Brèves : Année 2021

Courts articles détaillant l’actualité de l’année en cours. En cette année 2021 je suis en apprentissage en éco-construction au sein du centre du Gabion à Mane dans les Alpes de Hautes-Provence. L’année est faite d’enseignements, de découverte des matériaux vivants, de stages dans les habitats légers et les maisons éco-conçues, de création d’équipements low tech, de réflexions sur l’avenir et d’exploration des Hautes-Alpes. 
Chapitre en lien : Métamorphose

Août 2021 | #low tech

Construire mon four solaire

Je profite de mon séjour à Tinyland et des vacances pour construire un four solaire. C’est mon premier « vrai » équipement low tech ! Après le potager, le séchoir à habits et les caisses, j’attaque le four. L’association Entropie qui travaille pas mal sur le low tech et le design libre propose sur son site des notices de fabrication de tout un tas d’objets dont le cuiseur et four solaires, la marmite norvégienne, le lombricomposteur, des tables et des outils. Je télécharge la notice du four solaire et je rassemble le matériel nécessaire à sa fabrication. Je récupère les plaques de bois dans la benne d’une menuiserie et dans les chutes des auto-constructeurs à Tinyland. L’isolation en laine de mouton provient de laine de mouton brute et de chutes d’isolation de tiny house et les plaques d’aluminum très fines pour la cuve viennent d’une imprimerie. La peinture et le joint pour l’étanchéité viennent de chutes des auto-constructeurs de tiny. Les deux vitres, les vis, les charnières, le fermoir et la plaque réflective sont achetées pour un total d’à peine cinquante euros. 

Agathe et Anton que j’aide beaucoup lors de mon stage à Tinyland me laissent utiliser leurs outils à ma guise et je pratique la scie sur table, la scie radiale, la visseuse, la ponceuse, la défonceuse et la lamelleuse avec plaisir. C’est l’occasion de découvrir et d’apprendre à utiliser de nouveaux outils ! Je commence la construction de façon un peu précipitée ce qui provoque des erreurs et m’apprend une bonne leçon. Il faut toujours concevoir à l’avance et construire avec soin. Je repars de zéro, récupère les erreurs et passe plusieurs soirs à monter mon four. Je plie la cuve, monte la structure en bois, insère l’isolation, assemble le cadre pour les vitres, attache le couvercle et réalise les finitions (ponçage, peinture, fermoirs et poignées). L’ensemble me plaît énormément bien qu’il soit un peu lourd (les plaques de bois récupérées étant plus lourdes que celles préconisées dans la notice). Tout le monde est impressionné du travail et cela me rassure après le léger fiasco du début. 

Vient le moment du test et je réalise un gâteau au chocolat qui cuit en deux heures et s’avère très bon. Le four marche ! Je continue sur ma lancée et cuisinant d’autres gâteaux, cakes et marmites mais la cuisson fluctue entre pas assez cuit et trop cuit. Il faut que j’apprivoise la durée de cuisson. Cuisiner avec le soleil est extrêmement gratifiant et encore plus satisfaisant quand l’outil a été construit par soi-même. 

Août 2021 | #voyage

Randonnée dans le Queyras

C’est les vacances au Gabion ! Après deux semaines de stage la formation se met en pause pour deux semaines. Je rejoins mes parents dans un gîte rural dans les Hautes-Alpes et j’en profite pour aller randonner durant quatre jours dans le parc régional naturel du Queyras. Un nouveau pays des Hautes-Alpes où je ne suis pas encore allée ! C’est un pays de caractère avec ses vallées alpines, ses montagnes de schiste, ses petits villages à l’architecture préservée. Deux heures de route depuis Gap pour s’enfoncer au coeur des montagnes sauvages. Je gare la voiture à l’Échalp au bout d’une des vallées magnifiques du parc pour monter vers le col Agnel. 1200 mètres de montée pour passer le lac Égorgéou, le lac Foréant et le col Vieux. Je bivouac à 2600m juste en dessous du col Agnel qui donne sur l’Italie. 

