Carnets de voyages et récits de transition vers un avenir éthique et durable

Je m’appelle Claire Blumenfeld et je tiens Peregrinus Mundi depuis 2015. Ce site suit mon évolution dans la vie sous forme de chapitres. Les chapitres I à VI présentent principalement des récits de voyage et photographies. Le chapitre VII suit ma démarche de transition vers un mode de vie basé sur l’écologie et le bien-être à travers trois approches qui m’intéressent particulièrement, la permaculture, l’herboristerie et l’éco-construction.

Croisière sur Milford Sound
Découverte de Milford Sound, un des plus beaux fjords de la région du Fiordland.
Milford Sound, Fiordland, Île du Sud, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld
CARNET

Après un mois passé dans ma ferme laitière dans le Southland, Julie, la jeune femme de la ferme m’emmène à Te Anau dans le Fiordland pour aller voir ses parents. Jill et Alan vivent dans le petit village de Te Anau en bordure du parc national du Fiordland, situé au sud-ouest de l’île du Sud. Nous quittons la ferme, accompagnées de Isla, Carter et Chloe, lundi 5 Septembre après le repas du soir. Je ne distingue grand chose du paysage, la nuit étant tombée. Te Anau apparait vers dix heures du soir et Jill et Alan nous accueillent. Transport des enfants endormis dans leurs lits respectifs et je ne trade pas à aller me coucher également. Demain, je vais visiter Milford Sound.

Te Anau est l’endroit idéal pour aller explorer la région du Fiordland. Depuis le village, il est possible d’aller visiter une bonne partie des fjords de la région et de faire tout un tas de randonnées dont trois Great Walks (les sans-disant meilleurs randonnées de plusieurs jours de la Nouvelle-Zélande). J’avais envisagé de me contenter des randonnées, les croisières dans les fjords étant bien trop chères et trop touristiques. Mais Julie a trouvé, quelques jours avant de venir à Te Anau, une croisière sur le Milford Sound à prix réduit. 90$ à la place de 175$. Bien que cela reste encore trop cher, je me suis laissée tenter. Navette confort de seulement dix-huit places, arrêts photos, courtes balades durant le trajet, croisière de deux heures avec buffet. Et c’est le cousin de Julie qui conduit la navette. Celui-ci vient me chercher directement à la maison des parents de Julie à 8h demain matin. Touristique mais bon… lorsque l’occasion s’offre d’elle-même, parfois il faut savoir la saisir.

Le lendemain je me réveille avec un temps superbe. La vue depuis le salon est magnifique. De jolies baraques avec de grands jardins et les Murchison Mountains enneigées. Je m’habille, déjeune rapidement et Justin arrive pour me récupérer. Nous ne sommes que trois passagers. Deux jeunes Australiennes et moi. La journée va être tranquille. Justin se présente et nous explique le déroulé de la journée. Deux heures environ de trajet avec pauses photos/balades pour arriver au fjord vers 10h30. De là nous embarquons sur notre bateau à 11h pour 1h40 de croisière. Justin nous récupère ensuite vers 13h pour être de retour à Te Anau vers 15h30. C’est un peu plus court que ce que j’avais imaginé mais c’est comme cela. Nous longeons le lac Te Anau, qui a donné son nom au village et j’en prend plein les yeux. Le lac est gigantesque (344 km2) avec de nombreux bras qui s’enfoncent à travers les montagnes. La différence de température entre la nuit froide et une journée qui s’annonce chaude produit un léger voile de brume par endroits. Nous arrivons à Te Anau Downs, une grosse ferme en bordure du lac où se trouve également le point d’embarcation pour rejoindre en bateau le début du Milford Track, la plus connue des Great Walks. De là, la route quitte le lac pour s’enfoncer dans l’Eglinton Valley, superbe vallée autrefois occupée par un glacier. Elle est remplie d’une prairie aux herbes jaunes et délimitée par d’abruptes montagnes. Le lieu est couvert de brume ce matin, ce qui rend le paysage extraordinaire.

Nous faisons notre premier arrêt le long de petits lacs Mirrors pour nous dégourdir les jambes et apprécier la réflexion des Earl Mountains dans les eaux du lac. Il fait un froid de canard. La montagne Disappearing nous joue une illusion d’optique. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons la montagne semble rétrécir. Second arrêt pour une pause photo devant les eaux du Lake Gunn. L’eau parfaitement calme permet un reflet du paysage absolument incroyable. Au bout de la longue vallée nous traversons le Homer Tunnel. Ce vieux tunnel taillé dans le granite solide à nécessité vingt ans de travaux. Il mesure 1270 mètres et est à sens unique. Une vue spectaculaire sur la vallée nous attend de l’autre coté.

