Beautiful sea - Zamami island - Kerama Shotô - Okinawa - © Claire Blumenfeld

Parenthèse paradisiaque sur les îles Kerama

Réveil de bonne heure vendredi 15 Janvier pour prendre le ferry au départ du port de Naha pour rejoindre l’île d’Aka. L’archipel Kerama ou Kerama shotô à environ 2h de ferry de Naha regroupe une quinzaine de petites îles, la plus grande faisant 15 km². Seules cinq îles sont habitées dont Aka-jima (3,96 km²) et Zamami-jima (6,71 km²), mes deux destinations pour les deux prochains jours. A 15 minutes en bateau l’une de l’autre, les deux îles abritent à peine 700 personnes. Véritables espaces paradisiaques couverts de forêts tropicales verdoyantes, de longues plages de sables blancs et vivant dans une ambiance paisible, ce sont des sites parfaits pour des balades tranquilles ou pour faire de la plongée ou du snorkeling (randonnée palmée). 

 

Je débarque sur l’île d’Aka-jima sous un temps nuageux mais l’ambiance paisible et le minuscule village me plaisent instantanément. La dame de ma guesthouse est venue me chercher au port. Une jeune allemande ayant débarqué par le même ferry loge également au même endroit que moi. Elle s’appelle Kristin, a 36 ans et est au Japon pour une quarantaine de jours. Notre auberge Kawai Diving est située tout au bout du village (à peine 7 minutes à pied depuis le port), sur la plage ! Le lieu est d’une tranquillité apaisante. Les chambres sont gigantesques et les toilettes et douches en extérieur. Les propriétaires, un couple d’une cinquantaine d’années, organisent également de sorties de plongée. Ayant au départ seulement prévu de me balader à pied et à vélo sur les îles (les sorties et la location de matériel coûtant trop cher pour moi), je me laisse quand même tenter par la sortie pour aller voir les baleines organisée par l’association de Zamami, le lendemain. En effet l’archipel Kerama est un des lieux où les baleines à bosse se regroupent en hiver pour donner naissance à leurs petits ! En été, elles migrent vers la mer de Béring pour se nourrir de grande quantité de Krill.

Une fois l’inscription faite, je loue un vélo et pars à la découverte d’Aka. Premier arrêt : le seul restaurant ouvert de l’île, pour un déjeuner riz au curry sur la plage. Je fais connaissance avec un couple de français d’une quarantaine d’années avec qui je discute un long moment. Laure et Didier gèrent une association d’échange entre français et japonais et viennent régulièrement sur l’île. Ils me proposent de venir voir la fabrication du tofu le lendemain ! J’accepte avec grand plaisir. On se sépare et je m’en retourne à mon vélo garé devant l’entrée du resto. Pas besoin de l’accrocher avec un cadenas, personne ne viendra le voler. En pédalant à vélo le long de la plage et malgré le temps gris, je suis submergée par un sentiment de liberté et de joie. Je me dis que le bonheur doit probablement ressembler à ça : une ballade à vélo dans une environnement magnifique et baignant dans une atmosphère paisible.

L’eau est d’une couleur magnifique : turquoise le long des plages puis d’un bleu profond au bout d’une dizaine de mètres. Je me balade les pieds dans le sable à la recherche de coquillages, appréciant la mélodie des vagues s’écrasant sur la plage. Au détour d’un virage, je tombe nez à nez avec un groupe de biches. Appelées Sika de Kerama, elles sont les descendantes des cerfs apportés de Kagoshima par le clan Satsuma lors de leur conquête de l’archipel Ryûkyû en 1609 (voir l’article précédent pour plus d’informations). Cette espèce ne se trouve que sur les îles de l’archipel Kerama. De taille plus petite et de couleur plus sombre que les cervidés du continent, elles sont une espèce protégée.

