Carnet sensible

(Re)tisser la sensibilité à l'égard du Vivant

« La crise écologique est avant tout une crise de la sensibilité, un appauvrissement de tout ce que nous pouvons sentir, percevoir, comprendre, et tisser comme relations à l’égard du vivant. Il est urgent que nous puissions « reconstituer des chemins de sensibilité » pour commencer à réapprendre à voir. » – Baptiste Morizot

Depuis Mars 2026, je participe à un cycle de connexion nature et mentorat. Ce cycle accompagne une orientation prise depuis deux ans de retrouver un rapport sensible au Vivant à travers une approche corporelle basée sur les sens, le partage et les liens. Pour habiter le monde différemment. Pour me repositionner en tant qu’animal humaine en interdépendance complète avec son écosystème. À travers plusieurs expériences (stage de connexion, compagnonnage aux Alvéoles, mes propres réflexions) je chemine sur la traces des relations sensibles et sur ce qu’elles font changer en moi. Accompagnée désormais des pratiques de mise en lien issues du cycle, je partage dans ce carnet sensible mon cheminement.

Juin 2026

Carnet sensible

(Re)tisser la sensibilité à l'égard du Vivant

« La crise écologique est avant tout une crise de la sensibilité, un appauvrissement de tout ce que nous pouvons sentir, percevoir, comprendre, et tisser comme relations à l’égard du vivant. Il est urgent que nous puissions « reconstituer des chemins de sensibilité » pour commencer à réapprendre à voir. » – Baptiste Morizot

Depuis Mars 2026, je participe à un cycle de connexion nature et mentorat. Ce cycle accompagne une orientation prise depuis deux ans de retrouver un rapport sensible au Vivant à travers une approche corporelle basée sur les sens, le partage et les liens. Pour habiter le monde différemment. Pour me repositionner en tant qu’animal humaine en interdépendance complète avec son écosystème. À travers plusieurs expériences (stage de connexion, compagnonnage aux Alvéoles, mes propres réflexions) je chemine sur la traces des relations sensibles et sur ce qu’elles font changer en moi. Accompagnée désormais des pratiques de mise en lien issues du cycle, je partage dans ce carnet sensible mon cheminement.

Juillet 2026

Observation du terrain

La vue de ma roulotte

Hameau des Tuilières à Suze dans le vallon du ruisseau Chantemerle, Vallée de la Gervanne

Se savoir vivant, c’est tisser des liens, compter pour quelqu’un et reconnaître, en soi, la place des autres. Ces autres dont nous avons tant besoin, peuplent aussi les forêts. Comment avons-nous pu l’oublier ? 

Gérard Grassi

Ce n’est pas moi qui guéris. C’est la sécurité relationnelle, cette sensation d’être reçue sans jugement, pleinement, dans un espace qui contient, qui crée les conditions où le corps peut enfin se relâcher, se transformer, se guérir.

Laurence Fisher

Formes et textures

Fleurs de Genêt à balais (Cytisus scoparius)

En bordure du ruisseau le Roubion, Francillon sur Roubion, la Drôme provençale

Partage d'histoires

Le chevreuil

Aujourd’hui, il a plu. En fin de matinée, le ciel s’est assombri. Martin était en train de ramasser des cerises dans le grand cerisier du jardin en chantant. À pleine voix. Et il s’est mis a pleuvoir. Une bonne averse. Ce qu’il faut pour rafraichir, faire du bien. Je me prépare le repas et je mange absorbée par mes pensées. À travers la vitre, mon oeil capte un mouvement. Un chevreuil passe, traversant le terrain, entre les gouttes. Un Vivant toujours connecté au présent, aux aguets, immergé dans chaque instant.

Partage d'histoires

La Tordeuse verte

La Tordeuse verte du chêne (Tortrix viridana) est la chenille qui pendait des chênes de ma lisière durant le mois d’Avril. Et qui s’est transformé en un petit papillon vert en Mai. La chenille grignote les feuilles de chêne pour se nourrir. Pour se défendre, les chênes augmentent la concentration en azote, phosphore et potassium de leur cellules. Les feuilles devenant moins digestes, les chenilles se retrouvent avec une digestion compliquée et sécrètent alors de nombreux excréments liquides. En cette période, vers le mois d’Avril, en tendant l’oreille je pouvais entendre comme une pluie fine qui tombait des arbres. C’était les gouttes d’exsudats émises par les chenilles qui tombaient au sol. En quelques jours, le sol de la lisière s’est couvert de cette fine pellicule de minuscules cacas noirs. En fonction du nombre de chenilles présentes, le taux d’azote dans le sol augmente considérablement à cet instant. Puis quelques jours après, un ballet de chenilles qui pendaient au bout de longs fils de soie a rempli l’espace visuel. Chaque fois que je marchais autour de ma roulotte, je me suis retrouvée couverte de chenilles vertes tachetées de points noirs. Puis vers mi-Mai, elles se sont transformées en petits papillons verts qui se sont accumulés durant quelques soirs dans ma roulotte attirés par la lumière des lampes, avant de s’envoler vers d’autres horizons.

