Pouakai Hut - Mangorei Track - New Plymouth - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Déceptions à New Plymouth

Map of New Zealand - Outline by FreeVectorMaps.com

Départ de Waitomo pour rejoindre New Plymouth cette fois-ci sur la côte Ouest. Le trajet en bus parmi les collines et prairies est magnifique mais tourne un peu trop au goût de mon estomac. Les maori s’installent dans la région Taranaki où se trouve New Plymouth à partir du 13ème siècle suivi par les britanniques au début du 19ème siècle.  Bien sûr cela ne se fera pas sans heurts et de nombreuses guerres éclateront pendant toute la deuxième moitié du 19ème siècle. À quelques km de New Plymouth apparait, majestueux dans le lointain, le Taranaki. Le mont Taranaki ou Mont Egmont (yep, il possède deux noms), est un volcan solitaire avec un cône presque parfait et potentiellement dangereux. Il est surnommé le Mont Fuji de la Nouvelle-Zélande et je peux dire, qu’après avoir vu les deux, la ressemblance est frappante (si ce n’est que le Fuji-san est plus élevé). Une légende maori explique d’une façon très poétique pourquoi le Taranaki est un volcan solitaire :

« Selon une légende māori, le dieu Te Maunga o Taranaki (en français « le mont Taranaki ») vivait autrefois dans le centre de l’île du Nord avec les autres dieux TongariroRuapehu et Ngauruhoe qui étaient tous amoureux de la déesse Pihanga. Taranaki décida alors de faire des avances à Pihanga ce qui mécontenta Tongariro qui laissa exploser sa colère, secouant les fondations de la Terre et obscurcissant le ciel. Une fois calmé, Tongariro était devenu plus petit mais s’était rapproché de Pihanga. Dépité et en pleurs, Taranaki décida de quitter la région : il traversa la Rivière Whanganui, se dirigea vers le nord après avoir rejoint l’océan et s’endormit. À son réveil, le Mont Pouakai était né et l’avait emprisonné à son emplacement actuel. D’autres légendes māori racontent que Taranaki rencontrera un jour Pihanga et qu’il est par conséquent imprudent de vivre entre les deux montagnes. Les Māori racontent aussi que lorsque le mont Taranaki est recouvert de brume et de pluie, c’est Taranaki qui pleure d’avoir perdu Pihanga. » – Wikipedia

Je débarque par un temps magnifique et presque trop chaud pour la saison. Je rejoins mon auberge située à pied à une bonne quarantaine de minutes du centre. Pas de tout repos, surtout avec mes sacs à dos. Heureusement je tombe sur la propriétaire de l’auberge arrêtée à une station-service sur la route qui me propose de me déposer ! Avec grand plaisir ! Débarrassée de mes affaires, je sors faire le tour de la ville. J’aperçois le Taranaki magnifique en arrière-plan et comme une idiote je me dis que rien ne presse pour les photos. Que je pourrais en prendre demain quand j’aurais un meilleur point de vue (erreur fatale ! Vous découvrirez plus bas dans l’article pourquoi).

Visite du Pukekura Park, très agréable avec de joli petits ponts d’influence asiatique et passage au Brooklands zoo. Situé en bout du parc, le tout petit zoo est gratuit et abrite une très belle sélection d’oiseaux colorés ainsi que des animaux de basse-cour et des singes dont une petite famille de Tamarin à crête blanche. Ceux-ci sont tout petits et tout mignons mais ont l’air d’avoir grandement froid. Ma partie préférée reste la traversée à l’intérieur de la volière. De superbes perroquets et perruches m’accueillent sous une avalanche de cris sonores dont un Grand Éclectus superbe dans sa robe verte et son bec orangée qui se prend pour un chat !

Sounds of New Zealand – Brooklands zoo :

 

 

Mais le clou du spectacle m’attire soudain l’oeil alors que je photographie les perroquets : un superbe Faisan d’Amherst se balade tranquillement à quelques centimètres de moi ! La couleur de ses plumes est extraordinaire et je ne vous parle pas des motifs et de sa colorette absolument fascinante ! Autant dire que je lui tire le portrait sans attendre. J’ai déjà vu des faisans en France mais c’est la première fois que j’en vois un aussi beau.

