Valley view from Yufudake - Yufuin - © Claire Blumenfeld

Sur les traces des volcans de Kyûshû (partie 1/2)

FESTIVAL PLUVIEUX À BEPPU

La fin de mon woofing s’est déroulé très tranquillement puisque l’auberge était fermée le 23 et 24 Décembre. Le 23 au soir nous sommes allés voir comme prévu le Festival de Noël à Beppu. Hélas il pleuvait, ce qui a rendu la soirée morose. Je m’attendais à un vrai « matsuri » (festival japonais avec des parades et gens en costumes traditionnels ) mais non pas vraiment. C’était exactement la même chose qu’en France. Dans un grand centre commercial, se trouvait une scène où différents groupes défilaient en dansant et chantant. Le plus intéressant fut un groupe  interprétant des chants de Noël en utilisant des cloches de différentes tailles. Et sur le front de mer se trouvait une succession de stands vendant de la nourriture (appelés « yatai » : stand ambulant de restauration en plein air). Irasshaimase ! de tous les cotés.

Irasshaimase signifie « bienvenue » en japonais. On l’entend partout et tout le temps : à l’entrée dans un magasin, un restaurant, un hôtel, un bus, un temple… Les serveurs dans la rue faisant de la promotion pour leur restaurant ou bar ou les vendeurs de stands ambulants ou gargottes le crient en permanence pour attirer le client…

Sounds of Beppu – Festival de Noël :

 

Le feu d’artifice (tiré depuis la mer) fut sympathique mais la musique l’accompagnant gâchait un peu le spectacle. Mélange de chansons japonaises et américaines à la mode et notamment trois chansons issues de La Reine des Neiges ! J’ai trouvé qu’il y avait assez peu de monde comparé à la taille de la ville. Du monde sur le bord de mer, oui mais personne dans le reste de la ville. Les gens étaient-ils restés chez eux ?

Fireworks - Christmas Festival - Beppu - © Claire Blumenfeld

AVENTURE SUR LE YUFUDAKE

Le lendemain, veille de Noël, j’ai fait l’ascension du Yufudake, volcan culminant à 1 584 mètres d’altitude. La seule éruption du Yufudake remonte à 200 av J.C. Le cratère est bordé de deux pics : le Higashi-mine à l’Est, culminant à 1 583 mètres d’altitude et le Nishi-mine à l’Ouest, à 1 584 mètres d’altitude.

La montée était très belle avec une superbe vue sur la vallée. Feuillus et sapins dans la première moitié puis de grandes herbes jaunes dans la deuxième moitié. Il faisait chaud mais en arrivant au sommet le vent s’est levé. Le cratère était enveloppé dans la brume. L’ascension des pics entourant le cratère était assez risquée. Le chemin pour rejoindre le Nishi-mine était à pic, constitué de chaines et de cordes. Presque de l’escalade. J’ai pris le chemin « facile » menant au Higashi-mine où je me suis arrêtée pour déjeuner. Un monsieur mangeant à coté de moi regardait la carte de la région (je cherche des cartes de randonnées depuis que je suis arrivée au Japon), du coup j’ai entamé la conversion. Très sympathique, il m’a donné pas mal d’explications sur où acheter les fameuses cartes. Il était en vacances, seul et faisait l’ascension des différents volcans de la région.

Valley view from Yufudake - Yufuin - © Claire Blumenfeld

Je suis redescendue par un autre chemin qui s’est avéré beaucoup plus difficile et long que celui de l’aller ! La première partie fut une descente assez à pic avec des zones d’escalade à l’aide de chaînes et cordes ! La deuxième partie fut un long trajet dans la forêt de feuillus. Assez peu de gens passent par là, le chemin était très peu marqué. Je l’ai d’ailleurs perdu à un moment et il m’a fallu pas mal de temps pour le retrouver.

SUR LE TOIT DU MONDE AU MONT ASO

Vendredi 25 Décembre, j’ai laissé Yufuin et le Country Road derrière moi pour repartir sur les routes. Direction le Mont Aso. Culminant à 1 592 mètres au-dessus du niveau de la mer, le complexe volcanique du Mont Aso abrite le plus grand volcan du Japon et l’un des plus actifs.