Le monde des insectes

Panorpe mâle

Jardin de Karmaterre, village de Le Ségur, Tarn

Observation du terrain

Le Jardin des Vignes

Verger multi-étagé aux Alvéoles, commune de Cobonne, vallée du ruisseau de La Sye, début Juin

Je te souhaite la sacralité du repos, un repos expansif, tentaculaire, ininterrompu. J’aime la part de toi qui émerge en traversant tout le reste. Tu mérites de te reposer assez longtemps pour laisser derrière toi ce dont tu n’as plus besoin.

Alexis Pauline Gumbs

Entends-tu le chant des oiseaux ? 

Formes et textures

Fleur de Chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum)

Bordure de piste forestière, Plateau du Savel, commune de Gigors et Lozeron

Traces

Feuilles de Chataigniers (Castanea sativa)

Plateau du Savel, commune de Gigors et Lozeron. Éthymologiquement le nom Savel veut dire "sable"

Formes et textures

La goutte de rosée

Jardin de Karmaterre, village de Le Ségur, Tarn

La forêt est mon refuge. C’est auprès des arbres, géants, silencieux et immobiles qui font le lien entre le sol et le cieux, que je me sens véritablement vivant. C’est un haut lieu complexe, une source inépuisable d’émerveillement – si tant est qu’on ne le surexploite pas.

Vincent Munier

Partage d'histoires

L'appel de la mère

Il y a quelques nuits de ça, en rentrant tard sur la petite route de Suze, j’ai vu apparaitre une forme brune gracile dans la lumière de mes phares. Une biche ou bien une chevrette. Je n’ai pas chercher à identifier car mon attention a été attirée par une toute petite forme à l’arrière de l’adulte. Un faon ! Aveuglé par la lumière des phares, le duo s’est immobilisé sur la route et j’ai pilé net au milieu de la voie. En bouclier face à d’éventuelles autres arrivées de voitures derrière moi. Suspendue à l’instant j’ai observé la mère et son petit traverser lentement, par à-coups, la route pour rejoindre l’autre coté et la sécurité de la prairie. La mère bondissant pour rejoindre le talus puis revenant vers son petit, flageolant sur ses pattes et avançant tout doucement. À travers les vitres ouvertes, un son est parvenu à mes oreilles. Un petit cri fin discret. Émit par la mère. À chaque instant. Peut-être pour appeler, rassurer, stimuler. L’appel du lien. Iels ont rejoints le bas-coté et se sont enfoncés dans les herbes. J’ai redémarré lentement et je me suis demandée combien de routes allaient-iels traverser dans la nuit? Combien de fois leurs vies allaient être suspendues le long de la traversée des lignes de bitume qui fracturent les habitats?

La forêt est mon refuge. C’est auprès des arbres, géants, silencieux et immobiles qui font le lien entre le sol et le cieux, que je me sens véritablement vivant. C’est un haut lieu complexe, une source inépuisable d’émerveillement – si tant est qu’on ne le surexploite pas.

Vincent Munier

« La mémoire que privilégierait le rat dans ses déplacements est une mémoire kinesthésique, une mémoire des mouvements et des sensations. (…) Le rat dessine ou inscrit sur son propre corps, sur la peau et dans les muscles qui touchent les parois, une véritable carte provisoire. En d’autres termes, les rats impriment des cartographies sensorielles à même leur corps ».