Amherst's ‪Pheasant‬ - Brooklands zoo - New Plymouth - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Je retourne ensuite dans le centre de New Plymouth pour aller faire un tour sur la côte mais il commence déjà à faire nuit. Passage par l’i-site mais celui-ci vient de fermer. Bon. Je reste un moment à l’extérieur afin du profiter du wifi gratuit, celui de l’auberge étant limité. Alors que je commence à me peler les miches dans la nuit qui tombe, j’entends quelqu’un m’interpeler. C’est Pauline ! La française que j’ai rencontré à Rotorua ! Quelle surprise ! Du coup on s’échange nos nouvelles respectives (visite de Taupo et extraordinaire saut en parachute pour elle et visites géniales des grottes de Waitomo Caves pour moi). Comme elle possède une voiture, on s’organise pour le lendemain, une randonnée sur le Mont Taranaki.

Mangorei Track dans le brouillard

Je retrouve Pauline le lendemain de bonne heure sous un temps couvert. Pas de Taranaki à l’horizon, ça commence mal. C’est même une pluie torrentielle qui s’abat sur nous pendant que nous roulons pour rejoindre le début de notre balade. La météo est vraiment pas fiable dans la région…  Départ sous la pluie pour une ascension d’environ deux heures dans le bush afin de rejoindre la Pouakai Hut. De là, il faut une dizaine de minutes pour rejoindre le plateau Pouakai et soit-disant avoir une superbe vue par delà le marais Ahukawakaw, du volcan Taranaki. Vue la météo, j’ai comme qui dirait l’impression que coté photos ça va être un flop.

Au moins l’ascension est jolie, dans une superbe forêt à la végétation luxuriante et remplie de mousses d’un vert fabuleux. Deux heures plus tard, nous arrivons complètement trempées et dans le brouillard à la Pouakai Hut. Ne perdons pas espoir, ça peut encore se dégager. Déjeuner à l’intérieur, rapidement refroidies (froid et pluie, c’est pas la meilleur combinaison possible) et discussion avec un Allemand lui aussi déçu par le temps.

 

Pouakai Hut - Mangorei Track - New Plymouth - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Au bout du heure, nous repartons, le froid se faisant trop sentir pour pouvoir rester dans la hutte. Au moins il s’est arrêté de pleuvoir. Par contre un brouillard très épais nous entoure. On ne distingue pas à 5 mètres. Pauline et moi montons quand même sur le plateau au dessus de la hutte pour essayer de distinguer quelques chose mais c’est peine perdue. On n’y voit absolument rien. On devine le marais Ahukawakaw devant nous puisque le sol s’incline pour former apparement une cavité mais du Mont Taranaki, aucune trace ! Celui-ci à disparu ! Nous regardons dans la bonne direction mais il est complètement invisible. Grosse déception. Je vous mets une photo de ce qu’on aurait du voir et vous allez comprendre ma peine :

 

Grandement déçues et pestant contre la météo, nous redescendons en nous racontant des anecdotes sur nos vies personnelles. Au moins, on aura bien discuté pendant cette balade. De retour en bas, c’est le soleil qui nous accueille ! Quel plaisir de sentir la chaleur des rayons. Par contre le Mont Taranaki est toujours dans la brume.  Apparemment il a décidé de s’isoler un moment.

Nautilus et Kokako

Nous retournons à l’i-site se trouvant à l’intérieur du centre Puke Ariki abritant également une bibliothèque et un musée. Traitement des mails, de l’actualité et des quelques photos de la journée puis nous partons faire le tour du musée. Une exposition temporaire est consacrée à Vingt mille lieues sous les mers, le roman de Jules Verne, que je suis actuellement en train de lire ! La coincidence est assez incroyable ! Une reconstitution du Nautilus permet de s’immerger dans l’univers et je prends un grand plaisir à me balader dans les coursives, les descriptions de livre toutes fraiches dans mon esprit.

