12.

Questions cycliques

Traces compagnonnes

Mois de Mars-Avril 2026.

Gratitude pour les questions de fond qui nous remuent.

Réfection d’un ouvrage castor mimétique

Animation de chantier de plantation chez Anne

En quête de sens

> Claire

En ces mois de Mars-Avril, le rythme s’accélère à la pépinière. Le végétal sent le Printemps et notre temps se compresse. On court d’une tâche à l’autre pour essayer de tout accomplir. Multiplier, bouturer, semer. Greffer les arbustes. Faire la chasse aux adventices. Retaper des ouvrages-castors. Densifier le Jardin-forêt. Tailler au Jardin des Vignes. Bricoler sur mille petits chantiers en cours. Suivre des cours de botanique. Répondre aux mails. Semer dans les parcelles d’expérimentation de Graine d’Avenir. S’organiser pour les Foires à venir. Réfléchir aux chantiers participatifs de l’été. Essayer de garder des temps de connexion au Vivant. Discuter des besoins du collectif. Aller faire des chantiers de plantation chez des gens. Préparer les commandes. Faire les réunions de l’Asso. Le rythme court et la sensation de perte de sens réapparaît.

Presqu’au même moment que l’année dernière les mêmes observations, les mêmes ressentis, les mêmes doutes ressortent. Pourquoi est-ce qu’on court dans tous les sens ? Où est notre objectif de production ? Pourquoi on est si peu productifs ? Pourquoi manque t’on de compréhension sur les processus ? Des questions de fond nous remuent et viennent mettre en évidence un problème de structuration déjà présent l’année dernière. Et même si François et moi avons travaillé durant l’hiver à clarifier le planning, à créer des documents de travail, à structurer, tout ce sur quoi nous n’avons pas encore eu le temps d’y consacrer du temps nous revient en pleine figure. 

Je me questionne sur mon travail. Sur le fait que je passe la majorité de mon temps derrière l’ordi plutôt qu’à avoir les mains dans la terre. Je me questionne sur le modèle économique. Sur comment rendre le compagnonnage pérenne. Je me questionne sur la structuration. Sur l’évidence de la où ça coince et sur ce qui nous manque. Je me questionne sur mon rythme. Sur mon implication au sein du projet et à tout ce que cela me pompe comme énergie. Je me questionne sur ce que je fais là. Sur ce que je fais versus ce que je voudrais faire. La bateau tangue. La mer est agitée. J’ai la sensation de perdre pied. Un malaise qui me remonte de l’estomac. J’essaye de regarder l’horizon mais le ciel est tombé au ras de l’océan. Alors je m’assois sur le ponton et je ferme les yeux. Je dépose mes attentes, mes envies, mes déceptions, ma fatigue et je me concentre sur le centre du monde à l’intérieur de moi. 

Sortir

> Basile

Sortir des cartes et des sentiers
Courrir à l’opposé des chemin indiquées
Fouler la terre plus vite que ces jambes
Trébucher,
Passer du macro flou au micro inconnu
Se déshabiller des croyances
Cesser de comprendre pour ressentir
Vétir l’émerveillement
Racine et sève de l’enfance
Laisser emporter l’esprit par le mistral
S’émerveiller des formes mouvantes
Des paysages piétinés
Frotter les poils de son nez à ceux du gaillet
Voir avec le ventre, gouter avec les doigts, sentir avec les pieds
Frémissement des mithocondries au rythme des feuilles

> Basile

À part tenir?

> Léa

Appartenir
à une maison
une tribu
être au milieu des choses 
avec son espace
pouvoir rejoindre
à tout moment
pouvoir être avec ce qui est
à tout moment
un cocon
pour atterrir 
ne pas forcer
dérouler tout en douceur 
dans l’intimité de la lenteur
et de la tendresse
les process
ont aussi besoin d’obscurité 
pour se déployer 
tout en sachant 
que l’on sera vu
dans son authenticité 
parce que l’on aura pris soin
d’appartenir

Le récit d’êtres vivants

> Eva

Être parmi les Vivants
Vivre et jouer
À être en mouvement
Observer sans savoir
Ce moment s’arrête
Presque mais juste
Ralentir
Pour
Mieux sentir

> Alex

« L’unité de vie fondamentale des dauphins rayées (Stenella coeruleoalba) est le « banc », qui se dit en anglais: school, l’école. Ces écoles de dauphins sont des structures organisées pour l’apprentissage, le nourrissage et la survie inter et intragénérationnelle. […] Et si « l’école » telle que nous la pensons, était l’échelle à laquelle nous pouvions prendre soin les un·es des autres et évoluer ensemble ? »

