11.

Pétillements du renouveau

Traces compagnonnes

Mois de Février 2026.

Gratitude pour le cycle qui redémarre.

Découvertes et réminiscences

> Claire

Assis en cercle, on s’écoute raconter nos itinéraires de vies. Ce qui nous a amené à se trouver là en cet instant précis. C’est le séjour d’ouverture du compagnonnage. Début Février. On s’est retrouvé à Beaurières dans le Haut Diois, à 800m d’altitude, dans un gîte-refuge-espace collectif. Un mélange de pluie et de soleil, des températures fraiches et le feu qui ronfle dans la cheminée pour réchauffer la grande salle qui nous offre l’hospitalité. Antoine, François, Guillaume et moi. Avec huit nouveaux·elles compagnon·nes. Léna, Axel, Eva, Nils, Colombe, Basile, Léa et Alex ont rejoint l’aventure. Trois jours pour se découvrir, se sentir, commencer à faire lien. Pour lancer, relancer le cycle. Cela me projette à l’année dernière, au tout début de mon compagnonnage. Des réminiscences, des sensations me remontent du fond de mon ventre. Un mélange de nostalgie et de frétillement. 

Cette année je suis à la coordination du compagnonnage. Une posture différente. En liaison, en accueil, en fluidification des processus, en gardienne de la membrane. Je regarde le groupe, ces nouveaux visages. Comment vont-iels vivre cette année ? Vont iels être heureux·ses ? Frustré·es par tout ce qu’il reste à améliorer ? Vont-iels réussir à faire tribu ? Tomber amoureux·ses de la région ? Comment vont-iels gérer les tensions ? Acquérir plein de connaissances ? Faire évoluer leur rapport au Vivant ? Un mélange d’appréhension et de joie m’occupe le cerveau. Mais ces trois jours de rythme plus doux me font beaucoup de bien. Ecouter les histoires, jouer, se balader, manger, danser. Loin du chantier non fini de ma roulotte et des urgences de la pépinière. Une petite bulle de régénération. 

Et puis Février se déroule. Le groupe s’insère dans le lieu. Chacun·e commence à tisser sa relation. On fait des boutures. On finit l’aménagement de la nouvelle carazine. On prend soin du jardin-forêt conservatoire. On taille les aromatiques au jardin des Vignes. On fait des étiquettes pour les nouveaux rangements de la nouvelle serre technique. On liste les idées pour améliorer les processus mis en place. On définit notre gouvernance. On rigole en soirée. On patauge dans la boue.
Et le temps file. 

> Claire

Arriver

> Léa

Je suis sortie d’un long hiver
Pour partager ce printemps avec vous
La route était longue, les chemins se sont faits
Parce que je me savais attendue 

Je suis entrée par les portes du vent
Pour voir les arbres s’enbourgeonner
Ce vivant qui pousse à naître 

Je voulais arrêter de vouloir gagner ma vie
Faire d’un jardin mon lieu de vie
De ce sol ma maison

Arrêter de courir les trottoirs 
Pour arpenter les forêts 

Apprendre
Avec les mains
Avec les yeux
Avec le cœur 
Aiguiser mon regard

Observer la lisière 
Écouter les histoires
Se raconter
Les choses essentielles reviennent 

Apprendre à se connaître 
En faisant ensemble 

Le rapport sensible au vivant
Se loge dans les petits moments 

Prendre le temps
Rien n’empêche de faire une pause

Sans toujours vouloir utiliser les espaces vides
Comme quelque chose à remplir 

Un endroit où les noms latins ont une poésie 
Liée à l’émerveillement 
Qui tient à peu de choses 

Ouvrir les yeux
Défaire son regard
Et pour la mise au point
Accorder son regard
Avec celui du temps.

> Claire

À la lisière

> Éva

À la lisière…

…Le Vivant relie                                          

En quête de sens….             

…Ombre et lumière                                                       

Équilibre des merveilles du Vivant.

À la lisière

> Eva

A la lisière…

Le Vivant relie…                                          

En quête de sens….             

Ombre et lumière …                                                       
Equilibre des merveilles du Vivant

Installer son p’tit nid

> Claire

J’ai continué le chantier de ma roulotte. Continuer chaque soir de bosser jusqu’à la fatigue pour finir mon petit nid. Les aménagements intérieurs, les finitions esthétiques, la pose du bardage. Des compagnon·nes sont venus m’aider ! François, Théo, des amis, mon compagnon aussi. L’énergie est différente quand on avance à plusieurs. Le chantier se fait en équipe. Construire à plusieurs mains pour construire le cocon, l’abri, le jardin nourricier, le village, le moulin… Réapprendre à construire ensemble.