Le deuxième jour, je monte à 3000m puis redescends dans la vallée de Saint Véran, longeant le flanc de la montagne, passant à proximité d’une mine préhistorique de cuivre et admirant le paysage grandiose. Crêtes, mélèze, herbes jaunes et marmottes. Saint Véran est un bijou architectural. C’est un des plus hauts villages de France, à 2050m et les maisons anciennes sont absolument fascinantes. Un étage en pierre sur lequel s’élève deux étages en rondins de mélèze avec des coursives extérieures. Toits en bardeaux et lauzes. Parfaite architecture vernaculaire. C’est plus beau que les très beaux chalets savoyards et ça me rappelle les maisons traditionnelles japonaises. Le village est rempli de touristes. Je prends la navette gratuite et rejoins Aiguilles dans le fond de la vallée. Je bivouac au dessus du village sur d’anciennes terrasses parmi les herbes couleur or. 

Troisième jour, je remonte jusqu’à 2800m pour atteindre le lac du Grand Laus et le col du Malrif. La montée est dure mais très belle. C’est plus sauvage que les jours précédents. Des patous délaissent des brebis pour venir quémander des caresses. Je longe des crêtes rocailleuses jouxtant l’Italie où je ne croise absolument personne. Le ciel alterne entre soleil et nuages noirs. Le vent me siffle dans les oreilles. J’aperçois deux chamois. Je redescends 800m dans une petite vallée pentue pour finir vers 21h par trouver enfin le seul endroit plat pour poser la tente. Une grosse journée et mes jambes me le font sentir. Le lendemain je finis ma boucle par l’ascension du Mont Gilly à 2400m puis je redescends dans la vallée au niveau de Ristolas et prends la navette qui me ramène à l’Échalp à peine deux kilomètres plus loin. 

Août 2021 | #éco-construction

Tinyland !

Pour mon quatrième stage en formation je me rends dans la Drôme chez Tinyland. L’association propose emplacements et matériels pour permettent à des auto-constructeurs de construire leur Tiny House. Moi qui suis très intéressée par les habitats légers et ayant pour projet de construire mon micro-habitat, aider durant deux semaines sur les projets est une très belle opportunité. Sept Tiny sont en construction à des stades plus ou moins avancés. Agathe et Anton sont à l’aménagement intérieur d’une jolie Tiny avec de beaux espaces. Geoffrey avance sur le bardage extérieur d’une tiny ambiance cabane. Les Archiculteurs finalisent l’extérieur d’une tiny très design. Fred installe les menuiseries de sa tiny-roulotte. Frank avance sur le bardage d’une grosse tiny. Adrien et Louison commencent l’ossature et Vincent finalise les derniers équipements et matériaux pour débuter la sienne. Les profils et les âges sont variés, les connaissances dans le métier du bâtiment plus ou moins développées (architectes, ingénieurs, architecte d’intérieur, plombier, électricien, informaticien, autodidactes) mais tous ont des très beaux projets avec du caractère, des envies d’expérimentation et des réflexions sur le monde actuel. L’ambiance est très sympathique et la synergie de groupe une forte entraide et des échanges fertiles. J’aide sur chaque projet avec une majorité de mon temps chez Agathe et Anton à l’aménagement de la salle de bain et du vestiaire. Je me sens comme dans une grande famille entourée de gens aux réflexions semblables au miennes et je m’y sens bien. Les deux semaines passent beaucoup trop vite et je me vois déjà revenir filer un coup de main après la formation ou venir y construire mon projet d’habitat. Une très belle rencontre. 

Juillet 2021 | #éco-construction

Paille et enduit terre

L’été est arrivé et la chaleur commence à dépasser les trente degrés. Nous sommes en plein dans le module Pro-Paille. Deux semaines de pratique et théorie pour apprendre les différents modes constructifs en paille, maitriser le matériau paille et expérimenter la pose des bottes et des enduits terre sur mur en paille. Alors que je penchais fortement pour la technique de la paille porteuse (technique venant du Nebraska où la paille est structurelle et supporte la charpente) que j’ai pas mal expérimenté sur le chantier de Jules, je me sens de plus en plus attirée par technique du poteau-poutre remplissage paille, qui évite pas mal de désagréments éventuels à la technique de la paille porteuse. Je retrouve avec plaisir l’application d’enduit terre, déja expérimenté l’année dernière lors de mon chantier en Bretagne mais les modules sont un peu trop petits pour pouvoir pleinement pratiquer la maitrise des outils d’application d’enduits. 