Vinciane Despret

Partage d'histoires

Présences

En cette fin de journée d’un Dimanche de mi-Juin je suis allée me balader autour de là où j’habite. Je suis partie de ma roulotte, j’ai remontée le chemin pour rejoindre la piste qui longe le flanc Est du Saint Pancrace et j’ai rejoins le vieux Suze. Marcher autour de mon sit spot, ma place médecine. Marcher pour inscrire dans mon corps la cartographie des lieux. Du lieu où je me situe. Le soleil illuminait la vallée de la Gervanne. Au loin le sommet du Glandasse marquait la limite du Diois. Et les champs de céréales d’un jaune d’or dansaient au rythme du souffle du vent. Encore une fois, comme à chaque fois, je me suis sentie émerveillée par la beauté de ce qui m’entoure. La boucle m’a ramené le long de la route qui mène aux Tuilières, le hameau où je vis. J’ai longé tranquillement le chemin observant la ligne végétale qui indique la présence du petit ruisseau en bordure de la route. Le ruisseau de Chantemerle. Chante merle. Est-ce une indication de la présence de l’oiseau? Des grands peupliers d’Italie au port érigé, immenses, qui indiquent de façon sonore que depuis 3-4 jours le Mistral souffle avec puissance toutes les après-midis, bordent le cours d’eau. Je les ai regardé osciller, élancés vers le ciel, de toute leur puissance et je me suis sentie infiniment petite. Un grand chêne pubescent, un aulne, des frênes, un peuplier blanc avec des branches énormes, un charme (le charme d’Adam, c’est d’être à nu, donc c’est un charme), des cornoulliers (mâles ou sanguins ?) et une vigne ! Mon oeil s’est arrêté sur les grandes feuilles verte tendre qui sortaient de la haie. J’ai suivi la couleur et je me suis enfoncée dans le bosquet distinguant avec joie une énorme quantité de vigne accrochée aux arbres et arbustes. Une vigne qui pousse comme elle devrait pousser, grimpante libre dans les arbres ! En remontant vers ma roulotte, bien que seule (humaine), je me suis sentie accompagnée de tout un tas de présences avec qui être en lien.

Gratitude à mon corps qui m’offre l’expérience d’être en lien avec le Monde, gratitude aux milliard d’êtres qui vivent en moi, gratitude à l’écosystème que je suis.

Observation du terrain

Champs d'or

Hameau des Tuilières à Suze, fin de journée de mi-Juin avec le Saint Pancrace dans le fond

Formes et textures

Cheveux d'ange (Stipa pennata)

Crête du Saint Pancrace, synclinal qui sépare la vallée de la Sye de la vallée de la Gervanne. La Stipe pennée est particulièrement adaptée aux steppes sèches ensoleillées

Traces

Être enraciné

Descente de la chapelle St Médard, Synclinal de Saou

Deux couleurs suffisent pour rendre visible l’interdépendance la plus fondamentale du vivant. Il y a la vie rouge et la vie verte. Rouge pour les animaux – c’est la couleur de l’hémoglobine qui transporte l’oxygène dans notre sang. Verte pour les végétaux – c’est la chlorophylle qui capte la lumière. La vie rouge ne survit que si elle inspire. Et tout ce que la vie rouge inspire à été expiré par de la vie verte. Mais l’oxygène est un gaz instable. S’il n’était pas constamment régénéré, il s’épuiserait. L’atmosphère respirable n’est pas un acquis, c’est un flux. Elle est maintenue, en ce moment précis, par l’activité photosynthétique de milliards d’organismes vivants. L’air que nous respirons émerge d’un tissu vivant immense et fragile fait d’interdépendances.

Baptiste Morizot & Laurent Neyret

Mentorat 8 Shield

Les huit directions et les huit attributs

L’Est : La joie de l’enfant
Le Sud-Est : La vitalité
Le Sud : L’écoute profonde et inconditionnelle
Le Sud-Ouest : L’empathie envers tous les êtres
L’Ouest : Le désir d’être utile
Le Nord-Ouest : La révérence pour la vie
Le Nord : L’Amour, le pardon et la compassion
Le Nord-Est : L’esprit tranquille, la présence et la créativité

Marcher pour retrouver la mémoire sensorielle de l’étendue où je vis. La cartographie corporelle comme moyen d’être en lien. Mon corps, la marche, l’espace, la relation. 

Observation du terrain

L'intérieur du Synclinal de Saou

Une partie du sol du Synclinal est faite de sable blanc, du Kaolin, utilisé un temps pour faire de la porcelaine et qui témoigne de la présence de l'océan durant la période du Crétacé

Formes et textures

+ SONGLINES + + GRATITUDES ++ Ecrire des mythes fondateurs

Observation du terrain

Champs d'or - Les Tuilières, Suze

Formes et textures

La goutte de rosée

Jardin de Karmaterre, village de Le Ségur, Tarn

La forêt est mon refuge. C’est auprès des arbres, géants, silencieux et immobiles qui font le lien entre le sol et le cieux, que je me sens véritablement vivant. C’est un haut lieu complexe, une source inépuisable d’émerveillement – si tant est qu’on ne le surexploite pas.

Vincent Munier

Mentorat 8 Shield

Les huit directions et les huit attributs

+ Parler de l’ESprit du conteur
+ Parler du Language des oiseaux

La forêt est mon refuge. C’est auprès des arbres, géants, silencieux et immobiles qui font le lien entre le sol et le cieux, que je me sens véritablement vivant. C’est un haut lieu complexe, une source inépuisable d’émerveillement – si tant est qu’on ne le surexploite pas.

Vincent Munier

Carnet sensible

Juin 2026

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