passe la majorité de l’année à travailler et à explorer cette île où les grands étendus sauvages sont majoritaires. Au Sud-Ouest s’étale le Fiordland, la zone la plus sauvage de  la Nouvelle-Zélande faite de forêts primaires, grands fjords et hautes montagnes. Après plusieurs mois dans le coin, je remonte la côte Ouest à vélo avant de retourner sur l’île du Nord. Un très beau voyage. 

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Carnets
Hobbiton, Île du Nord, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

Au pays des Hobbits

Marcher dans les pas de Frodo à travers Hobbiton et retrouver l’ambiance des films de Peter Jackson.

Queenstown, Otago, Île du Sud, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

La ville reine

Deux jours magnifiques à Queenstown, la capitale de l’aventure et station de ski du pays des Kiwis.

Castlepoint sur Île du Nord, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

Un mois d’avril mi-figue mi-raisin

De retour sur l’île du Nord, je fais face à quelques difficultés, visite les environs de Wellington et affronte le mauvais temps sur le Taranaki.

Parc National de Tongariro sur l'île du Nord, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

Autour du Tongariro

Parcourir pendant quatre jours les massifs volcaniques du centre de l’île du Nord.

Te Puke, Bay of Plenty, île du Nord, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

Les mains dans les kiwis

Mes derniers mois en Nouvelle-Zélande. Empaquetage de kiwis, découverte de White Island et moments joyeux.

Galeries
Abel Tasman Track sur l'Île du Sud, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld

Paysages néo-zélandais

Un pays au mille visages. Entre rainforest, plaines désertiques, volcans, petits villages, fjords et hautes montagnes.

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par Claire Blumenfeld

À propos

Claire Blumenfeld. La trentaine. Passionnée de nature, voyages et découvertes. J’observe le monde, la vie autour. Je cherche des réponses sur moi-même. Entre carnets, photos, vidéos et notes, voici les chapitres de ma vie. Le récit de mes errances.

Claire Blumenfeld. La trentaine. Passionnée de nature, voyages et découvertes. J’observe le monde, la vie autour. Je cherche des réponses sur moi-même. Entre carnets, photos, vidéos et notes, voici les chapitres de ma vie. Le récit de mes errances.