Nishibama beach overlooking Zamami - Island Aka - Kerama Shotô - Okinawa - © Claire Blumenfeld

En fin d’après-midi, je monte au point d’observation de Nakadake, presque au centre de l’île. La montée en vélo est laborieuse et je finis par descendre du vélo pour continuer à pied. Je suis seule au milieu de la nature entourée de chants d’oiseaux. Des odeurs de pins, de fleurs, d’humidité, de sève viennent par bouffées fortes enivrer mon odorat. En redescendant du point d’observation, je passe voir la plage « secrète » que la dame de l’auberge m’a indiqué. Effectivement un petit sentier serpente pendant une quinzaine de minutes au milieu de la jungle avant de déboucher sur une plage magnifique. La nuit tombant, entourée de bruits d’animaux, le trajet est impressionnant.

Sounds of Aka – Ambiance paisible (le son n’est pas très fort) :

 

Sunset beach - Aka island – Kerama shotô – Okinawa – © Claire Blumenfeld

Je rentre à l’auberge, pile pour le diner. C’est un véritable festin qui m’attend. les propriétaires de l’auberge étant pécheurs, nous avons droit, Kristin et moi à plusieurs sortes de poissons péchés dans la matinée ! Salade de poisson en entrée, poisson fumé accompagné d’une purée/soupe de pomme de terre douce d’Okinawa (de couleur violette), le plat principal (j’ai oublié de le prendre en photo) constitué de thon avec une purée/soufflet de pommes de terre et légumes et de pâtes et en dessert une autre spécialité d’Okinawa : Mochi (gâteau de riz à la texture collante) à base de pomme de terre violettes d’Okinawa, enrobé dans des feuilles de bananier. L’ensemble est très bon quoique un peu lourd pour un diner. Les mochis ont un goût vraiment particulier qui leur vient des feuilles de bananier.

Le lendemain, réveil à 6h pour rejoindre Laure et Didier vers 7h afin d’aller voir la préparation du tofu. Nous rejoignons la maison d’une vieille dame déjà à l’oeuvre qui prépare le tofu de façon traditionnelle comme sa mère avant elle et sa grand-mère avant elle. Le savoir faire se passe de génération en génération et la prochaine fille qui reprendra le flambeau a déjà été décidé. Je la regarde s’activer, mélangeant le lait de soja en suivant des gestes centenaires.

Pour vous résumer, la fabrication de tofu s’obtient à partir de grains de soja que l’on écrase pour former une purée. La purée est ensuite filtrée et pressée pour obtenir le lait de soja. Le lait est cuit pendant une demi-heure en remuant constamment auquel on ajoute ensuite sel et autres coagulants naturels. La pulpe est ensuite pressée et moulée et devient du tofu en refroidissant. Mon petit-déjeuner étant à 8h je suis obligée de partir alors que le lait commence à cuire. J’aurais bien voulu voir l’intégralité de la création mais l’observation de baleines m’attend.

Traditional preparation of tofu - Aka Island - Kerama Shotô - Okinawa - © Claire Blumenfeld

Je rentre à l’auberge en faisant quelques photos du village, de la guesthouse et de la plage, le beau temps semblant être de la partie. J’avale un des meilleurs petits-déjeuners que j’ai eu depuis que je suis au Japon, le pain fait maison étant un véritable délice et pars avec Kristin pour rejoindre l’île de Zamami où se situe le départ de la sortie.

Guesthouse Kawai Diving and village - Aka island – Kerama shotô – Okinawa – © Claire BlumenfeldBreakfast - Guesthouse Kawai Diving - Aka island – Kerama shotô – Okinawa – © Claire Blumenfeld

C’est sous un temps ensoleillé (enfin!) que nous partons à bord d’un petit bateau, groupe d’une dizaine de personne, observer les baleines. Les accompagnants sont très sympathiques. Le trajet en mer pour rejoindre le lieu où on était observé trois baleines, m’emplit de joie. Assise presque sur la proue du bateau, j’accueille les bonds du bateau sur les vagues et les embruns avec bonheur. Hélas, l’observation n’est pas très fructueuse. En trois heures, nous ne réussissons à apercevoir que quelques nuages de vapeur et quelques ailerons. Un peu déçue (moi qui m’attendais à voir des baleines frôler notre embarcation, effectuer des sauts ou des coups de queue, ça ne correspond pas du tout à mes attentes !). Peut-être sont-elles ennuyées ou effrayées par les nombreuses embarcations venues pour les observer. Je me console en regardant les superbes motifs des nuages du ciel et en appréciant la balade en bateau.

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