 

Kiwis - Puke Ariki - New Plymouth - New Zealand - © Claire Blumenfeld

 

Par By J. G. Keulemans, in W.L. Buller's A History of the Birds of New Zealand. 2nd edition. Published 1888. [Public domain], via Wikimedia Commons
Par By J. G. Keulemans, in W.L. Buller’s A History of the Birds of New Zealand. 2nd edition. Published 1888. [Public domain], via Wikimedia Commons.
Le premier étage du musée est consacré à l’histoire de la région, très intéressant et très fourni et le deuxième étage à la faune, flore et géologie. Comme d’habitude, ma partie favorite est celle sur les oiseaux. Plus j’en apprends sur eux et plus je les trouve fascinants. Un petit film raconte même l’histoire du magnifique oiseau Kokako, en danger critique. Il possède un chant extraordinaire ressemblant à des notes d’orgues et des bajoues de couleur bleues. Décimé par les animaux appelés en NZ « pest animals » tel que les rats, possums, hermines, la population de Kokako fut réduite il y a une dizaine d’années à un seul oiseau ! Appelé Tamanui, celui-ci fut intégré dans un programme de conservation afin de sauver l’espèce de l’extinction. Il existe aujourd’hui une centaine d’oiseaux en liberté répartis dans des sanctuaires protégés des prédateurs.

Balade sur la Coastal Walkway

Nous nous retrouvons Pauline et moi, de nouveau le lendemain pour aller nous balader le long de la Coastal Walkway. Un chemin de 12,7 kilomètres longeant le bord de mer. Nous débutons par le Paritutu Rock, un cône d’une centaine de mètres de haut, restes d’un des premiers volcans à être apparu dans la région. Il fait un vent de folie et le temps est gris. Deux papys nous préviennent que la montée est dure mais sans dangers. Mon dieu, ils sont fous ces Kiwis ! C’est probablement la montée la plus dangereuse que j’ai jamais faite !! 100m d’ascension extrêmement raide avec une deuxième moitié à l’aide de chaines !! Pauline et moi ne sommes pas allées jusqu’en haut. Beaucoup trop dangereux ! La taille du sentier est ridicule, c’est la pente raide des deux cotés et le vent risquait de nous faire basculer à tout moment. Une jeune Allemande qui faisait l’ascension en même temps que nous a elle aussi abandonné. Complètement hallucinées par la dangerosité de la balade en libre accès (impossible que quelqu’un ne soit pas déjà mort en faisant l’ascension) et rigolant de l’expérience, Pauline et moi mettons ensuite le cap sur la côte.

Climbing Paritutu Rock with Pauline - New Plymouth - New Zealand - © Claire Blumenfeld

 

Rien de bien spécial à vous dire sur cette Coastal Walkway, si ce n’est qu’elle est bien moins impressionnante que ce que les brochures en disent. Et avec de nouveau un temps gris, ça ne risque pas d’arranger les choses. Je désespère d’apercevoir de nouveau le Taranaki dans le lointain mais le mont est complètement invisible dans la brume et les nuages. Décidément, j’ai fait une erreur monumentale en ne le prenant pas en photo alors qu’il faisait un temps magnifique le jour où je suis arrivée. Enfin avec de la chance, je pourrais enfin l’apercevoir demain matin avant de quitter New Plymouth. L’espoir fait vivre.

 

Coastal Walkway - New Plymouth - New Zealand - © Claire Blumenfeld

Le lendemain je quitte New Plymouth sous un temps gris et pluvieux sans avoir réussi à prendre une seule photo du Taranaki. Décidément cette visite à New Plymouth fut pleines de déceptions. Heureusement que Pauline était là. Elle est d’ailleurs restée trois jours de plus à New Plymouth et m’a dit par la suite que le Taranaki était resté entièrement invisible.

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