>> design · permaculture · ressentir · destructuration · réhabiter · pistage
J’observe le paysage autour de moi. Une combe orientée est-ouest, les Trois Becs au loin, une végétation méditéranéenne-plaine-montagne et un renard roux qui détale à mon approche. Il fait déjà chaud sur la petite crête qui longe le terrain et je suis à la recherche des ressentis du lieu. Comment je me sens au sein des différents paysages qui composent cette combe ? Qu’est-ce que cela fait bouger en moi ? J’ai suivi mon élan qui m’a poussé vers les hauteurs. J’ai besoin de voir, d’embrasser du regard, de contempler l’espace géographique, en prenant de la hauteur. J’ai toujours eu besoin de me positionner dans le paysage pour en saisir l’étendue. De monter en altitude pour observer le monde. Pour me situer dans l’immensité de la Terre et voir au-delà de là où je suis. Les espaces plats, tout plats, me rendent mal à l’aise. Je me sens perdue, sans savoir où j’existe.
Un vent fort et froid me saisit à la lisière de la crête. Un bip bip surprenant se fait entendre des fourrés devant moi. Une dame avec un détecteur à métal apparaît, me regarde, aussi surprise que moi qui l’a regarde, me raconte une histoire de clowns croisés dans les bois et s’éloigne dans un murmure. Je reste pantoise. Un frisson me saisit. J’ai la drôle de sensation d’avoir franchir une barrière invisible, la frontière du monde que je dois ressentir. La combe du Centre de l’Aube, qui m’attend en contrebas. Je rebrousse chemin et retourne vers la chaleur du fond de vallon.
Je suis en formation Conseiller·ère en Design de Permaculture aux Alvéoles, dans la Drôme. C’est le premier module et nous sommes en exercice d’observation, de s’observation. Observer le terrain en s’observant soi. Nous ne sommes pas aux Alvéoles. Nous sommes ailleurs. Sur un autre lieu. Dans une combe dans les bordures de Piégros-la-Clastre, où se trouve le Centre de l’Aube et le collectif de l’Aub’ascule. Sur ce lieu il y a actuellement tout un groupe d’humain·es en train de vadrouiller et d’ouvrir leurs sens. Mes collègues de formation. Tout un groupe en train de s’apprivoiser, de se découvrir en même temps qu’il découvre et apprivoise le terrain de la Combe. Ce lieu est important. Il va être le support d’un travail de design à effectuer en groupe tout au long de l’année.
Cette année, je suis à la fois en formation et en compagnonnage aux Alvéoles. Je donne de mon temps bénévolement à la pépinière des Alvéoles, ce qui me donne accès à la formation. Une formation pour apprendre à designer des éco-systèmes de façon permaculturelle. Une formation qui m’appelle depuis plusieurs années. Cette idée de designer des éco-systèmes permaculturels globaux, je crois qu’elle est là, en moi, depuis pas mal de temps. Proposer d’autres façons d’habiter le monde. Vivre en habitats éco-construits, au sein d’oasis de biodiversité, associer systèmes agro-forestiers jardinés, espaces sauvages, milieux-rivières, équipements low tech, fonctionnements collectifs et inclusifs entre humain·es et plus qu’humain·es et gestion collaborative des communs. Participer à la régénération du monde. Réhabiter le monde autrement.
« Si « habiter » s’entend communément comme le fait d’occuper un lieu géographique précis, «réhabiter» invite quant à lui à reconnaître que ces lieux sont eux-mêmes vivants et uniques : dotés de leur propre sol, de leur topographie, de leur climat, de leur bassin versant, de leurs plantes et animaux indigènes. Dans ces systèmes organiques, chacune de ces caractéristiques influence l’autre, participant ainsi à la trame des interdépendances à l’œuvre ».
– Louise Migné, pour l’association Cultures Vivaces
Formation, compagnonnage, temps hors Alvéoles, travail professionnel, tout s’entremêle. Cette année je veux lâcher-prise. Être simplement là dans le ressenti de mon corps. Dans le processus, dans le bruissement de mes organes, dans les interstices qui se creusent. J’ai l’impression d’être sur le point de m’éclater, de me destructurer, de me libérer pour devenir autre. Ces cinq jours de premier module posent des questions qui bousculent des choses en moi. J’ai l’impression de flotter, de ne tenir qu’à un fil. Seul le groupe me retient, le cercle protecteur d’une tribu éphémère et les sourires bienveillants des mentor·es qui nous ouvrent le chemin.