Juillet 2021 | #webdesign

Refonte du site internet des Sens de Théus

La ferme « Les Sens de Théus » produit et transforme des Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales. Située à 1400m au pied du Mont Colombis dans les Hautes-Alpes, l’oasis est l’oeuvre de Pauline et Jean-Pascal, deux anciens skieurs de haut niveau reconvertis depuis une dizaine d’années. Paysans producteurs cueilleurs herboristes, Pauline et Jean-Pascal cherchent à mener une vie simple en accord avec leurs principes moraux centrés sur le respect de l’environnement, le bien-être et la recherche d’un mode de vie moins consommateur de ressources. 

J’ai rencontré Les Sens de Théus en février 2021 pour une semaine de wwoofing chez eux. Le lien avec les plantes, la démarche, le travail éthique, les choix politiques, le lieu magnifique, les personnalités, tout m’a séduite et j’ai senti que j’étais tombée au bon endroit. Le site internet et les photographies des différents produits avaient besoin d’un bon coup de neuf et je leur ai proposé de m’en occuper. Nous avons beaucoup discuté sur l’identité du site, sur la façon de présenter les produits et sur la volonté de transparence des informations durant mon séjour chez eux. 

Mon travail a donc porté sur la refonte complète du site : clarification du contenu, ajout de nombreux textes explicatifs, esthétique et design lisibles, aménagements structurels, version responsive (déclinable sur iPad et mobile), créations de pages et de modèles (utilisables par la suite par Pauline), nettoyage de WordPress (système de gestion de contenu) et ajout de plugins de sécurité et de sauvegarde. J’ai également refait les photographies des huiles essentielles et je vais continuer de refaire les photographies du reste de leurs produits tout au long de l’année.

Ce travail a été pour moi l’occasion de promouvoir un projet qui fait sens et qui correspond à mes valeurs et intérêts. J’ai cherché à proposer un site esthétiquement beau, à la navigation facile et au contenu précis. Les produits, la démarche respectueuse et la transparence sont mis en avant. J’ai également essayé de réduire l’empreinte environnementale du site en travaillant sur la taille des photographies, la simplicité structurelle et la limitation de l’utilisation des ressources.

Juin 2021 | #éco-construction

Monter une cloison en BTC

Ma dernière semaine de stage chez Éco2Scop je travaille sur le début du montage de la cloison intérieure en briques de terre compressées (BTC). Située au milieu de la pièce face à une fenêtre, à coté du poêle et montant jusqu’à l’étage, la présence des briques permettra d’accumuler de l’inertie thermique. Les briques viennent de chez Akterre, le spécialiste des matériaux à base d’argile dans la Drôme et ont été stabilisées au ciment afin de les rendre plus résistantes, ce que je désapprouve un peu. Après avoir passé une matinée avec Ben (l’autre co-gérant, connaisseur en maçonnerie) pour déterminer l’agencement des briques, nous en découpons plusieurs à la meuleuse. L’outil est lourd et dangereux et fait énormément de poussière. Mais j’en retire une certaine satisfaction d’avoir réussi à le maitriser. J’attaque le montage des briques rangées après rangées en alternant briques pleines et briques découpées. Les joints sont faits à base d’un mélange de terre vendu par Akterre. Je progresse lentement, alignement les briques à l’aide du cordeau, et nettoyant régulièrement les joints. Pouvoir travailler sur un mur en BTC en étant capable de faire un assemblage propre et une esthétique réussie me fait très plaisir. Et me rassure après l’expérience décevante vécue au Gabion lors du module sur la terre crue. Je finie ce stage chez Éco2Scop satisfaite par mon expérience et enrichie de nombreuses discussions très intéressantes sur la construction écologique, les fours solaires et les habitats légers. 

Juin 2021 | #voyage

Découvrir l’Embrunais

Entre les semaines de travail à Éco2scop (quatre jours, le nombre idéal je trouve), je profite des trois jours de weekend pour découvrir cette région des Hautes-Alpes que je ne connais pas encore. Chaque retour dans la région est une nouvelle découverte, un nouvel attachement à ses paysages grandioses. Entre les Baronnies, le Dévoluy, le Gapençais, le Champsaur, le Valgaudemar, l’Embrunais, le Queyras et le Briançonnais, la région regorge de pays magnifiques et variés. C’est là que je veux vivre. C’est là qu’il faut que je trouve du travail par la suite. Le pays d’Embrun se situe entre mer et montagne avec l’immense lac de Serre-ponçon et la multitude de sommets qui s’étalent aux alentours. La petite ville n’est pas la plus belle architecturellement parlant mais possède une ambiance agréable. La proximité immédiate de la nature y fait pour beaucoup. Je vais me balader sur le pic du Morgon, je randonne sur les flancs du Mont Guillaume et je fais une longue boucle de deux jours autour du massif du Méale. Les prairies sont remplis de fleurs colorées. Le temps alterne entre plein soleil et orages, typique de la saison mais le vent du Sahara nous amène plusieurs fois des nuages chargés de poussière orange qui déposent un voile étrange sur les lieux. 

