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Longer la côte sur l’Abel Tasman Track
Trois jours et demi de randonnée le long de l’Abel Tasman National Park alternant passages en forêts côtières et plages de sable blanc.
Abel Tasman Track sur l'Île du Sud, Nouvelle-Zélande © Claire Blumenfeld
CARNET

Après être arrivée à Richmond, je rejoins Motueka, une petite ville tranquille où je laisse mon vélo et mes affaires en trop. Je me lance avec seulement mon sac à dos et ma tente pour trois jours et demi de randonnée le long de la côte. Le début de la randonnée est très beau alternant entre forêt tropicale en bord de mer. Et végétation plus sèche faite de cyprès, me faisant penser aux Alpilles, lorsque le sentier remonte sur les petites collines du bord de mer. Par moments, le trajet rejoint de petites baies ou plages couvertes de sable aux reflets dorés. Mais contrairement à ce que je pensais, l’Abel Tasman Track n’est pas du tout une randonnée “sauvage”. Les deux premiers jours sont remplis de monde sur le chemin. C’est presque une autoroute. Il y a aussi des navettes qui quadrillent en permanence la côte pour déposer et récupérer, sur les plages, des gens venus faire seulement quelques kilomètres du chemin. Des groupes de kayakers sont présents à quasiment toutes les baies et plages et le sentier traverse plusieurs petits villages touristiques accessibles seulement en bateau. Et les trois campsites où je passe mes nuits, Anchorage, Awaroa et Whariwharangi, bien que sympathiques, sont situés à coté de refuges. Il y a trop de monde et j’ai du mal à m’immerger dans la randonnée.

L’après-midi du second jour je passe trois heures sans voir personne ! Un miracle. Cela fait du bien. Juste le bruit de mes pas, le chant des oiseaux et des cigales et les odeurs. Je suis presque inquiète à l’idée de croiser quelqu’un. Le moment semble tellement parfait, comme un instant privilégié. Juste moi et la nature. Le chant des oiseaux est extraordinaire. Les Bellbirds n’arrêtent pas de chanter de leur notes mélodieuses. Et de petits Fantails volettent devant moi en poussant de petits cris. La plus belle partie du chemin, ou celle offrant les plus jolies vues se dévoile en arrivant à la baie Awaroa. Après une grosse montée dans la chaleur, la baie à marée basse se dévoile devant mes yeux.  C’est absolument splendide. Les reflets de l’eau dans l’estuaire ajoutés à la lumière de la fin d’après-midi peignent un paysage sublime.

Durant le trajet, je traverse plusieurs estuaires à marée basse. Cela a quelque chose d’excitant de pouvoir traverser là où se trouve la mer normalement. Plein de coquillages tapissent le sol et de petits crabes se baladent sur le sable mouillé. De l’eau reste est encore présente dans certaines zones à traverser et il faut donc enlever les chaussures et remonter le pantalon. J’aperçois quelques Otaries à fourrure au niveau de Separation Point et de nombreux Wekas accompagnent ma progression. Le troisième soir, un Weka très effronté essaye sans relâche de venir bouffer mes chaussures ! Ces gros oiseaux qui ne volent pas et ressemblent à de grosses poules sont très drôles à observer.

J’atteins Wainui Bay le matin du quatrième jour. C’est la fin du trajet déjà. J’ai du mal croire que j’ai déjà fini. Soixante kilomètres de parcourus. Le sentier n’était vraiment pas difficile. Je passe un long moment à observer le paysage et la mer qui miroite au soleil. Le temps fut très beau tout le long des quatre jours. Il fait encore très chaud malgré l’arrivée proche de l’Automne. La trop grande présence des touristes a un peu gâché la balade. Après plusieurs semaines tranquilles sur mon vélo, j’ai du mal à m’accommoder de la présence bruyante des autres. Heureusement, la beauté de la côte, avec son eau turquoise et ses plages blanches me console un peu et me laisse un joli souvenir. 

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Depuis 2015 je chemine à la découverte d’autres cultures et d’autres modes de vie d’abord à travers plusieurs pays étrangers puis en France. Rencontres, confrontations et réflexions élargissent ma vision du monde et développent ma conscience écologique. La pandémie du covid19, les catastrophes climatique et biologique en cours et la nécessité de mettre en place des changements de vie majeurs orientent mes décisions quant à mon futur. Je travaille aujourd’hui à la construction d’un avenir le plus résilient possible à travers l’acquisition de savoirs liés à l’éco-construction, les low tech et les plantes et en évoluant vers un mode de vie centré sur la frugalité heureuse et le vivre-ensemble

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