Carnets de voyages et récits de transition vers un avenir éthique et durable

Je m’appelle Claire Blumenfeld et je tiens Peregrinus Mundi depuis 2015. Ce site suit mon évolution dans la vie sous forme de chapitres. Les chapitres I à VI présentent principalement des récits de voyage et photographies. Le chapitre VII suit ma démarche de transition vers un mode de vie basé sur l’écologie et le bien-être à travers trois approches qui m’intéressent particulièrement, la permaculture, l’herboristerie et l’éco-construction.

Une journée avec Hayashi-san et Kaku-san
Une journée en compagnie de l’équipe TC Sleeve du pôle Recherche et Développement de l’usine TYK.
TYK, Tajimi, Honshu, Japon © Claire Blumenfeld
CARNET

J’ai rencontré Nobuhiro Hayashi et Yukie Kaku lors de ma deuxième semaine de travail à TYK. Ce sont des gens très sympathiques et plein d’entrain avec qui j’ai beaucoup échangé et rigolé. Hayashi-san et Kaku-san font partie de l’équipe TC Sleeve et travaillent principalement dans un des grands entrepôts du centre R&D. Nobuhiro Hayashi est quelqu’un de très gentil et de très souriant. Il travaille à TYK depuis neuf ans. Il a 43 ans et est originaire de Toki, une petite ville à coté de Tajimi, où il vit avec sa famille dans une maison traditionnelle. Hayashi-san aime beaucoup les films d’Art martiaux (Jackie Chan, Jean-Claude Van Damme) et les films de courses automobiles. Il est aussi passionné de sport. Il en fait quasiment tous les soirs après le travail et pratique notamment le Kenpô depuis neuf ans et a fait du Karaté pendant quatre ans. Faisant moi même du Krav Maga (sport de self-défense) nous avons beaucoup échangé en rigolant sur nos techniques de combat. Yukie Kaku est une jeune femme de 30 ans qui parle bien anglais et qui n’aime pas trop se faire prendre en photos. Elle est originaire de Ôita sur l’île de Kyûshû et aime lire et jouer aux jeux video. Elle était toujours prête à me donner des explications sur les kanjis et très sympathique. Elle travaille à TYK depuis six ans.

Les TC Sleeve sont des outils utilisés dans les processus de coulée de fonte ou de laminage. Ils sont conçus en composite de titane et de céramique et moulés sous pression. Ils permettent une faible conductivité thermique, une excellente résistance à l’érosion à l’alliage d’aluminium et une excellente résistance à l’abrasion.

Le gros du travail d’Hayashi-san est de s’occuper du processus de fabrication des TC Sleeve. Le processus consiste, en résumé, à mélanger le composite et à créer le moulage, à le rendre compact par pressage isostatique à froid puis à le rendre solide par traitement à l’Argon. Suite à ça, l’ossature est finalisée et nettoyée et subie un traitement thermique. Certaines parties du produit sont ensuite découpées et soudées. À toutes ces étapes, s’ajoute de nombreuses étapes de vérification de la taille et de la résistance.

Les principales machines sur lesquelles travaillent Hayashi-san et Kaku-san sont les machines de découpage. Elles sont entièrement manuelles et sont au nombre de trois pour une moyenne d’âge de 45 ans. Les machines de découpage appelées “Sen Ban” en japonais permettent de découper et limer de façon très précise. Hayashi-san et Kaku-san les utilisent pour finaliser l’ossature des TC Sleeve et découper des échantillons. Elles tournent quasiment en permanence toute la journée. Les machines de découpage fonctionnent de façon entièrement manuelle, avec différents leviers. Hayashi-san manipule les leviers avec une dextérité et une vitesse impressionnante.

Kaku-san, quand elle ne travaille pas sur les “Sen Ban”, s’occupe de nettoyer et de vérifier la taille des TC Sleeve durant le processus de création, ainsi que d’effectuer différents tests sur les échantillons découpés dans l’ossature.

Ci-dessous, première ligne, à gauche : Hayashi-san est en train de créer le moulage d’un TC Sleeve. Le composite de titanium est introduit dans un moule puis réparti de façon compacte en utilisant un support à vibration, de façon à laisser aucun espace vide dans le moule et donc éviter les défauts de conception. À droite : Kaku-san s’occupe du traitement thermique des TC Sleeve. Ceux-ci sont introduit dans un gros four où ils vont subir le processus pendant plusieurs heures.

Deuxième ligne : Hayashi-san en train de vérifier les dimensions de l’ossature d’un TC Sleeve en cours de finalisation. C’est un travail minutieux puisqu’il faut respecter les dimensions prescrites. Dans une journée, Hayashi-san peut finaliser environ une dizaine de TC Sleeve.

Les machines de découpage génèrent en permanence des petits débris appelés “kiriko”  (“kiri” veut dire “couper” et “ko” veut dire “extrémités”). Il faut faire attention à ne pas se blesser avec. En moyenne, les machines sont intégralement nettoyées 2 à 3 fois dans la semaine.

Le travail sur les machines de découpage utilise beaucoup d’huile. Et il est interdit de porter des gants car ceux-ci peuvent se coincer dans les rouages et entrainer des accidents. Du coup, les mains se couvrent rapidement d’huile et de petits débris de titane. Les mains de Hayashi-san sont marquées par les années de travail. 

Chaque TC Sleeve en cours de finalisation se voit prélever un échantillon. Ceux-ci vont subir différents tests (pression, résistance, absorption de l’eau, etc) afin de détecter les éventuels problèmes.

Le travail effectué par Hayashi-san et Kaku-san est manuel, répétitif et peu diversifié. Mais la bonne entente entre les deux membres de l’équipe et la possibilité d’expérimenter dans le processus de création afin d’obtenir des TC Sleeve correspondant aux différents besoins permettent cependant de proposer un travail relativement intéressant. En tout cas, Hayshi-san et Kaku-san m’ont semblé être motivés et énergiques durant leur journée de travail. Ce qui n’était pas le cas de tout le monde.

Durant ma semaine avec Hayashi-san et Kaku-san j’ai participé à l’ensemble du processus de création des TC Sleeve. Ci-dessous, je suis en train de surveiller l’évolution du découpage d’une ossature. Ce fut une semaine très intéressante, pleine d’échanges et de bonne humeur. Hayashi-san, Kaku-san, arigatôgozaimashita !

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2 avril 2016

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

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