>> ce vers quoi je me dirige · beauté · alliances · forêt · enchantement
J’ai vu, j’ai vu des papillons. Des papillons. Plein de couleurs. Des libellules, dans la mare, remplie après la pluie. Après la pluie, elle s’est remplie. Ça déborde de partout. Imagine, imagine, la goutte d’eau. Le chemin de l’eau, à travers. Le chemin de l’eau, à travers mon jardin. Imagine, la goutte d’eau. Imagine, ce qu’elle fait. Petite goutte d’eau. À travers le chemin. À la découverte de…
Ce matin je me suis réveillée par un rayon de soleil qui me caressait la joue. Rayon lumineux qui déposait une langue de chaleur sur ma peau. Les vibrations sonores d’un chant à travers mon esprit. Le souvenir d’un temps festif passé ensemble. Le soleil est déjà haut dans le ciel. Mes pieds nus sur le parquet en bois qui craque légèrement à mon passage. L’odeur des plantes à tisane qui sèchent dans mes narines. J’ouvre la baie vitrée, sort sur la terrasse suspendue et embrasse du regard le Vivant qui vit à mes cotés.
Le peuple végétal bruisse sous le souffle du Vent. Un câlin d’air froid s’enroule autour de moi. Chair de poule à l’intérieur de mon corps. Frisson qui remonte de mon centre jusqu’à mon coeur. Je m’assois sur la terrasse, les pieds dans le vide et plonge mes yeux dans la contemplation des motifs que dessinent les feuilles qui se balancent. Tout autour c’est la Forêt. La Forêt qui vit, qui pulse d’un ensemble de vies. Ici au coeur de la Sylva, je vis d’une vie sylvestre.
Un bruissement dans mon dos. Une odeur qui se présente à mes narines. Celui qui compagnonne à mes cotés me rejoint. Ses lèvres dans mon cou, un frottement de museau. Je colle mon dos à son dos et j’entame un son, un sifflement. Une trille qui surgit de mes entrailles. Je siffle ma joie du réveil, ma célébration de ce nouveau jour, ma gratitude de co-vivre ici. Il me rejoint dans le chant. Et nous nous transformons en oiseaux. Sur notre perchoir, au milieu des arbres, notre bouche se fait bec et le langage de celleux qui volent coule dans nos trachées. Des échos tout autour, des informations, des mises à jour. Un état des lieux des alliances inter-espèces locales. Un état des lieux du voisinage.
Un récit se détache. Une rouge-gorge nous raconte le débordement du petit ruisseau en contrebas suite à l’orage. La Ripisylve qui grandit. Le retour des lucioles. Traces de dents de castors sur les troncs. Le temps s’inverse et je me retrouve les pieds dans le lit presqu’asséché du cours d’eau. C’était il y a plusieurs lunes. Ici dans le fond du vallon, l’eau est en train de disparaître. Résultat des orientations urbanistiques, de la dégradation des zones humides, de la diminution de la population castor, de l’assèchement de notre climat. Nos rivières sont malades. Ici, le chemin de l’eau est en train de s’interrompre. L’énergie est bloquée. Alors je me fait castor. Mes paumes se transforment en queue. Mes bras se font mâchoire. Et avec tout un groupe d’humain·es nous déposons des ouvrages-castors sur le lit du ruisseau. Pour réouvrir les possibles, pour refaire circuler l’énergie. Offrir soin à l’espace dans lequel je vis. Parce qu’il vit à travers moi et que je vis grâce à lui. Parce que je suis arrimée à son devenir.
Un mouvement dans mon dos, j’ouvre les yeux. Mon compagnon se lève, il va arpenter la forêt, flairer les odeurs, la recherche de traces, à la recherche de denrées comestibles. Presque la moitié de notre alimentation vient du pistage et de la cueillette à travers les sous-bois de l’agroforêt qui nous entoure. L’autre partie vient de petites portions cultivées à échelle humaine en low tech et de trocs, échanges avec les voisin·es autour. La forêt nourricière., une mosaïque de milieux. Je traverse tranquillement notre bâti-cocon, petite structure en bois-terre-paille aux formes organiques qui se fondent dans le paysage, construite à la main, avec les matériaux locaux. À moitié semi-enterrée dans la pente, à moitié posée dans les airs se servant des troncs autour comme pilotis.
D’un pas joyeux et silencieux pour ne pas troubler la quiétude des lieux, je rejoins un autre cocon. Une serre ronde en bois. Une nano-pépinière conservatoire. Un lieux de création. Multitude de plantes, étagères en bois, formes courbes, sachets de graines, boutures en pots, grandes baies vitrées. Ici je stocke précieusement les graines et greffons que je récolte tout autour et sur les quelques plants que je fait pousser dans la serre en verre et sur la micro parcelle attenante. Des koshis carillonnent au rythme de l’air. J’enveloppe d’un regard doux le lieu. Un petit poêle au centre de la serre, un espace surélevé, une banquette, un hamac, une table. Et dessus des plans, des carte aux trésors, des dessins. La maquette d’un projet de design qui se crée. Mon corps m’oriente en premier vers les plantes. Douceur de l’entretien régulier. Gratitude pour la vie qui pousse. Je m’attelle ensuite avec délice à la réflexion du projet en cours.
