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Un souffle printanier
Fin de séjour à Chamonix. Le printemps est de retour, je retrouve de l’énergie et j’en profite pour faire quelques balades.

Au bout de la Bretagne, dans le département du Finistère, Célia se réveille. Le soleil se lève sur un ciel sans nuages annonçant des températures chaudes pour la saison. Depuis des années, la Bretagne, comme le reste du monde, se réchauffe. En ce milieu du mois de septembre, le soleil inonde encore le paysage de degrés de chaleur trop chauds pour la saison. Une maison en paille, terre et bois a poussé du sol. Cela fait deux ans qu’elle pousse. Doucement mais sûrement. 

Le hasard m’a mené, sur la presqu’île de Crozon, là où habite Célia. Une presqu’île que je pensais rase, pelée, sauvage. Mais qui s’avère être la destination préférée des Brestois en weekend, la grande ville de la région à une grosse heure de route. La première partie de l’île est très bocagée et couverte de champs agricoles cultivés encore majoritairement à l’aide d’engrais chimiques. En bord de mer, la végétation se fait plus sauvage. Pins et fougères remplacent les prairies, puis roches et bruyères couvrent le haut des falaises qui délimitent la presqu’île. L’environnement se fait plus dur, plus brut, plus soumis à la puissance du vent et des vagues qui modèlent le paysage. La presqu’île est belle. Belle dans ses coins les plus sauvages. Dans sa multitude de pointes qui parsèment sa côte accidentée. Un maillage de petits villages et fermes parsèment le coin. Un mélange de bâtiments anciens et récents pour un assemblage de villages avec plus ou moins de charme. Certains comme Morgat, Camaret ou Landévennec sont magnifiques. En bordure de mer, l’un présente de jolis maisons colorés, l’autre un petit port abritant des épaves de bateaux et le dernier, abrite les ruines d’une abbaye dans un village à l’architecture préservée. 

À vélo, le tour de la presqu’île prends deux jours environ en longeant la cote. À pied, quatre jours de balade suivent le GR qui parcourt le charme tranquille de ce coin bien particulier de la Bretagne. Entourée par le dessus par la rade de Brest, par le devant par la mer d’Iroise et par le dessous par la baie de Douarnenez, la presqu’île de Crozon bénéficie d’un micro climat. Les températures varient assez peu toute l’année. Mais le réchauffement climatique et la pollution agricole n’ont pas épargné l’endroit et les plages sont envahis d’algues vertes depuis plusieurs années. Les algues vertes font parties du paysage breton mais depuis une trentaine d’années les algues se développent de façon excessive au printemps et en été et viennent s’échouer sur les plages. L’augmentation trop rapide de la croissance des algues est due à la pollution dans les cours d’eau se déversant dans la mer. Fertilisants, engrais et phosphore viennent impacter la croissance des algues. Les algues vertes posent un problème sanitaire important le long du littoral breton puisque les algues en se desséchant forment une croûte en dessous de laquelle se développe un gaz toxique, l’hydrogène sulfuré. 

Mais c’est ici qu’à choisi de s’installer Célia. Et je la comprends. Malgré la pollution agricole et le problème des algues vertes, la presqu’île de Crozon m’apparait comme un lieu propice à la mise en place d’une vie plus en lien avec la terre. Les lieux sont tranquilles et les gens semblent avoir développé une certaine culture de la communauté. Célia est une dame d’une cinquantaine d’année, Bretonne d’origine, qui a quitté Paris et son boulot il y a deux ans pour venir s’installer dans le petit village de Telgruc-sur-mer, à l’entrée de la presqu’île. Son projet consiste en l’édification d’une maison en matériaux naturels qui servira de lieu de formation sur la permaculture, l’écologie, la nature et l’alimentation quand elle sera finie. Célia a passé deux ans à participer à différents chantier participatifs et formations sur l’éco-construction avant de se lancer dans l’édification de sa maison. Encore plusieurs mois de travail et le lieu commencera à être opérationnel. Une fois la construction finie, viendra la mise en place de l’autonomie énergétique et le traitement des eaux grises. Puis ce sera au tour du potager. C’est un lieu que Célia veut frugal dans sa consommation mais riche dans ses échanges. 

