Chamonix - France - © Claire Blumenfeld

Le trou noir

J’ai cru que j’allais mieux. J’ai cru que j’allais m’en sortir. Réussir à laisser derrière moi ce sentiment de malaise, cette impression permanente d’échec. Mais la vie suit son propre courant. Et les dernières résistances qui retenaient l’épée de Damoclès suspendue au dessus de ma tête depuis plusieurs années se sont brisées.

J’ai eu l’impression de tomber dans un trou noir. La vie était sombre, ma créativité éteinte, ma motivation enfuie, mon corps malade. Abandonnée à la dépression. J’ai passée trois mois, de mi-Décembre à mi-Mars sans envie de rien.

Venir travailler à l’hôtel Alpina à Chamonix était une bonne décision. Tout en étant une mauvaise décision. En Octobre dernier lorsque j’ai commencé je me suis rapidement rendue compte que le lieu ne serait pas l’expérience que j’avais souhaité. Organisation catastrophique, équipe trop petite et inexpérimentée, ambiance de travail toxique, valeurs de l’entreprise en désaccord avec les miennes, rythme de travail ne me convenant plus, etc. Mais je suis restée. Je suis restée pour me battre contre la petite voix dans ma tête qui me soufflait que je m’étais trompée en quittant l’Australie. Je suis restée pour me battre, pour accomplir mes sept mois de travail, pour profiter de Chamonix Mont-Blanc, pour essayer de grandir et de changer. Cela était-il naif ?

La période des fêtes n’a pas été facile. Les vacances de Février n’ont pas été faciles. Cela m’a conduit au trou noir. Et ce fut la fin de quelque chose. La fin d’une illusion. Mais toute fin conduit à un nouveau début.

J’ai commencé écrire. À écrire sur ma dépression. À essayer de la comprendre. Je ne suis pas une experte, loin de là. Mais je pense que j’ai compris certaines choses. Notamment sur moi et mes envies. Et sur la voie que je veux suivre. Apparemment il faut souffrir pour s’en sortir. Cela fait dix ans que je souffre, il est temps que je m’en sorte. Je veux m’en sortir. Remues-toi et dégages toi de tous ces poids morts qui te retiennent ! Pourquoi est il si difficile de changer ? De se changer ? Pourquoi l’égo tient il si ardemment à toutes ces habitudes toxiques ? Pourquoi suis-je comme je suis ?

Alors voila. Dans la souffrance est né quelque chose. Vers la mi-Mars, à force de réfléchir sur mon avenir, ma dépression et mon projet Peregrinus Mundi, sur ce que je voulais en faire de tout ça, j’ai vu apparaître une petite lueur. D’un seul coup je suis tombée sur une idée. Une idée là si belle, si simple qui semblait m’attendre. Une idée qui, peut-être, avait toujours était là. Mais que je n’avais jamais vu. Et la créativité est revenue.

Fin Mars j’ai entièrement repensé mon site web Peregrinus Mundi pour en faire autre chose qu’un simple blog. Peregrinus Mundi est désormais un support. Un support vers le changement, l’avenir et toutes les possibilités qui me sont offertes. J’ai juste à ouvrir les yeux.

Malgré la difficulté de cette période dépressive, je pense que ce fut la meilleure chose qui ai pu m’arriver. Venir travailler à l’Alpina n’avait peut-être pas pour but de me faire persévérer dans la restauration. Le but était peut-être de me faire comprendre mes besoins et de me mettre enfin sur la voie que je poursuis inconsciemment depuis cinq-six ans. Celle dont je parle presque dans tous mes articles désormais. Centrée sur le bien-être, la créativité et la nature. Ou bien le but n’a pas d’importance. Et seul le chemin a de l’intérêt.

La dépression n’a pas disparu. Loin de là. Je ne suis pas non plus engloutie dans les idées noires et le mal-être. Je continue de réfléchir. Et je me remets à créer. C’est un projet en cours. Au long cours. Les réponses sont là. Je n’ai plus qu’à les trouver.

Chamonix - France - © Claire Blumenfeld
Chamonix - France - © Claire Blumenfeld
Chamonix - France - © Claire Blumenfeld

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