Petite balade d’une quarante de minutes pour aller voir The Chams, des cascades dans les eaux tumultueuses de la rivière Cleddau. Celles-ci ont sculpté depuis des milliers d’années les roches qui entourent les cascades leur donnant d’étranges formes. De retour au parking où nous attend Justin, je fais la rencontre d’un Kea, le plus gros perroquet alpin de Nouvelle-Zélande. C’est la première fois que j’en vois un sauvage. Il n’est pas farouche du tout, se baladant tranquillement entre les quelques voitures garées dans le parking. Justin nous expliquent que les Keas  sont des perroquets alpins vivant sur l’île du Sud et en voie de disparition. Ce sont des oiseaux très curieux, malicieux et qui n’ont pas appris la notion du danger que peut représenter les hommes/voitures/chiens. Généralement en groupe, ils n’hésitent pas à grimper sur les voitures, picorer le caoutchouc qui entoure les fenêtre ou farfouiller dans les sacs laissés sans surveillance. Ce qui peut poser quelques problèmes avec les nombreux touristes qui visitent le Milford Sound. (Un lien pour écouter le cri particulier des Keas).

Une quinzaine de minutes plus tard nous voila arrivés à l’entrée du fjord où se trouve un tout petit village (quelques baraques et lodges) et le centre d’embarcation. Pas un seul nuage dans le ciel. Justin nous dépose et nous embarquons sur notre bateau VIP, le Milford Sovereign avec un groupe d’une vingtaine d’asiatiques. À l’exception du groupe, le lieu n’est pas encore rempli de touristes. L’avantage de partir de Te Anau tôt le matin permet d’éviter les nombreux cars de touristes en provenance de Queenstown qui arrivent au fjord vers midi. Pour l’instant c’est encore relativement calme. Une fois embarquées sur le bateau, les deux australiennes et moi nous précipitons sur le buffet afin de manger le plus rapidement possible et de pouvoir ensuite apprécier la croisière. Différents plats (avec une majorité dans un style asiatique) nous attendent. Je pioche un peu de tout. C’est très bon et je conclue le repas par un petit pot de glace à la vanille. 

Une fois le festin avalé, je me précipite sur le pont du bateau, à l’air libre, pour apprécier le paysage. C’est absolument magnifique. Les hautes montagnes qui délimitent le fjord sont couvertes de forêts de hêtres néo-zélandais. Plusieurs cascades déversent leur torrent dans les eaux limpides. Les rayons du soleil provoquent des contrastes entre les montagnes. J’ai l’impression de me sentir dans La Communauté de l’Anneau lorsque Frodo, Sam, Aragorn traversent l’Argonath, les immenses statues taillées dans la pierre de part et d’autre du fleuve Anduin. Milford Sound, de son nom maori Piopiotahi, est un fjord d’une quinzaine de kilomètres de large avec une profondeur dépassant quatre-cent mètres. Les montagnes qui l’entourent sont de brusques parois et culminent pour le Mitre Peak à 1692m d’altitude. C’est un des endroits les plus humides de la Nouvelle-Zélande.

Nous faisons halte aux Fairy Falls, où les rayons du soleil provoquent de jolis arcs-en-ciel puis atteignons la mer Tasman où le bateau fait demi-tour. Un petit bateau de pêcheur accompagné d’une horde de mouettes passe à nos cotés. Depuis la mer, il très difficile de remarquer l’entrée du fjord. Celle-ci est cachée par les courbes du paysage. Nous repartons en sens inverse, en longeant cette fois-ci l’autre coté du fjord. Quatre Otaries à fourrure nous attendent sur Seal Rock, un caillou particulièrement bien nommé. Apparemment une maman avec des petits. Stirling Falls, la cascade la plus iconique du fjord, nous offre une douche gratuite et ravie les asiatiques. 

La fin de la croisière s’achève avec un passage à Harrison’s Cove, une jolie crique recouverte en bonne partie d’un marécage où se trouve un centre d’observation sous-marin. La dernière cascade de la croisière, Bower Falls, se trouve juste à coté du centre d’embarcation. C’est la plus jolie des trois, je trouve. Le Sovereign nous dépose à terre et je profite d’une vingtaine de minute de temps libre pour apprécier le paysage et la puissante du lieu. C’est d’une beauté absolue. Mais le calme a disparu. Les bus en provenance de Queenstown sont arrivés et environ trois cent personnes attendent pour embarquer. Pour le départ à 11h nous étions une trentaine de personnes sur le bateau. Alors que pour le départ de 13h, le Sovereign va accueillir environ 200 personnes ! J’ai bien fait d’avoir choisi la croisière du matin. Entre le temps absolument grandiose et le peu de monde présent au début, c’était très bien. Un peu plus de temps libre pour se balader dans le fjord librement aurait néanmoins été apprécié. 

Le retour se passe tranquillement. Je discute avec Justin de mon boulot dans la ferme et des enfants qu’il connaît bien. Hélas le temps se couvre un peu. Nous croisons de nouveau un Kea lors d’un arrêt photo. Retour à Eglinton Valley pour un autre arrêt photo mais la magie du matin s’est envolée. Justin me dépose à la maison des parents de Julie en fin d’après-midi où je partage mon enthousiasme et ma joie suite à la visite. La soirée se conclue tranquillement avec un couple de néo-zélandais amis de la famille, venus prendre le repas. Je m’endors, des étoiles plein les yeux et la tête bourdonnant d’envie d’explorer le reste du Fiordland. 

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25 septembre 2016

Textes et photographies par Claire Blumenfeld

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