En haut à gauche, La Vallée Blanche. E n bas, la grotte et le téléphérique de la Mer de Glace.

La vue sur la vallée du haut de l’Aiguille du Midi est impressionnante. C’est la deuxième fois que j’y monte. La première il faisait un temps parfait. Aujoud’hui, la vallée est recouverte d’une mer de nuages. C’est splendide. Une sorte de matelas cotonneux qui semble si doux, si attirant. Quelques skieurs traversent l’étendue blanche immense de la Vallée Blanche qui s’étend derrière moi. La vallée glaciaire à 3400 mètres d’altitude est un des lieux le plus réputé pour le ski hors piste de haute montagne. Une multitude de randonnées à ski partent de l’Aiguille. Il est notamment possible de descendre jusqu’à la Mer de Glace et rejoindre la gare du Montenvers. 

Je me perds dans la contemplation du paysage. Il ne me reste que quelques jours dans la vallée. Mon contrat touche à sa fin. Je repense à mes sept mois passés ici. Je repense aux problèmes, aux difficultés mais aussi à ce que cela m’a appris et aux découvertes. Bien des choses m’ont déçu en travaillant au Vista mais je pense que l’expérience fut néanmoins formatrice. C’est dans la difficulté que l’on apprend. Et puis cela m’a permis d’ouvrir les yeux sur plusieurs de mes comportements qu’il me faut absolument changer. Devenir une personne plus tranquille, plus détachée, moins perfectionniste et sachant faire la part des choses. Et puis il faut apprendre à toujours voir le bon coté des choses. À voir la lumière dans l’obscurité. À savoir prendre parti d’une situation pour apprendre, progresser et développer ses compétences. 

Je ne suis pas sûre de continuer dans le domaine de la restauration. Beaucoup de choses ne me plaisent pas trop (horaires en coupure, équipes de saisonniers jeunes et peu expérimentés, grosses limitations de budget, etc). Mais comme je n’ai toujours pas d’idée précise concernant mon avenir, je ne ferme pas la porte à un éventuel retour. L’avantage de la restauration, c’est sa facilité à trouver un travail dans le monde entier. Parfait pour continuer de voyager tout en gagnant de l’argent. Mais il me faut quand même me rendre à l’évidence, mes multitudes expériences en restauration que cela soit au Japon, en Nouvelle-Zélande, en Australie ou en France ne furent pas une partie de plaisir. C’est un travail épuisant, demandeur et répétitif et je ne pense pas être taillée pour cela. 

Pour l’instant j’ai décidé de repartir en voyage. Avec tout d’abord un voyage de six semaines de Juin à mi-Juillet à travers les Alpes dans quatre pays : Italie, Autriche, Suisse, France. Pour faire la traversée du Mont-Blanc, des Dolomites et de quelques uns des sommets Suisse. Je l’envisage comme une renaissance, une remise en forme physique et mentale et un retour à la création. Suivi d’un voyage de trois mois, d’Août à Octobre, en Islande, à vélo et à pied où l’idée moteur sera de se confronter mentalement et physiquement aux éléments. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve mais je sais qu’il va me falloir très bientôt choisir une voie professionnelle à suivre de façon plus régulière. Alors pour clarifier mon esprit après ces sept mois difficiles et me lancer dans la suite, je grave dans mon esprit la beauté du paysage parsemé de neige et de touches printanières qui m’entoure et je redescends dans la vallée. 

À gauche, la station de ski des Couches. À droite, la vallée de Chamonix depuis l’Aiguille du Midi.

En bas à gauche, le Glacier des Bossons et le train du Montenvers.

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Depuis 2015 je chemine à la découverte d’autres cultures et d’autres modes de vie d’abord à travers plusieurs pays étrangers puis en France. Rencontres, confrontations et réflexions élargissent ma vision du monde et développent ma conscience écologique. La pandémie du covid19, les catastrophes climatique et biologique en cours et la nécessité de mettre en place des changements de vie majeurs orientent mes décisions quant à mon futur. Je travaille aujourd’hui à la construction d’un avenir le plus résilient possible à travers l’acquisition de savoirs liés à l’éco-construction, les low tech et les plantes et en évoluant vers un mode de vie centré sur la frugalité heureuse et le vivre-ensemble

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