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Observer les Flamants
Premier jour sur la trace des Flamants Roses de la Camargue.
Flamants roses en Camargue, France © Claire B. - Merci de ne pas utiliser sans autorisation

Premier jour en Camargue. Cela doit bien faire une douzaine d’années que je ne suis pas revenue. On allait souvent se balader dans le coin les premières années après que mes parents se soient installés à Beaucaire en 2005, à une trentaine de kilomètres de là. Par la suite j’ai quitté la région pour mes études et je suis partie à l’étranger. Donc aujourd’hui c’est une re-decouverte. En traversant la frontière imaginaire marquant les limites du parc, j’ai l’impression de me retrouver tout de suite dans un lieu un peu différent. Les roseaux entourent les champs, le rythme de vie se fait plus tranquille, les zones humides s’étalent à perte de vue et les oiseaux se font plus présents. En cherchant un sujet de recherche sur la faune sauvage il y a quelques mois alors que je rentrais d’Islande, j’ai tout de suite pensé à la Camargue. Cette grande réserve naturelle sur le trajet des oiseaux migrateurs, dont les Flamants roses à quelques pas de chez mes parents. Je n’ai pas hésité. Et me voilà donc lancée sur la trace des Flamants roses vivant en Camargue.

En regardant sur le site du Parc Régional Naturel de Camargue les endroits où observer les oiseaux, le marais du Vigueirat est apparu en début de liste. J’ai donc décidé d’aller y faire un tour aujourd’hui mi-novembre. Il y a quelques nuages dans le ciel mais le temps est beau. Une minuscule route remplie de trous suit un petit canal pendant une éternité s’enfonçant entre les marais. Au bout, un petit parking au milieu de nul part. L’entrée du marais est payante, c’est une réserve privée. Cela me freine un peu mais je me dis que puisque que je suis là autant aller y faire un tour. Il n’y a pas grand chose dans la réserve. Quelques canards cancanent sur un petit étang, j’aperçois un héron au loin mais absolument pas de Flamants roses. Beaucoup d’oiseaux migrateurs ont déjà quitté les lieux. Je fais le tour du marais, marchant au milieu des roseaux qui crissent sous les rafales de vent. Au moins il y a des libellules. Elles volettent autour de moi, leurs ailes battant à toute vitesse. L’une d’entre elles se pose sur une petite rambarde en bois. Elle semble machouiller quelque chose, sa petite bouche s’ouvrant et se fermant rapidement. Qu’a t’elle attrapé ? Un moucheron ? Un moustique ? C’est la première fois que je vois cela. Ses gros yeux semblent fixés sur moi. Je l’observe pendant un long moment avant de continuer mon chemin. Où sont donc passé les oiseaux ? 

Un peu déçue je quitte la réserve pour me rendre au coeur de la Camargue, à coté de l’étang du Fangassier. C’est là qu’une grosse partie de la colonie de Flamants roses vivant en Camargue se reproduit depuis plusieurs années. La nidification n’a lieu qu’en Avril, je ne risque pas d’apercevoir de nids. En ce moment, c’est la fin de l’Automne et les oiseaux vont bientôt commencer leurs parades nuptiales. Cette zone de la Camargue est remplie d’étangs en bordure de la mer et est protégée par une digue construite en 1859. Cela remonte ! Une petite piste court dessus et je distingue au loin le Phare de la Gacholle. De nouveau pas de traces de Flamants roses. Ma première journée de recherche va t’elle être infructueuse ? Je décide d’aller me balader sur la digue afin de rejoindre le phare. Autour de la digue s’étalent les marais d’eau douce et les sansouires. Salicornes, saladelles, tamaris composent la majorité de la végétation. La lumière est très belle, c’est la fin d’après-midi. Au loin je distingue des centaines de petits points blancs qui cancanent sur une étendue d’eau luisant au soleil. Des mouettes ou des sternes peut-être. Il me semble distinguer un groupe de cygnes également. Pas une variation d’altitude ici, tout est plat. J’ai l’impression de mettre une éternité pour approcher du phare. Un groupe d’oiseaux aux reflets roses gambadent dans un petit étang sur le bord de la digue. Enfin ! Quelques Flamants roses. Ils sont loin, je ne les distingue pas très bien. Je n’ai pas de téléobjectif et je dois me contenter du zoom de mon appareil photo. Tant pis, je fais avec ce que j’ai. Ils ne me paraissent pas encore très roses. Une dizaine d’individus qui fouillent l’eau de leur long cou. Je continue sur la digue pour rejoindre le phare avant que la lumière se mette à tomber. Il y a plein de petites chenilles pâles tachetées de points noirs qui traversent la piste. Elles avancent tranquillement indifférentes aux dangers qui les guettent. Un groupe de cyclistes passe et manque d’envoyer au paradis la petite chenille que j’observais quelques secondes auparavant. Pfiou, elle l’a échappé belle ! De tous petits poissons s’agitent dans un canal. Des hérons cendrés et des aigrettes se posent dans les buissons et salicornes mais ils s’envolent à mon approche. 

Au Phare, une nuée de moustiques m’attaque me signalant l’arrivée de la soirée. En été la Camargue est remplie de moustiques rendant la vie difficile aux habitants et touristes. Encore maintenant, avec les pluies automnales, les petits buveurs de sang envahissent les marais au lever et coucher du soleil. Je suis un peu fatiguée mais il me faut faire demi-tour et faire les cinq kilomètres en sens inverse. C’est long. C’est plat et monotone et la nuit tombe. J’ai mal aux pieds. Dans la pénombre, je distingue la dizaine de Flamants dans l’étang toujours en train de caqueter. L’arrivée de la nuit ne semble pas les empêcher de fouiller la vase à la recherche de proies. Je me demande où est le reste de la colonie, une dizaine d’oiseaux, ça ne fait pas beaucoup. Comment vais-je faire pour les observer de près? 

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Depuis 2015 je chemine à la découverte d’autres cultures et d’autres modes de vie d’abord à travers plusieurs pays étrangers puis en France. Rencontres, confrontations et réflexions élargissent ma vision du monde et développent ma conscience écologique. La pandémie du covid19, les catastrophes climatique et biologique en cours et la nécessité de mettre en place des changements de vie majeurs orientent mes décisions quant à mon futur. Je travaille aujourd’hui à la construction d’un avenir le plus résilient possible à travers l’acquisition de savoirs liés à l’éco-construction, les low tech et les plantes et en évoluant vers un mode de vie centré sur la frugalité heureuse et le vivre-ensemble

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