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Un potager en palettes
Construire un potager sur bacs à l’aide de recyclage de palettes.

#low tech

En parallèle de ma formation en éco-construction au centre de formation du Gabion, j’ai décidé de me concentrer sur mon alimentation avec la recherche d’une alimentation la plus saine possible. Cela rejoint la deuxième thématique sur laquelle j’ai décidé d’orienter ma vie depuis ce début d’année 2021, à savoir la santé au naturel. Plantes médicinales, médecine douce et alimentation saine font parties de cette thématique. 

L’alimentation est une problématique majeure aujourd’hui dans un monde gangréné par la malbouffe et les aliments ultra-transformés. Se réapproprier son alimentation fait partie de la démarche vers une transition pour une vie plus saine, plus simple et plus résiliente. L’alimentation est un des éléments permettant de garder un corps en bonne santé. C’est la première médecine du corps. Au delà de satisfaire une envie de manger, l’alimentation sert à fournir à notre corps l’énergie dont il a besoin pour fonctionner. Ce sont les aliments que l’on mange qui nous permettent de vivre. Hors aujourd’hui l’alimentation est tellement polluée que manger s’apparente presque à empoisonner son corps plutôt que d’en prendre soin. 

J’ai donc décidé en emménageant dans ma location dans le petit village de Mane de mettre en place un petit potager. Cela s’associe à une transformation de mon rapport à la nourriture en cherchant à produire une partie de mon alimentation, en mangeant presque exclusivement bio, en se fournissant au maximum localement, en achetant en vrac, en développant ma pratique de la cuisine, en cuisinant avec des ustensiles sains, en mangeant frais, non transformé et en limitant les temps de conservation. À cela s’associe des réflexions sur les modes de cuisson, la place de l’alimentation dans mon budget, le zéro-déchet, le compostage, l’utilisation du frigo, la mise en place future d’éléments low tech (marmite norvégienne, garde-manger, frigo d’hiver). C’est un projet qui démarre et qui va s’étaler sur toute l’année. 

Mettre en place un potager signifie avoir accès à la terre. Dans la location où je suis il y a un escalier de secours en acier avec deux balcons intégrés donnant sur un minuscule jardin ne m’appartenant pas. De plus ayant en tête la construction de ma Tiny House en Automne prochain et donc le fait de ne pas avoir de terrain à moi et la possibilité de déplacer ma petite maison, je me suis tournée vers la construction de bacs de culture. L’approche low tech et recyclage m’a orienté vers l’utilisation de palettes pour concevoir mes bacs. En fonction de mes besoins, j’ai donc décidé de concevoir trois bacs de 35xm de large x 120cm de long par 35cm de profondeur en utilisant les planches de palettes démontées. J’ai également conçu un petit bac de 35x45x35cm. Et j’ai utilisée trois palettes posées verticalement pour planter des plants à petites racines. 

Dans les quatre bacs, permettant une profondeur un peu plus importante de terre, j’ai planté des fleurs (bourrache, souci, capucine), aromates et médicinales (menthe, verveine citronnée, persil) et légumes (concombres, tomates, pois, haricots, carottes, navets, betteraves). Dans les palettes j’ai planté des fraises, des radis et du mesclun (cresson, roquette, pourpier, tétragone). J’ai également utilisé des jardinières déjà présentes pour planter des aromatiques et médicinales (basilic, ciboulette, sauge, estragon, origan, thym, lavande, camomille, romarin, hélicryse). Ma réflexion quand au choix des plantes s’est portée sur des plantes supportant la culture en pot, rustiques, relativement locales, correspondant à mes envies (alimentaires et médicinales). L’aspect permaculture du potager a également été très important pour moi, bien qu’à l’échelle toute petite et « hors-sol » de mes cultures, il ne m’est pas permis de faire autant que dans un vrai potager. J’ai voulu intégrer des fleurs mellifères (lavande, thym, capucine, bourrache, souci) pour les insectes et dont la majorité sont comestibles et jouer sur les associations de culture afin d’enrichir mon potager et protéger mes plants des insectes indésirables. 

  1. Palettes de chantier récupérées au centre de formation du Gabion, à la déchèterie et à Gamm Vert. 
  2. Bac construit avec des planches de palettes. 
  3. Les palettes doivent être estampillées « HT » pour Heat Treatment. Cela certifie que les bois n’ont reçu comme traitement qu’un traitement thermique. 
  4. Plantations de cresson dans des palettes posées à la verticale.
  5. Trois étages de plantations de fraisiers dans une palette à la verticale. 