Juin 2021 | #éco-construction

En stage chez Eco2Scop

Le mois de Juin est arrivé et avec lui un nouveau stage. Direction les Hautes-Alpes, la région d’Embrun et le lac de Serre-ponçon pour trois semaines chez Éco2scop. Matthieu, co-fondateur et gérant de la scop et également intervenant en infiltrométrie au Gabion a accepté de m’héberger chez lui. Il a construit sa jolie maison sur les hauteurs d’Embrun en bois-terre-paille et le lieu est très agréable à vivre.

En ce moment Éco2scop est sur le chantier d’une maison bioclimatique à Saint Vincent Les Forts. Un petit village sur les hauteurs du lac de Serre-Ponçon coté Ubaye. C’est loin, à 45 minutes de voiture de l’atelier mais les clients, un couple de jeunes retraités, sont gentils et passionnés. La construction est un condensée de techniques liées à l’écologie : murs et toiture en caissons paille préfabriqués à l’atelier, isolation en balles de riz, cloison en briques de terre crues compressées, enduits intérieurs à la terre, bardage extérieur, serre accolée au mur sud… Le chantier est rapide. La préfabrication en atelier des caissons dans les mois précédents mon arrivée et la location d’une grue permettent le montage des murs et de la toiture en deux-trois jours. 

La première semaine j’alterne entre pose des liteaux sur toit, pose des tuiles (bien plus faciles à mettre que celles du chantier de Jules en février dernier) et pose du plancher à l’étage. Le cadre est idyllique, au pied des massifs montagneux, avec vue sur le lac. Nous faisons la route le matin et le soir et je ne perds pas une miettes du paysage. Petite route sinueuse qui tourne autour du lac, immense couleur turquoise, en longeant l’imposant masif du Pic du Morgon. Tous les jours le même paysage. Tous les jours un éblouissement, une redécouverte.

La deuxième semaine, je continue le plancher et toute l’équipe participe à l’isolation des caissons de la dalle avec la balle de riz. Cela fait énormément de poussière et provoque des allergies. La filière est nouvelle et les traitements et réglementations ne sont pas encore bien mis en place.

Mai 2021 | #photographie

De la beauté de l’aigrette de pissenlit

La petite maisonnette où j’habite depuis quelques jours est située en pleine campagne sur une butte au dessus de Forcalquier. Un des stagiaires de la formation a très gentiment accepté de me louer le lieu juste à coté de sa maion malgré des problèmes d’évacuation d’eau. Pour moi, ça n’a aucune importante. Je suis au calme, seule, entourée de champs de coquelicots, du chant des cigales et du tintement des cloches des vaches. Et j’ai la vue sur le coucher de soleil tous les soirs. Le paradis. Juste derrière la maisonnette, en montant sur la butte, on peut voir la vue intégrale du pays de Forcalquier. Une alternance de collines, ravins et plateaux. Et au loin les montagnes des Hautes-Alpes. Les champs sont remplis de fleurs, c’est magnifique. En me baladant je tombe sur un superbe pissenlit couvert d’aigrettes. Sa beauté si simple, si ingénieuse, si fragile me saisit. Mes tracas des semaines précédentes me paraissent bien futiles en comparaison. 

Mai 2021 | #éco-construction

Travailler la terre crue

Le mois de Mai au Gabion est centré sur le matériau terre. Nous passons trois semaines à travailler la terre crue, à façonner des briques compressées à la presse manuelle, à concevoir des mélanges, à maçonner des petits murets, à faire du pisé et à expérimenter la projection de mélange terre-chanvre. L’approche des techniques se fait principalement par la pratique et il manque une vision plus théorique et historique du matériau pour que je sois satisfaite. Heureusement il existe plusieurs livres très complets sur la construction en terre crue (guide des bonnes pratiques, patrimoine architecturale, approche scientifique) qui viennent combler les trous de la formation. Je me sens un peu déçue et une baisse de régime se fait sentir. Les intervenants manquent de pédagogie et les ateliers finissent par être un peu répétitifs. La cohabitation à la colocation ne se passe pas bien et je quitte le lieu pour un autre logement au dessus de Forcalquier en pleine campagne. 

