Deuxième partie de mon article sur mes premières impressions de Tokyo. La fin de semaine s’est bien passée. Le temps s’étant un peu éclairci, cela m’a permis de voir Tokyo sous un jour différent.

J’ai également rencontré Michiko, japonaise vivant à Chiba, une ville située à environ 2h de Tokyo. Cela faisait quelques semaines que je correspondais avec Michiko via internet. Merci Laurent de m’avoir mis en contact ! On s’est rencontré Jeudi matin pour une journée de découverte shopping, culture et temples. Michiko parle français depuis plusieurs années. Elle est très gentille et m’a beaucoup aidé, notamment pour répondre à mes questions d’ordre pratique : trouver une carte prépayée pour mon téléphone, acheter une carte Suica pour le métro (carte rechargeable qui permet d’éviter de prendre un ticket de métro à chaque fois), interrogations sur ma Resident Card japonaise, traduction d’emails en japonais…

Harajuku

Premier quartier visité avec Michiko, jeudi matin, Harajuku fait partie de l’arrondissement de Shibuya et est situé dans la partie Est de Tokyo. C’est le temple de la mode et du luxe pour la jeunesse tokyoïte. On peux y voir des jeunes en cosplay. Il est principalement connu pour sa rue piétonne Takeshita-dori (« avenue sous les bambous »), dans laquelle on trouve pleins de petits magasins de créateurs et des stands de nourriture. Très connu également, la fameuse allée Omotesando, surnommée « les Champs-Élysées de Tokyo », sur laquelle on y trouve les plus grands magasins de marques : Louis Vuitton, Christian Dior, Prada… Harajuku possède également le parc Yoyogi au sein duquel se situe le très connu sanctuaire Meiji.

Avec Michiko, nous avons visité Takeshita-dori et Omotesando. Apparemment les rues grouillent de monde le week-end. Ce qui n’était pas le cas lorsque nous y sommes passées. Il faisait gris, je n’ai pas pris de photo.

Par contre, j’ai pris quelques photos du Kawaii Monster Cafe, dans lequel nous sommes allées manger. Cest un café sur le thème des monstres kawaii (« mignon » en japonais), comme son nom l’indique et qui a ouvert en Août dernier. Explosion de couleurs garantie ! Par contre il n’y avait pas grand monde.

Je vous ai trouvé une vidéo pour plus de détails :

 

On a mangé des pâtes multicolores accompagnées de 5 sauces différentes (ketchup, crème, fromage, pesto, et une sauce bleue impossible à déterminer).

Demain (Jeudi 19 Novembre), je rencontre de nouveau Michiko et nous allons aller visiter le sanctuaire Meiji et le parc Yoyogi.

Asakusa

Situé non loin d’Ueno, Asakusa est un quartier populaire très vivant et touristique puisqu’il abrite le temple bouddhiste Sensô-ji dédié à la déesse bodhisattva Kannon. C’est l’un des plus vieux temple de Tokyo.

L’entrée se fait par la porte Kaminarimon (« porte du tonnerre ») entourée du dieu du vent Fujin à droite et du dieu du tonnerre Raijin à gauche. Une énorme lanterne rouge pend au centre. Forcément tout le monde se prend en photo devant la porte et sous la lanterne.

 

Passé la porte on se retrouve sur Nakamise-dori, une allée commerçante qui mène au temple et composée d’échoppes datant pour la plupart de l’ère d’Edo (1600-1868). On y vend des souvenirs, des spécialités locales, du véritable artisanat japonais… Michiko me fait gouter mes premiers Dango. Ce sont des boulettes faites à base de mochi (pâte de riz gluant et d’eau) que l’on mange généralement en brochette de trois/quatre dango. Il existe plusieurs types de dango. Michiko me fait gouter les mitarashi dango, recouverts d’un sirop fait avec du shoyu (sauce soja), du sucre et de l’amidon. Je dois dire que la première bouchée est étrange. Drôle de texture, sans beaucoup de goût et qui colle aux dents. Mais je persévère et il s’avère que çela n’est pas mauvais finalement !

 

Masques en papier-mâché - Allée commerçante Nakamise-dōri - Quartier Asakusa - Tokyo - © Claire Blumenfeld

Le trajet se termine par le passage sous la porte Hôzômon (« porte de la salle aux trésors »). La pagode aux cinq étages construite à l’origine en 942 et le temple Sensô-ji se dressent alors devant nous. L’architecture est très belle et le rouge est omniprésent. La taille des bâtiments rend l’ensemble très imposant.