Construire en palette est une très bonne idée au vu du nombre disponible un peu partout. Il faut cependant faire attention lors du choix. Les palettes non consignées (« perdues » et « cimentières ») sont destinées au transport de marchandises localement. Elles sont très solides, avec des joints en gros blocs de bois et souvent sans inscriptions. Elles ne sont pas traitées. Les palettes consignées, destinées au transport à l’étranger possèdent des joints en blocs de fibres de bois. Elles sont notées d’un logo. Il ne faut prendre que les palettes inscrites du logo EUR EPAL (palettes européennes) avec le sigle HT (heat treatment). Cela signifie que le bois a subit un traitement thermique non polluant pour le renforcer. 

Pour planter directement dans les palettes, je les ai simplement mises à la verticale. La profondeur d’un « creux » de palette fait à peine 10cm et j’ai donc décidé de rajouter pour chaque étage une bande de bois pour permettre des bacs d’une profondeur d’environ 15cm-20cm. Pour concevoir les bacs, il m’a fallu démonter les palettes. Cela s’est avéré relativement compliqué car les palettes que j’avais récupéré (à majorité des palettes non consignée très solides) étaient très difficiles à défaire. Pied de biche, marteau et beaucoup de temps furent nécessaires pour enlever les gros joints en blocs de bois et les clous. À l’aide de ma scie japonaise (scie manuelle), j’ai scié les planches à la longueur désirée. J’ai également appris à concevoir des bacs en utilisant la structure intégrale de la palette plutôt qu’en la démontant. Une fois les structures des bacs prêtes, je les ai assemblé à l’aide d’une visseuse et de vis. 

J’ai ensuite tapissé le fond de mes bacs et palettes d’un film géotextile permettant de retenir la terre et de laisser s’écouler l’eau. Une couche de billes d’argile et de balles de riz a été mise dans les fonds pour faciliter le drainage. J’ai ensuite été récupérer de la terre végétale, des feuilles mortes, du sable, de l’herbe coupée et des orties en forêt et acheté du terreau pour constituer la terre pour mes plantes. Les plants ont été acheté à Bioflore Provence, la pépinière bio de Forcalquier, juste à coté de Mane. Pour les semis j’ai acheté à majorité des graines bio à la pépinière, à Gamm Vert et à Botanic. Je regrette un peu de ne pas voir acheté des semis d’un producteur local mais j’ai été prise par le temps. Une fois plants et semis plantés, j’ai tout recouvert d’un paillage en chanvre afin de conserver l’humidité. 

Entre la construction des bacs et palettes, la récupération des différentes couches (terre, terreau, feuilles, etc), l’achat des plants et semis et la plantation, il m’a fallu presque trois semaines. Cela m’a pris beaucoup plus de temps que je pensais. Sur la fin, un peu pressée par le temps (déja début mai lors de la plantation), j’ai renoncé à certaines envies, ce que je regrette un peu. La conception des bacs et palettes a été faite un peu à la va-vite, la solution du géotextile (matériau synthétique) m’interroge, le choix d’acheter plutôt que de récupérer et recycler (paillage, plants, semis, terreau) à fait flamber mon portefeuille et l’abandon du respect de la plantation en fonction du calendrier lunaire me déçoit. 

Je suis cependant très contente d’avoir installé ce potager. J’aurais aimé le faire d’une façon encore plus écologique et low tech. C’est une première étape vers la mise en place d’une alimentation plus saine. J’envisage de le faire évoluer dans le futur vers quelque chose d’encore meilleur. À court terme, la prochaine étape, sera l’installation d’oyas-maison (pots en terre cuite remplis d’eau, plantés au milieu des plants et permettant une diffusion optimale de l’eau) puis d’hôtels à insectes (coccinelles, abeilles solitaires) pour accueillir la biodiversité.

  1. Bacs et palettes.
  2. Fleurs de Bourrache et Souci à l’arrière-plan.
  3. Rangées de semis de navets et betteraves. 
  4. Thym en jardinière. 
  5. Paillage en chènevotte.
  6. Plant de romarin.
  7. Jardinières d’aromatiques et médicinales. 

Vous suivez le Chapitre 7 : Métamorphose

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Depuis 2015 je chemine à la découverte d’autres cultures et d’autres modes de vie d’abord à travers plusieurs pays étrangers puis en France. Rencontres, confrontations et réflexions élargissent ma vision du monde et développent ma conscience écologique. La pandémie du covid19, les catastrophes climatique et biologique en cours et la nécessité de mettre en place des changements de vie majeurs orientent mes décisions quant à mon futur. Je travaille aujourd’hui à la construction d’un avenir le plus résilient possible à travers l’acquisition de savoirs liés à l’éco-construction, les low tech et les plantes et en évoluant vers un mode de vie centré sur la frugalité heureuse et le vivre-ensemble

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