Et puis elle est sortie. Tirée par le tracteur de Nicolas, elle a quitté l’Asymétrie par une journée oscillant entre vent, pluie, soleil pour s’acheminer cahin-caha vers la lisière du jardin de Martin et Nathalie à Suze. Une dizaine de kilomètres à vingt kilomètres à l’heure par les petites routes serpentant à travers les collines. Un cortège protecteur pour l’accompagner. Romain, menuisier à Beaufort, rencontré trois jours avant, en tampon arrière. Colombe et Nils, compagnon·nes en ouverture avant. Et moi en éclaireuse, quelques kilomètres en amont pour prévenir le convoi de passage éventuel de camions, autre tracteur ou voiture de police. Il faut dire que mon nid ne respecte pas les normes de circulation sur la route. Son débord de toiture est plus long et dépasse des 2,55m autorisés en largeur. Elle devrait être acheminée en convoi exceptionnel. Mais payer un convoi pour 9,2km sur petites routes de campagnes ça me paraît futile. Et construire sans débord de toiture est incohérent pour moi. Alors j’ai pris la décision d’être hors-norme. Comme souvent. Souvent en limite, souvent en lisière. Contre les incohérences de ce monde. 

Angoisse à l’entrée du terrain. Le sol gorgé d’eau après des semaines de pluie aspire mes roues et incline dangereusement la structure. Mais non, pas de catastrophe, elle passe et va se poser en hauteur, en bordure de la lisière, entourée d’un paysage magnifique, sous un arc en ciel qui se dresse entre les gouttes. Dans le soir qui tombe, mon estomac se dénoue, je me remets à respirer, quelque chose d’un apaisement se diffuse dans mon corps. Il me reste à emménager dedans et à finaliser les meubles mais il semblerait bien qu’une nouvelle vie soit en train de s’ouvrir. Gratitude à toutes les mains qui m’ont aidé dans cette aventure ! 

> Claire

« Le savoir sensible fait appel aux savoirs sensoriels, expérientiels, mémoriels, culturels. C’est l’idée que chacun·e est spécialiste de ses propres vécus »

– Christine Delory Momberger

création des contenus

Les Traces Compagnonnes est un projet de carnet de bord axé sur le sensible réalisé par Claire Blumenfeld.
Avec la participation en 2025 de Tentaculoutre.
Et Léa, Éva, Alex et Basile en 2026.
Dans le cadre du programme Les Compagnon·nes du Vivant
Sur le site de L’Asso des Alvéoles, 26400 Cobonne 
 
Copyright © 2025 – 2026
Tous droits réservés
Merci de ne pas utiliser les contenus sans autorisations

Février 2025

Immersion et début du compagnonnage aux Alvéoles. 

Mars 2025

Entre l’Hiver et le Printemps. Entre questionnements et ressentis.

Avril 2025

Être en recherche d’un rapport corporel sensible au Vivant et faire du vide pour retrouver du sens.

Mai 2025

Relations sensibles, expériences immersives, séjour Erasmus+, parler d’autres langages.

Juin 2025

Voyager au coeur du Vivant, être aligné·e, échanger sur des designs et vibrer intensément.

Juillet et Août 2025

Faire le plein d’échanges avec le Réseau Conseiller·ères et les CCP, s’investir dans l’écosystème Alvéoles, ressentir le Vivant et pondre une surprise musicale !

Septembre 2025

Visiter des forêts-jardins, réfléchir sur réhabiter le monde, observer le lien entre animal et végétal.

Octobre 2025

Dans les couleurs de l’automne, la vie à la pépinière, les relations humaines, les sessions design et les temps de célébration.

Novembre 2025

Le temps de la fin d’un cycle, instants de célébrations et gratitudes. Prendre son envol.

Décembre 2025 – Janvier 2026

L’entre deux. Réflexions sur la pépinière et mise en place du programme pour une nouvelle année. Construction de ma roulotte.

Février 2026

Accueillir une nouvelle équipe. Changer de posture. S’ancrer en Drôme. 

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Les Traces Compagnonnes est un projet de carnet de bord axé sur le sensible réalisé par Claire Blumenfeld.
Avec la participation en 2025 de Tentaculoutre. Et plusieurs compagnon·nes du Vivant en 2026.
Dans le cadre du programme Les Compagnon·nes du Vivant.
Sur le site des Alvéoles, 26400 Cobonne 
 
Copyright © 2025 – 2026
Tous droits réservés
Merci de ne pas utiliser les contenus sans autorisations
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Les Traces Compagnonnes est un projet de carnet de bord à double regard réalisé par Claire Blumenfeld et Tentaculoutre. dans le cadre du programme Les Compagnon·nes du Vivant sur le site des Alvéoles, 26400 Cobonne.
 
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