À quelques lieues d’ici, un collectif vient de soustraire via le RAF, une centaine d’hectares des griffes des ogres qui dévorent la Terre. Encore une victoire. Encore un champ des possibles qui s’ouvre. Même si le combat nous épuise, les réussites deviennent en ce moment de plus en plus réelles. Les utopies sont en train de devenir réalité. Je travaille avec le collectif à créer une alliance avec la Sylva existante. À régénérer et aggrader cet espace malmené. À penser l’infinité des interactions. À co-créer un écosystème permaculturel sylvestre offrant abri et ressources à l’entièreté des êtres qui vont y trouver refuge. Humain·es et plus qu’humain·es. À insuffler un lien fait d’enchantement, d’émerveillement, de beauté et de joie.
Peut-être que c’est ça ma Permaculture. Être au service de la Vie. Au service des alliances. Entre designeuse, semeuse, sylvanière, artiste, guérisseuse de liens. Toujours en recherche de reconnexion sensible, en recherche d’interactions corporelles avec l’alterité. Guidée par une philosophie permaculturelle, une approche low tech, une attention au soin et à la beauté. Avec au centre de ma démarche la réflexion sur comment nous, vivant·es multi-espèces, co-habitons l’espace sylvestre en interactions plurielles, dynamiques et reliées.
La nuit est tombée. Je marche tranquillement dans le sous-bois. La lumière de la Lune dépose sa douce blancheur sur les arbres transformés en ombres. J’hume l’air. L’odeur de la pluie. L’humus, les fleurs en train d’éclore, l’odeur du feu. Une particule de voix humaine s’attache à mes oreilles. Autour du foyer central dans le bâti-cocon, à la lumière du feu qui rougeoie, des ami·es entament un chant. Un chant qui chante l’attachement à notre milieu de vie. Je les rejoins et je laisse la pulsation de la Vie parler à travers mon chant, à travers mon corps. Dehors les étoiles brillent, le chant des hulottes parsème le silence, les chauves-souris font des voltiges dans les airs et le peuple de la Nuit continue de créer des liens à la lueur de l’obscurité.
« Pister c’est la première lecture du monde »
– Baptiste Morizot
Designer des éco-systèmes permaculturels.
S’interroger sur c’est quoi le Vivant.
Repenser le rapport à l’habiter.
Comprendre l’interdépendance entre toutes choses.
Penser comme un arbre.
Accompagner, conseiller, faciliter, designer.
Faire des plans, des cartes aux trésors, des illustrations.
Raconter des histoires.
Incarner ma posture, ma couleur.
Réinventer de nouvelles façons de faire ensemble.
Observer, implémenter, ajuster.
Mettre le soin et le beau au centre.
Co-construire avec l’ensemble des plus qu’humains.
Aggrader et régénérer.
Designer des éco-systèmes permaculturels. S’interroger sur c’est quoi le Vivant. Repenser le rapport à l’habiter. Comprendre l’interdépendance entre toutes choses. Penser comme un arbre. Accompagner, conseiller, faciliter, designer. Faire des plans, des cartes aux trésors, des illustrations. Raconter des histoires. Incarner ma posture, ma couleur. Réinventer de nouvelles façons de faire ensemble. Observer, implémenter, ajuster. Mettre le soin et le beau au centre. Co-construire avec l’ensemble des plus qu’humains. Aggrader et régénérer.
Faire et accompagner Antoine et François en visites courtes. Travailler seule ou en groupe. Faire du CoDev.
Posture : Conception, Facilitation & Animation de chantier
Form-action en immersion collective et sensible.
Structurer le programme, être gardienne de la membrane, animer des temps de chantiers et réflexion. Pépinière de l’Asso des Alvéoles.
Posture : Facilitation, Conseil & Conception
Ecosystème de projets basés sur l’éthique de la Permaculture.
Structurer, créer un récit, mettre en place un modèle économique.
Pépinière de l’Asso des Alvéoles.
Posture : Facilitation & Conseil & Animation de chantier
Hydrologie, plantations, espaces pour habitats réversibles.
Accompagner mois par mois la réflexion et les chantiers.
Jardin d’Ariane et Baptiste à Crest.
Posture : Formation
Travailler et animer une Initiation à la Permaculture et une immersion sylvestre sur les bâtis organiques.
Les Alvéoles.
Observer le paysage pour s’observer soi. À la recherche de traces.
Laisser grand ouvert les possibles pour faire advenir le futur.
Vivre un séjour Erasmus+ et tracer ensemble un faisceau de convergence.
Rencontrer deux projets, clarifier les intentions et se confronter à la notion d’argent.
Participer au CCP de Juillet et réfléchir sur l’importance du soin et de la lisière.
Le Design comme projet créatif et support de création de nouveaux récits.
Comment faire société ensemble et habiter un milieu vivant.
Insuffler un lien aux milieux et aux vivants fait d’enchantement et d’affect.
Faire le point sur l’année écoulée et réfléchir au processus d’apprentissage.