Comment habiter le monde de façon sensible ? Comment faire corps avec le Vivant ? Comment décaler mon regard pour devenir autre ? Comment libérer mon imaginaire et inventer de nouveaux récits ? Comment trouver ma couleur, ma posture ? Comment incarner l’éthique et les principes de la Permaculture dans chacunes de mes actions ? Comment ne pas se perdre dans l’immensité des questionnements, des apprentissages ?
Allongée dans la petite prairie au dessus du verger de la Combe, je regarde passer les nuages. Il fait chaud et sec dans ce petit espace. À quelques mètres s’étale la forêt, ombragée et humide. Un peu plus bas, une brise rafraîchit le chemin. Dans un petit recoin, une orchidée pousse. Je marche, je ressens, je note. Cartographier le paysage pour se cartographier soi. À la recherche de traces. Pister le chemin pour flairer vers où aller.
C’est en portant attention au processus et non au résultat que l’expérience peut advenir.
Designer des éco-systèmes permaculturels.
S’interroger sur c’est quoi le Vivant.
Repenser le rapport à l’habiter.
Comprendre l’interdépendance entre toutes choses.
Penser comme un arbre.
Accompagner, conseiller, faciliter, designer.
Faire des plans, des cartes aux trésors, des illustrations.
Raconter des histoires.
Incarner ma posture, ma couleur.
Réinventer de nouvelles façons de faire ensemble.
Observer, implémenter, ajuster.
Mettre le soin et le beau au centre.
Co-construire avec l’ensemble des plus qu’humains.
Aggrader et régénérer.
Designer des éco-systèmes permaculturels. S’interroger sur c’est quoi le Vivant. Repenser le rapport à l’habiter. Comprendre l’interdépendance entre toutes choses. Penser comme un arbre. Accompagner, conseiller, faciliter, designer. Faire des plans, des cartes aux trésors, des illustrations. Raconter des histoires. Incarner ma posture, ma couleur. Réinventer de nouvelles façons de faire ensemble. Observer, implémenter, ajuster. Mettre le soin et le beau au centre. Co-construire avec l’ensemble des plus qu’humains. Aggrader et régénérer.
Faire et accompagner Antoine et François en visites courtes. Travailler seule ou en groupe. Faire du CoDev.
Posture : Conception, Facilitation & Animation de chantier
Form-action en immersion collective et sensible.
Structurer le programme, être gardienne de la membrane, animer des temps de chantiers et réflexion. Pépinière de l’Asso des Alvéoles.
Posture : Facilitation, Conseil & Conception
Ecosystème de projets basés sur l’éthique de la Permaculture.
Structurer, créer un récit, mettre en place un modèle économique.
Pépinière de l’Asso des Alvéoles.
Posture : Facilitation & Conseil & Animation de chantier
Hydrologie, plantations, espaces pour habitats réversibles.
Accompagner mois par mois la réflexion et les chantiers.
Jardin d’Ariane et Baptiste à Crest.
Posture : Formation
Travailler et animer une Initiation à la Permaculture et une immersion sylvestre sur les bâtis organiques.
Les Alvéoles.
Observer le paysage pour s’observer soi. À la recherche de traces.
Laisser grand ouvert les possibles pour faire advenir le futur.
Vivre un séjour Erasmus+ et tracer ensemble un faisceau de convergence.
Rencontrer deux projets, clarifier les intentions et se confronter à la notion d’argent.
Participer au CCP de Juillet et réfléchir sur l’importance du soin et de la lisière.
Le Design comme projet créatif et support de création de nouveaux récits.
Comment faire société ensemble et habiter un milieu vivant.
Insuffler un lien aux milieux et aux vivants fait d’enchantement et d’affect.
Faire le point sur l’année écoulée et réfléchir au processus d’apprentissage.