 

The five-story pagoda - Asakusa district - Tokyo - © Claire Blumenfeld

Michiko m’initie à l’Omikuji, l’art divinatoire japonais. En échange d’une donation de 100 Yen (moins de 1 euro), on brasse une boîte hexagonale remplie de bâtonnets de bambou, jusqu’à ce qu’une baguette tombe par un petit trou et sur laquelle est marqué un numéro, qui correspond à un oracle. On cherche alors dans le tiroir correspondant, la prédiction. Je suis tombée sur le numéro 29, qui m’annoncé la bonne fortune. En gros, tous mes problèmes vont bientôt disparaitre, je n’aurai pas de maladies et mes espoirs et désirs vont se réaliser. La chance ! Si la divination est mauvaise, il faut nouer le papier à la branche d’un arbre ou sur un étalage conçu exprès, près d’un lieu saint. Cela permet aux esprits divins de l’exorciser.

 

Un bruleur à encens trône devant l’entrée du temple. Il est pour coutume de venir « s’asperger » de fumée (faire venir la fumée vers soi avec ses mains). Cela permet de se purifier.

Le temple Sensô-ji abrite une statue en or de la déesse Kannon, mais celle-ci est camouflée dans une partie inconnue du temple et donc inaccessible au public. L’intérieur du temple est bien protégé, avec des revêtements dorés et une foule de pèlerins venus faire leur prière. Le plafond abrite plusieurs peintures massives dont une représentation d’un dragon.

Détails du temple Sensô-ji - Quartier Asakusa - Tokyo - © Claire Blumenfeld

Aux alentours du temple Sensô-ji, se trouve le sanctuaire shinto d’Asakusa. Construit en 1649, il est représentatif de l’ère d’Edo. Moins impressionnant que le Sensô-ji, il reste néanmoins très agréable. Surtout qu’en allant fureter à l’arrière du temple, on peux y voir de superbes peintures et revêtements dorés ainsi qu’un tout petit temple dédié à la déesse Inari, à forme de renard.

 

De l’autre coté du temple Sensô-ji, se trouve un petit jardin avec un ensemble de petits pavillons et l’Hanayashiki Amusement Park. Il s’agit du plus ancien parc d’attractions au Japon, en plein Tokyo. Les montagnes russes datent de 1953 ! Très peu pour moi ! Le contraste entre les attractions et le temple à deux pas est particulièrement représentatif de l’esprit de Tokyo, je trouve.

Je m’éloigne du temple pour aller faire un tour dans les petites allées commerçantes environnantes. L’ensemble possède une atmosphère de bric et de broc attachante. Je finis ma visite par l’allée commerçante Kappabashi Dogugai qui a pour mascotte le Kappa : monstre du folklore japonais relativement inoffensif à l’apparence de tortue anthropomorphe avec le sommet du crâne creux et rempli d’eau. On y vend des ustensiles de cuisine et de la vaisselle de cuisine japonaise. C’est là que l’on vient acheter les fameux plats en plastiques qui sont exposés dans les vitrines des restaurants japonais.

Quartier Asakusa - Tokyo - © Claire Blumenfeld

 

Pour finir notre balade avec Michiko, nous allons voir la Tokyo Sky Tree. Construite de 2008 à 2011, il s’agit d’une tour de radiodiffusion située dans le quartier Sumida, tout proche d’Asakusa et mesurant 634 mètres de haut. C’est la deuxième plus haute structure du monde. On dirait un vaisseau alien posé au milieu de la ville. Il est possible de monter dedans pour avoir une vue panoranique sur Tokyo, mais l’entrée est payante (chère) et c’est bourré de touristes. À la place Michiko et moi allons faire un tour dans le gigantesque centre commercial construit à ses pieds et nous assistons à l’ouverture des illuminations de Noël.

Marunouchi

Le quartier de Marunouchi situé dans l’arrondissement de Chiyoda abrite le Palais Impérial et ses jardins, la gare de Tokyo et fait office de centre financier et administratif du Japon. On y trouve les sièges des plus grosses banques et entreprises japonaises. Marunouchi signifie « à l’intérieur du cercle », faisant référence à la zone du Palais Impérial formant un cercle et entourée de douves.