– Extrait de « Non-noyées, Leçons féministes Noires apprises auprès des mammifères marines » par Alexis Pauline Gumbs

Apprendre par l’immersion

> Claire

Le groupe a parlé. Pour faire face aux oscillations périodiques il a choisi de ralentir sur la production et les activités et de consacrer une majorité de son temps à réfléchir. Ralentir pour se poser les bonnes questions. Comment créer un modèle économique pérenne ? Comment améliorer les processus ? Comment définir notre palette végétale ? Comment structurer le projet ? Les discussions avec les compagnon·nes et les autres membres de l’asso alimentent ma réflexion. Feutre, feuille et ma main qui synthétise, qui trace des liens, des chiffres, des besoins. 

Le processus n’est pas très efficace. On parle beaucoup. On se répète. On pars dans un sens puis dans l’autre. On oublie de prioriser, phaser et poser des actions concrètes. On avance par à-coups. Je me sens agacée. Mais de ce mélange sort de la compréhension. Du temps pour l’observation. Et surtout de l’apprentissage. Ce n’est pas du temps perdu. C’est du temps de formation. Je suis, tout autant que le groupe, en train de me former. Par l’immersion. Par la confrontation au réel.

Mi-Avril, c’est notre première foire. Sérignan du Comtat, une grande foire aux plants rares très connue. Je mets toute mon énergie sur la préparation, pour que cela se déroule crème. Et on fait un super weekend. Notre stand est beau, on vends pas mal de plantes, les gens sont intéressés par la démarche d’être pépinière-école, on récupère des contacts, on s’amuse, on visite et on apprend. Beaucoup. Quelle joie d’observer l’équipe prendre de l’assurance. Quelle joie de voir nos affiches attirer du monde. Quelle joie de voir et vivre une action concrète organisée, formatrice et financièrement intéressante.   

En cette fin avril, je me sens à un moment charnière. Ce projet qu’est l’Asso des Alvéoles et le programme de compagnonnage qui en est au coeur, ce projet, je le vois grandir. Sur le terrain des Alvéoles, nous sommes en train de grandir.

Foire aux plants rares de Serignan du Comtat

création des contenus

Les Traces Compagnonnes est un projet de carnet de bord axé sur le sensible réalisé par Claire Blumenfeld.
Avec la participation en 2025 de Tentaculoutre.
Et Léa, Éva, Alex et Basile en 2026.
Dans le cadre du programme Les Compagnon·nes du Vivant
Sur le site de L’Asso des Alvéoles, 26400 Cobonne 
 
Copyright © 2025 – 2026
Tous droits réservés
Merci de ne pas utiliser les contenus sans autorisations

Février 2025

Immersion et début du compagnonnage aux Alvéoles. 

Mars 2025

Entre l’Hiver et le Printemps. Entre questionnements et ressentis.

Avril 2025

Être en recherche d’un rapport corporel sensible au Vivant et faire du vide pour retrouver du sens.

Mai 2025

Relations sensibles, expériences immersives, séjour Erasmus+, parler d’autres langages.

Juin 2025

Voyager au coeur du Vivant, être aligné·e, échanger sur des designs et vibrer intensément.

Juillet et Août 2025

Faire le plein d’échanges avec le Réseau Conseiller·ères et les CCP, s’investir dans l’écosystème Alvéoles, ressentir le Vivant et pondre une surprise musicale !

Septembre 2025

Visiter des forêts-jardins, réfléchir sur réhabiter le monde, observer le lien entre animal et végétal.

Octobre 2025

Dans les couleurs de l’automne, la vie à la pépinière, les relations humaines, les sessions design et les temps de célébration.

Novembre 2025

Le temps de la fin d’un cycle, instants de célébrations et gratitudes. Prendre son envol.

Décembre 2025 – Janvier 2026

L’entre deux. Réflexions sur la pépinière et mise en place du programme pour une nouvelle année. Construction de ma roulotte.

Février 2026

Accueillir une nouvelle équipe. Changer de posture. S’ancrer en Drôme. 

Mars-Avril 2026

Faire face à des questionnements de fond. Prendre le temps de ressentir.

création des contenus

Les Traces Compagnonnes est un projet de carnet de bord axé sur le sensible réalisé par Claire Blumenfeld.
Avec la participation en 2025 de Tentaculoutre. Et plusieurs compagnon·nes du Vivant en 2026.
Dans le cadre du programme Les Compagnon·nes du Vivant.
Sur le site des Alvéoles, 26400 Cobonne 
 
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