Mai 2021 | #low tech

Faire un potager en palettes

En parallèle de ma formation en éco-construction, j’ai décidé de me concentrer sur l’alimentation saine, la santé au naturel et les low tech. La première étape s’associe à de nombreuses réflexions sur le manger bio, local, en vrac, non transformé, avec des modes de cuisson non agressifs, etc et passe par la création d’un petit potager. Dans la colocation où je réside l’accès à la terre n’est pas possible et j’ai donc décidé de me tourner vers la construction de bacs de culture. L’approche low tech et recyclage m’a orienté vers l’utilisation de palettes pour concevoir mes bacs. Dans quatre bacs, permettant une profondeur un peu plus importante de terre, j’ai planté des fleurs, des aromates et médicinales et des légumes. Dans les palettes à la verticale j’ai planté des fraises, des radis et du mesclun et j’ai utilisé les jardinières déjà présentes pour planter des aromatiques et médicinales. C’est un début à tout petite échelle mais j’ai cherché à mettre en place une vision permaculturelle de mon potager avec des plantes mellifères, rustiques et locales. La construction des bacs a été plus longue que ce que j’avais envisagé et j’ai fait des compromis qui ne me plaisent pas beaucoup. Reste à voir comment tout cela va se comporter !
Lire l’article sur mon potager.

Avril 2021 | #éco-construction

Une Tiny House dans le Champsaur

Après deux semaines de formation, me voici de nouveau en stage. Retour dans les Hautes-Alpes mais cette fois-ci dans le Champsaur. Une petite Tiny House est en train d’être construite devant la bâtisse de Florence. Florence vit à 1600m dans un vieux corps de ferme à flanc de montagne au dessous du massif du Vieux Chaillol. Elle fait construire par un ébéniste-menuisier qu’elle connaît une tiny pour son frère. La vieille dame est très sympathique. Elle me loge dans la seconde partie de la ferme rénovée en gîte et me raconte l’histoire de sa vie. Elle a fait partie de l’administration du Gabion à ses débuts, puis a fondé à Gap en 1992 La Petite Ourse, recyclerie-ressourcerie-chantier d’insertion suivi par Les fils d’Ariane, friperie sociale et solidaire, avant de se reconvertir dans la menuiserie. Je passe mes journées entre ponçage de fenêtres d’occasion, finition de l’ossature et histoires autour du repas. Le rythme est lent, l’artisan souvent absent mais la personnalité de Florence et le cadre montagnard rendent le séjour agréable. 

Mars 2021 | #éco-construction

Construire une extension en paille porteuse

Premier stage dans le cadre de ma formation en éco-construction. Je retourne pour la troisième fois chez Jules afin de continuer de l’aider sur son chantier. Depuis mon dernier séjour en Février 2021, le toit a été finalisé. Les tuiles de rive et de faitage ont été maçonnées et le terrain à l’arrière de la maison en ruine a été terrassé. La prochaine étape du chantier consiste à construire une petite extension d’environ 30m2 en paille porteuse. Le toit sera plat afin d’accueillir une toiture végétalisée. L’extension servira d’agrandissement au séjour et accueillera une petite cuisine. L’intérieur sera enduit à la terre ou au plâtre et l’extérieur sera fait en bardage.

Je retrouve Jules et son équipe avec plaisir. Le terrassement est fini, ils sont en train de poser les fondations. Nous mettons en place des bandes de goudron sur les fondations toutes neuves afin d’éviter les remontées d’eau. Au dessus vient se fixer la lisse basse avec caissons remplis de paille en vrac. C’est sur cette lisse basse que vont venir se poser les bottes de paille. Une fois les fondations finies, nous attaquons le montage des pré-cadres, qui servent à délimiter les fenêtres et baies vitrées.

Puis c’est le montage des murs. La paille est livrée le lundi matin. Les bottes sont très denses. Cinq volontaires Twiza sont venus filer un coup de main. Le montage du mur en paille se fait très rapidement, en une journée. Monter un mur en paille porteuse signifie que la paille est structurelle. C’est elle qui porte la charpente. Le mur se monte en assemblant les bottes les unes au dessus des autres en quinconce et en les insérant sur des pieux. Il faut bien boucher tous les trous et faire le plus compact possible. Une fois le mur monté, la lisse haute est fixée par dessus, remplie de paille et fermée. Puis les sangles et feuillard textile sont fixés par dessus la lisse haute pour venir compresser le mur. 

