Woofing Goka farm - Japan - © Claire Blumenfeld -

Wwoofing chez Goka farm

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Wwoofing chez Goka farm

ou dix jours en pleine nature pleins de découvertes et d’émerveillements.

Le petit train s’enfonce dans les vallées de plus en plus isolées et j’ai l’impression de m’enfoncer au coeur du Japon. J’aperçois enfin le Mont Fuji au loin, immense géant magnifique qui domine de sa puissance le pays. Le train me dépose et je rencontre un couple de français, eux aussi en chemin pour rejoindre Goka Farm. Je vais passer les dix prochains jours à faire un wwoofing dans une famille japonaise habitant dans une vallée montagnarde reculée pas très loin du Mt Fuji. Ils ont décidé de vivre en autonomie en essayant de dépendre le moins possible du gouvernement et en respect avec la nature. Une heure d’électricité par jour, pas d’internet, cuisson au feu de bois, bain traditionnel, permaculture, récolte de plantes naturelles dans les forêts aux alentours, régime en grande partie végétarien, réutilisation et inventivité… Une vie assez éloignée de la mienne que je suis assez excitée de rencontrer.

La maison est une baraque traditionnelle remplie d’un bric à brac incroyable. Tatamis, portes coulissantes en papier, cuisson à l’extérieur. La famille Goka nous accueille : deux jeunes adultes d’une trentaine d’années et trois jeunes filles. Je suis éblouie par la vue sur la vallée. Qu’est ce que c’est vert ! Petites maisons isolées et terrasses cultivées à la main. Et c’est tout. La nature verdoyante et le silence tout autour. J’ai l’impression d’avoir été projetée dans le passé. Enfin un Japon un peu plus traditionnel. Le calme et la sérénité m’envahissent instantanément.

Les jours passent au rythme du soleil. Brouillard le matin sur les montagnes. Je passe de longs moments à regarder la nature autour de moi et j’ai l’impression de l’entendre vivre. Il y a quelque chose de mystique ici. Mon travail se répartit entre aider à la récolte des champs, récolter des fougères et pousses de bambous dans la forêt (c’est la saison) et aider à la préparation des repas. C’est physique tout en étant reposant en même temps. Avec les autres wwoofers nous apprenons à préparer les repas rustiques mais bons : onigiris (boulettes de riz), pousses de bambous et salades, production de nouilles et de sauce soja, cuisson du pain au feu de bois, surveillance des umeboshis (prunes salées (elles sont macérées dans le sel pendant presque deux mois).

Notre temps libres se partage entre apprentissage de techniques traditionnelles : métier à tisser, création de bijoux avec feu et chalumeau, visites des voisins, aider au marché dans la ville voisine et exploration des alentours. Les quelques habitants de la vallée vivent tous plus ou moins en autonomie et sont presque tous des artisans. Je fais de longues balades dans la nature appréciant la solitude et la tranquillité. Lors d’une excursion je tombe sur un grand hotel abandonné. Je pénètre furtivement les lieux, une drôle d’impression me collant à la peau. L’intégralité des affaires sont encore présentes : bols, verres, affaires de cuisine, livres, jouets, draps, figurines, savon, chaussures… Seule la poussière et un certain désordre témoigne de l’abandon des lieux. Des souvenirs du Voyage de Chihiro ou des images  d’une catastrophes nucléaires me viennent à l’esprit. De retour à Goka Farm j’apprends que le patron de l’hôtel accablé par les dettes a disparu environ 5 ans auparavant d’un jour à l’autre laissant l’hotel derrière lui. Le temps n’a pas d’emprise ici.

Mon séjour dans cet ilot de tranquillité touche à sa fin et après 10 jours en compagnie de la famille Goka, je m’en retourne à la civilisation. Le choc est assez rude et j’ai un peu de mal à retrouver les annonces permanentes des bus et trains. Bien qu’assez court j’ai l’impression que mon séjour à Goka Farm m’a ouvert les yeux sur quelque chose d’important. Je ne sais pas encore exactement quoi mais j’ai la sensation qu’un nouveau chemin s’est ouvert à moi.
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