Mois de Mars-Avril 2026.
Gratitude pour les questions de fond qui nous remuent.
Réfection d’un ouvrage castor mimétique
Animation de chantier de plantation chez Anne
> Claire
En ces mois de Mars-Avril, le rythme s’accélère à la pépinière. Le végétal sent le Printemps et notre temps se compresse. On court d’une tâche à l’autre pour essayer de tout accomplir. Multiplier, bouturer, semer. Greffer les arbustes. Faire la chasse aux adventices. Retaper des ouvrages-castors. Densifier le Jardin-forêt. Tailler au Jardin des Vignes. Bricoler sur mille petits chantiers en cours. Suivre des cours de botanique. Répondre aux mails. Semer dans les parcelles d’expérimentation de Graine d’Avenir. S’organiser pour les Foires à venir. Réfléchir aux chantiers participatifs de l’été. Essayer de garder des temps de connexion au Vivant. Discuter des besoins du collectif. Aller faire des chantiers de plantation chez des gens. Préparer les commandes. Faire les réunions de l’Asso. Le rythme court et la sensation de perte de sens réapparaît.
Presqu’au même moment que l’année dernière les mêmes observations, les mêmes ressentis, les mêmes doutes ressortent. Pourquoi est-ce qu’on court dans tous les sens ? Où est notre objectif de production ? Pourquoi on est si peu productifs ? Pourquoi manque t’on de compréhension sur les processus ? Des questions de fond nous remuent et viennent mettre en évidence un problème de structuration déjà présent l’année dernière. Et même si François et moi avons travaillé durant l’hiver à clarifier le planning, à créer des documents de travail, à structurer, tout ce sur quoi nous n’avons pas encore eu le temps d’y consacrer du temps nous revient en pleine figure.
Je me questionne sur mon travail. Sur le fait que je passe la majorité de mon temps derrière l’ordi plutôt qu’à avoir les mains dans la terre. Je me questionne sur le modèle économique. Sur comment rendre le compagnonnage pérenne. Je me questionne sur la structuration. Sur l’évidence de la où ça coince et sur ce qui nous manque. Je me questionne sur mon rythme. Sur mon implication au sein du projet et à tout ce que cela me pompe comme énergie. Je me questionne sur ce que je fais là. Sur ce que je fais versus ce que je voudrais faire. La bateau tangue. La mer est agitée. J’ai la sensation de perdre pied. Un malaise qui me remonte de l’estomac. J’essaye de regarder l’horizon mais le ciel est tombé au ras de l’océan. Alors je m’assois sur le ponton et je ferme les yeux. Je dépose mes attentes, mes envies, mes déceptions, ma fatigue et je me concentre sur le centre du monde à l’intérieur de moi.
> Basile
Sortir des cartes et des sentiers
Courrir à l’opposé des chemin indiquées
Fouler la terre plus vite que ces jambes
Trébucher,
Passer du macro flou au micro inconnu
Se déshabiller des croyances
Cesser de comprendre pour ressentir
Vétir l’émerveillement
Racine et sève de l’enfance
Laisser emporter l’esprit par le mistral
S’émerveiller des formes mouvantes
Des paysages piétinés
Frotter les poils de son nez à ceux du gaillet
Voir avec le ventre, gouter avec les doigts, sentir avec les pieds
Frémissement des mithocondries au rythme des feuilles
> Basile
> Léa
Appartenir
à une maison
une tribu
être au milieu des choses
avec son espace
pouvoir rejoindre
à tout moment
pouvoir être avec ce qui est
à tout moment
un cocon
pour atterrir
ne pas forcer
dérouler tout en douceur
dans l’intimité de la lenteur
et de la tendresse
les process
ont aussi besoin d’obscurité
pour se déployer
tout en sachant
que l’on sera vu
dans son authenticité
parce que l’on aura pris soin
d’appartenir
> Eva
Être parmi les Vivants
Vivre et jouer
À être en mouvement
Observer sans savoir
Ce moment s’arrête
Presque mais juste
Ralentir
Pour
Mieux sentir
> Alex
– Extrait de « Non-noyées, Leçons féministes Noires apprises auprès des mammifères marines » par Alexis Pauline Gumbs
> Claire
Le groupe a parlé. Pour faire face aux oscillations périodiques il a choisi de ralentir sur la production et les activités et de consacrer une majorité de son temps à réfléchir. Ralentir pour se poser les bonnes questions. Comment créer un modèle économique pérenne ? Comment améliorer les processus ? Comment définir notre palette végétale ? Comment structurer le projet ? Les discussions avec les compagnon·nes et les autres membres de l’asso alimentent ma réflexion. Feutre, feuille et ma main qui synthétise, qui trace des liens, des chiffres, des besoins.
Le processus n’est pas très efficace. On parle beaucoup. On se répète. On pars dans un sens puis dans l’autre. On oublie de prioriser, phaser et poser des actions concrètes. On avance par à-coups. Je me sens agacée. Mais de ce mélange sort de la compréhension. Du temps pour l’observation. Et surtout de l’apprentissage. Ce n’est pas du temps perdu. C’est du temps de formation. Je suis, tout autant que le groupe, en train de me former. Par l’immersion. Par la confrontation au réel.
Mi-Avril, c’est notre première foire. Sérignan du Comtat, une grande foire aux plants rares très connue. Je mets toute mon énergie sur la préparation, pour que cela se déroule crème. Et on fait un super weekend. Notre stand est beau, on vends pas mal de plantes, les gens sont intéressés par la démarche d’être pépinière-école, on récupère des contacts, on s’amuse, on visite et on apprend. Beaucoup. Quelle joie d’observer l’équipe prendre de l’assurance. Quelle joie de voir nos affiches attirer du monde. Quelle joie de voir et vivre une action concrète organisée, formatrice et financièrement intéressante.
En cette fin avril, je me sens à un moment charnière. Ce projet qu’est l’Asso des Alvéoles et le programme de compagnonnage qui en est au coeur, ce projet, je le vois grandir. Sur le terrain des Alvéoles, nous sommes en train de grandir.
Foire aux plants rares de Serignan du Comtat
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