Ce complexe volcanique regroupe en fait une quinzaine de cônes volcaniques au sein d’une caldeira de 25 km sur 18 km. Cette dernière contient entre autres la ville d’Aso (…). Parmi tous les cônes volcaniques, les plus grands sont le Naka-dake (1 506 mètres, le plus actif dans les temps historiques), le Taka-dake (le plus élevé, qui culmine à 1 592 mètres), le Neko-dake (1 408 mètres, estimé le plus ancien), le Kishima-dake (1 270 mètres), le Narao-dake (1 331 mètres) et le Eboshi-dake (1 337 mètres).

Wikipédia

En montant dans le bus à Yufuin, j’ai retrouvé le monsieur avec qui j’avais discuté hier ! Il allait faire l’ascension du Mont Kuju, un volcan culminant à 1 787 m, dont la dernière éruption remonte à 1995 et situé entre le Yufudake et le Mont Aso. Le trajet en bus pour rejoindre la ville d’Aso fut magnifique. Passage à travers les montagnes, sur de superbes plateaux couverts d’herbes jaunes. L’arrivée à Aso fut très impressionnante. La caldera est vraiment gigantesque. (Une caldera est une vaste dépression généralement circulaire causé par une éruption volcanique de très forte ampleur).  J’ai déposé rapidement mon sac à mon auberge et j’ai pris un bus pour monter voir les pics et le cratère du Naka-dake en activité. L’année dernière à eu lieu une éruption assez importante et depuis l’accès au bord du cratère en téléphérique est fermé. J’étais un peu déçue. Mais j’ai quand même pu aller jusqu’à la base du téléphérique, voir la fumée sortir du cratère et mettre les pieds dans la cendre. Un petit sanctuaire à coté de la station était recouvert de cendres.

Je suis ensuite allée me balader à travers le plateau. Malgré le vent fort et froid, le lieu était magnifique, entièrement recouvert des grandes herbes jaunes comme sur le Yufudake. Ce sont en fait de grandes herbes vertes en été qui jaunissent en hiver. Pour garder ces grands espaces seulement couverts d’herbes et pour éviter que la forêt ne repousse, tous les étés, les habitants brûlent les herbes afin qu’elles se renouvellent. J’avoue que je trouve cela un peu barbare de bruler la nature pour la façonner à notre image mais c’est vrai que ces grandes étendues d’herbes sont magnifiques.

Mount Aso tray overlooking the Kishima-dake and Narao-dake - Mount Aso - © Claire BlumenfeldJ’ai fait l’ascension du Kishima-dake (1270 mètres d’altitude). Un sentier fait le tour de la crete du cratère avec une vue complètement fantastique sur d’un coté la caldera en dessous et le Mont Komezuka (petit cône volcanique culminant à 900 mètres dont la forme ronde est géométriquement parfaite) et de l’autre coté le plateau avec les différents pics et le cratère fumant. Je me sentais au sommet du monde.

View of the plateau and the smoking crater of Naka-dake from Kishima-dake - Mount Aso - © Claire BlumenfeldLe lendemain j’ai repris le bus pour retourner sur le plateau. Je voulais faire l’ascension de l’Eboshi-dake (1337 mètres) avant de quitter Aso. Mais contrairement à hier, il faisait tout gris et le plateau était couvert de brume et de givre. La balade fut moins belle. Par contre, en attendant le bus qui montait au plateau, j’ai rencontré Céline, jeune française en working holidays comme moi et au Japon depuis 8 mois ! Nous avons rapidement sympathisé et avons fait la balade ensemble. Ce fut l’occasion d’échanger de nombreux détails et anecdotes. Elle a fait pas mal de woofings elle aussi et à travaillé pas mal de temps à Kyoto. Ce fut une très belle rencontre. C’est avec regrets que j’ai quitté Aso. Le lieu regorge de randonnées superbes que j’aurais bien faites avec plaisir.

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4 Comments

  • Salut Claire, les photos que tu as pris des volcans sont vraiment magnifiques ! Je trouve que ça pourrait limite ressembler à certain endroits de France !! 🙂

    • Merci Pierrot ! Les lieux étaient vraiment très beaux. Et oui effectivement ça ressemble aux volcans d’Auvergne ou à certaines randonnées en montagnes que l’on a pu faire !