Extension en paille porteuse

Éco-construction · Stage professionnel

Pour mon premier stage au sein de la formation en éco-construction du Gabion, je retourne pour la troisième fois chez Gilles afin de continuer de l’aider sur son chantier de rénovation d’une vieille ruine. La prochaine étape du chantier consiste à construire une petite extension d’environ 30m2 en paille porteuse. Le toit sera plat afin d’accueillir une toiture végétalisée. L’extension servira d’agrandissement au séjour et accueillera une petite cuisine. L’intérieur sera enduit à la terre ou au plâtre et l’extérieur sera fait en bardage. Une deuxième extension en paille porteuse est prévue sur un autre coté et sera, elle, enduite à la chaux en extérieur. Ces deux extensions servent à illustrer les différentes techniques d’éco-construction et à promouvoir la paille porteuse.

Je retrouve Jules et son équipe. Le terrassement et les fondations pour l’extension sont en place. Nous préparons les lisses hautes et basses, le montage des pré-cadres et le montage du mur en paille porteuse qui se fait très rapidement, en une journée.

Monter un mur en paille porteuse signifie que la paille est structurelle. C’est elle qui porte la charpente. Il n’y a pas d’ossature bois. Les seuls morceaux de bois présents servent aux pré-cadres afin que la paille ne viennent pas pousser contre les menuiseries. Le mur se monte en assemblant les bottes les unes au dessus des autres en quinconce et en les insérant sur des pieux (en l’occurrence des manches à balai en bois taillés). Il faut bien boucher tous les trous et faire le plus compact possible. Il est souvent nécessaire de redimensionner les bottes et il faut alors « tricoter » une nouvelle botte à la taille désirée à partir d’une botte pleine. 

Une fois le mur monté, la lisse haute est fixée par dessus. Afin que le mur soit propre les bottes de paille sont « nettoyées » à l’aide d’une grosse scie. Puis les sangles et feuillard textile sont fixés par dessus la lisse haute pour venir compresser le mur. La compression se fait en plusieurs fois afin de laisser le temps à la paille de se positionner comme il faut et d’atteindre son point de compression maximal. Compresser au maximum est très important afin d’éviter le tassement dans le temps des bottes et le frottement des menuiseries contre la lisse haute. Une fois la compression maximale obtenue les sangles seront enlevées tandis que les feuillards resteront dans le mur.

Comme pour la lisse basse, les caissons de la lisse haute sont remplis de botte de paille en vrac puis fermés. Vient ensuite se fixer, par dessus, la charpente du toit plat. Des plaques de fermacell viennent fermer le toit de l’extension par l’intérieur. Entre les solives des caissons en toiture nous ajoutons de l’isolant en chanvre et ouate de cellulose. Un pare-pluie est posé par dessus l’isolant afin d’éviter les infiltrations d’eau. Des liteaux sont mis en place pour permettre une lame d’air ventilée fermée par des plaques d’OSB. Et des planches de bois faisant office d’acrotère sont fixées sur les cotés du toit. L’acrotère (généralement un petit muret servant de bordure au toit) permet de fixer l’étanchéité du toit végétal et l’évacuation des eaux de pluie. Pour finir nous fixons à l’aide d’une colle une bâche EPDM (Ethylène-Propylène-Diène Monomère, du caoutchouc) sur le toit afin de protéger toute la toiture des infiltrations d’eau et d’accueillir par la suite la terre pour les plantes.

 

Entreprise : Matières Vivantes
Lieu : Rabou, Hautes-Alpes
Date : Mars 2021
Matériaux : Bois, paille
Taille : 30m2

Tâches effectuées :

  • Montage des murs en paille porteuse
  • Pose des lisses
  • Solivage de la toiture plate
  • Remplissage des caissons en ouate de cellulose et chanvre en toiture
  • Pose d’EPDM