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Changements à venir
La fin du confinement se profile et je retourne en Provence des questions plein la tête.
Chamonix, France © Claire B. - Merci de ne pas utiliser sans autorisation

Les jours passent, un à un, semblables et différents. Ma chambre est un cocon et une prison. Une sorte de lassitude traine dans l’air. Je suis lasse de cette vie étrange, à moitié cloitrée dans un minuscule recoin d’un hôtel presque vide. Les employés de l’hotel s’en vont les uns après les autres. Mais la nature est belle. Elle est vibrante de couleurs, d’odeurs et de sons. C’est le printemps. Le printemps calme et enivrant que j’accueille avec joie loin des bruits éteints de la civilisation. Cet instant suspendu, ces mois au ralenti sont une bénédiction pour observer la terre, se reconnecter à la nature. J’essaye de me libérer de l’emprise de l’informatique, de l’écran-dieux, de l’internet tout-puissant. Mais je n’y arrive pas vraiment. Entre balades dans la vallée, travail sur mon site et repas cuits sur un réchaud de camping, je regarde des documentaires sur l’environnement et le monde. Puis sur l’agriculture intensive et ses ravages. Puis sur le business des semences, sur notre rapport perverti au temps et aux animaux, sur les alternatives et les mouvements de transition. Je découvre tout cela en quelques semaines. Un glissement s’opère de façon rapide et lent à la fois. Un changement dont je ne comprends pas encore les conséquences. 

Début Mai, l’université de Bristol me contacte pour m’informer que je suis sélectionnée pour participer à un entretien skype avec le directeur de la formation Wildlife filmmaking à laquelle j’ai postulé en février dernier. Euphorie, angoisse et doutes se battent dans mon esprit. L’entretien se déroule de façon intéressante et chaleureuse et me voilà de nouveau laissée dans le noir à attendre les réponses. Il faut attendre début Juin. Quelques jours plus tard, une bonne partie de la France sort du confinement. Le 11 mai, nous re-voila des êtres humains libres. Le virus n’a pas disparu mais le taux de malades s’est stabilisé et les hôpitaux ont désemplit. D’un jour à l’autre, les rues de Chamonix se remplissent de monde. Mais où étaient-ils donc durant ces deux mois ? Tous ces gens ? Calfeutrés derrière les murs de leur maison ? Comme de bons petits moutons. Le MacDo du coin de la rue commerçante ré-ouvre ses portes pour de la vente à emporter et le petit parc à coté de l’hotel se retrouve de nouveau couvert de détritus. Deux mois de tranquillité et de propreté. Que quelques heures auront suffi à balayer. 

L’hotel Mercure où je « travaille » et vis, ne ré-ouvrira pas ces portes cet été. La décision est tombé mi-mai. De tous les hotels du groupe Best Mont-Blanc, c’est le seul à rester fermer. Les autres vont devoir s’adapter aux conditions sanitaires mises en place et à la baisse de clients mais leurs portes seront ouvertes. Mais le Mercure est vieillot et la directrice a décidé de mettre les voiles. Alors l’hotel va rester fermer pour faire des travaux jusqu’à la fin de l’année 2020. Pendant plusieurs jours je me démène pour essayer de trouver un emploi dans les autres hotels du groupe. Du travail pour les deux mois de l’été pour continuer d’épargner en vue de ma possible année à Bristol qui coûte chère. Mais la priorité est aux CDI. Ils faut d’abord les placer. Les miettes restantes, s’il y en a, reviendront aux autres. Aux CDD, aux saisonniers, au personnel fragile et sacrifiable. Mais il n’y en a pas. Alors je ne force pas. Quelque chose me moi semble me chuchoter que cela n’est pas la peine. 

Début Juin, je quitte Chamonix pour m’en retourner en Provence. Je quitte les montagnes encore fraiches pour la chaleur trop chaude du sud de la France. Je quitte Chamonix pour la deuxième fois sans avoir réussi à y faire tout ce que je voulais. Quel étrange début d’année 2020 ! En quelques mois toutes mes prévisions, perspectives et projets d’avenir ont été balayés. Comme quoi passer des heures à faire des projets sur la comète se révèle souvent futile. Il fait déjà chaud à Beaucaire, là où vivent mes parents. L’été va être long à supporter. Mais il me faut attendre. Attendre la réponse de Bristol qui tarde à venir. On est déjà mi-Juin et toujours aucune réponse. Un étrange sentiment plane dans mon esprit. En Angleterre, la situation est moins belle qu’en France et les gens sont encore confinés. Le coronavirus et la crise économique et sociétale qu’il va provoquer vont t’ils renverser complètement mon avenir ? Alors je continue de me documenter sur ces mouvements de transition, ces autres façons de vivre et de travailler, ces mouvements tendant vers l’autonomie, le partage et la solidarité qui semblent prendre tout leur sens actuellement. Je continue de cultiver la petite graine qui est en train d’éclore à l’intérieur de moi et qui me pousse vers un autre avenir. 

La vallée de Chamonix fin mai. La neige est encore présente sur les hauteurs mais les arbres sont tout vert. Une fois sorti du confinement, les chemins de randonnée se sont un peu remplis mais passé 1500m les lieux étaient encore tranquilles.

Vous suivez le Chapitre 6 : Un pas vers l’avenir

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Cheminement d’une vie à la recherche de sens

Comment se construire un avenir dans une époque de grands bouleversements ?
Depuis 2015 je chemine à la découverte d’autres cultures et d’autres modes de vie d’abord à travers plusieurs pays étrangers puis en France. Rencontres, confrontations et réflexions élargissent ma vision du monde et développent ma conscience écologique. La pandémie du covid19, les catastrophes climatique et biologique en cours et la nécessité de mettre en place des changements de vie majeurs orientent mes décisions quant à mon futur. Je travaille aujourd’hui à la construction d’un avenir le plus résilient possible à travers l’acquisition de savoirs liés à l’éco-construction, les low tech et les plantes et en évoluant vers un mode de vie centré sur la frugalité heureuse et le vivre-ensemble

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