Nous montons ensuite la charpente du toit plat et nous remplissons les caissons de chénevotte et ouate de cellulose en vrac. avant de les fermer. Par dessus vient se fixer un pare pluie puis des liteaux pour permettre une lame d’air ventilée fermée par des plaques d’OSB. Pour finir une bâche EPDM est étalée  sur le toit afin de protéger toute la toiture des infiltrations d’eau et d’accueillir par la suite la terre pour les plantes.
Lire mon récit de chantier.

Mars 2021 | #éco-construction

Début de formation !

Ça y est me voila en formation éco-construction au centre du Gabion à Mane dans les Alpes de Hautes-Provence. Depuis fin février, j’ai débuté neuf mois de pratiques et théories sur les principales techniques et caractéristiques de construction / rénovation du bâtiment avec une approche basée sur le respect de l’environnement, des matériaux et des savoirs. Les premières semaines se partagent entre découverte de la pierre sèche, formation au secourisme, certification de montage d’échafaudages et maçonnerie. Nous sommes treize stagiaires, de tout âge avec des profils différents. Mais tous en reconversion. Travailler la matière à la main est très formateur. Les matériaux naturels que nous utilisons sont vivants. Ils évoluent. Les résultats ne sont pas forcément ceux attendus. Il faut apprendre à l’accepter, à le respecter. Travailler avec des matériaux naturels, c’est se décentrer. C’est ré-apprendre à voir au delà de l’objet pour re-considérer le matériau et retrouver le respect de l’arbre, la pierre, le végétal que j’utilise. 
Découvrir mon début de formation au Gabion.

Février 2021 | #éco-construction

Monter des tuiles

Rien n’a changé depuis que je suis partie fin Décembre du chantier de Jules. L’hiver et le mauvais temps ont empêché l’avancement des travaux. Je suis de retour pour deux semaines sur le chantier de rénovation d’une vieille ruine dans les hauteurs de Gap. Le lieu est toujours aussi beau. Retourner ici m’emplit de joie. C’est toujours aussi bien. C’est toujours aussi passionnant. Nous profitons du temps qui s’améliore pour poser le pare-pluie et le liteaunage et finir la protection du toit. La deuxième semaine c’est la pose des tuiles mécaniques. Une erreur dans le liteaunage entraine une erreur dans le pureau (espacement des rangées de tuiles) et fausse la pose des tuiles. Il faut tout recommencer ! Le montage des deux pans de toiture nous prends une petite semaine. Pour le dernier rang avant la tuile faitière, Jules a décidé d’utiliser les vieilles tuiles du toit. Elles sont rectangulaires et plus petites que les tuiles mécaniques. J’en sélectionne deux cents en bon état, que je frotte à la brosse métallique pour enlever les traces du temps avant de les rincer à l’eau. De magnifiques couleurs rouge, jaune, rose se dévoilent.  C’est un festival de couleurs !
Lire le récit du chantier.

Février 2021 | #santé au naturel

Séjourner chez des paysans herboristes

C’est le mois de Février et me voila de retour dans les Hautes-Alpes. Durant le mois de Janvier j’ai postulé à une formation d’éco-construction et j’ai été accepté ! Je commence fin Février. En attendant j’ai décidé de continuer de faire du wwoofing et je suis venue passer une grosse semaine dans la petite ferme de Pauline et Jean-Pascal, Les Sens de Théus, au dessus du petit hameau de Théus. Ils sont paysans herboristes et vivent à 1600m au pied du Mont Colombis. L’endroit en magnifique, perché à flanc de montagne, dans une vieille bâtisse et un petit potager. Pauline et Jean-Pascal cueillent et récoltent des plantes sauvages et cultivés du coin pour en faire des huiles essentielles, des alcoolatures, des gemmothérapies, des macérants huileux… Cela fait cinq ans qu’ils se sont lancés dans l’aventure et ils commencent à vivre de la vente de leurs produits. Leur démarche est centrée sur le respect des plantes et de l’humain, des produits entièrement naturels et une volonté de partage. Le projet me plaît instantanément. Je les aide pendant une semaine entre préparation, rénovation, photographies et retouches de leur site internet. 
Lire le récit de mon séjour.