Le Palais Impérial ou Kôkyo (« Résidence de l’Empereur ») se situe à l’emplacement de l’ancien château d’Edo, alors résidence des shoguns Tokugawa qui fut détruite en 1873 lors d’un incendie. Il ne reste aujourd’hui que la demeure de l’empereur (inaccessible au public), quelques fortifications et les portes et douves qui entourent l’enceinte.

J’ai longé l’enceinte du Palais Impérial, à pied et de nuit, il faut bien 2 heures pour en faire le tour ! Les jardins Est du Palais Impérial sont très beau. On peux y voir les fortifications de près. Les blocs de pierre utilisés pour construire l’enceinte sont d’une taille gigantesque ! J’ai également aperçu de loin, la demeure de l’empereur actuel. L’ensemble ressemble à un gigantesque îlot de tranquillité et de verdure au milieu des buildings du quartier administratif. J’ai particulièrement apprécié l’atmosphère qui se dégage du lieu, surtout à la nuit tombante. Je me sentais apaisée.

Les jardins du Palais Impérial - Quartier Sumida - Tokyo - © Claire Blumenfeld

 

 

Imperial Palace - Sumida district - Tokyo - © Claire Blumenfeld

Déambuler dans le quartier des affaires de Marunouchi, c’est passer la moitié de son temps la tête en l’air. Les buildings sont gigantesques ! Mais je ne trouve pas que cela soit oppressant. Il y a de plein de magasins et je suis allée faire un tour au Forum International de Tokyo, immense complexe culturel.

 

View of the Financial District from the Imperial Palace - Sumida district - Tokyo - © Claire Blumenfeld

Au milieu de tout ça, se trouve la gare de Tokyo, bâtiment de brique rouge de style renaissance construit en 1914. L’architecture est très belle mais l’espace devant la gare est occupé par des travaux. Un peu dommage pour les photos !

 

Akihabara

Akihabara est le temple des boutiques d’électroniques, d’animation et des mangas. Les habitués l’appellent Akiba ou Akihabara Electric Town (« Akihabara denki-gai »). L’origine de ce quartier remonte à 1870 lorsque suite à un terrible incendie qui ravagea une partie de Tokyo, les autorités décidèrent de défricher une zone au nord-est du Palais Impérial pour le protéger. Sur la zone poussa alors de nombreux arbres qui en perdant leurs feuilles donnèrent son nom au quartier : Akiba-no-hara (que l’on peut aussi lire Akihabara) : « champ de feuilles d’automne ». Suite à la seconde guerre mondiale, le quartier se transforma en gigantesque marché électronique rempli de petites échoppes. Aujourd’hui on y trouve de plus en plus de magasins dédiés à l’animation, aux mangas, aux figurines… transformant le quartier en temple de la culture geek.

Sounds of Tokyo – Quartier Akihabara  :

 

En tant que fan d’animés (séries d’animation japonaises) et de mangas, c’est le paradis ici ! Je me suis aventurée dans plusieurs magasins, le yeux écarquillés, pour en ressortir sans tarder, sous peine de dévaliser les rayons. Étant à peine au début de mon voyage, les achats devront attendre ! L’animation dans les rues et les gigantesques enseignes lumineuses correspondent bien à l’idée que l’on se fait de Akihabara mais je n’ai pas trouvé que l’endroit était surpeuplé. Juste animé. (ah ah petit jeu de mot sur le mot « animé » : animation japonaise et agitation dans les rues, pour ceux qui comprennent pas. Comment ça c’est pas drôle ?).

 

Akihabara possède aussi un très joli sanctuaire : Le Kanda Myojin. Sanctuaire shinto construit en 730, il est censé favoriser les bonnes affaires, le mariage, l’entente familiale, la protection contre le mauvais sort et la chance dans les compétitions. Je l’ai visité le soir de nuit, le lieu avait vraiment quelque chose d’apaisant et de mystique. Beaucoup de Japonais venaient effectuer des prières d’ailleurs. Comme il y avait un peu de vent, les clochettes à vent ou « Furin » que l’on trouve un peu partout au Japon faisaient entendre leur joli carillonnement.

Sounds of Tokyo – Sanctuaire Kanda Myojin – Quartier Akihabara  :

 

Lanterns - Kanda Myojin shrine - Akihabara district - Tokyo - © Claire Blumenfeld

 

Lanternes - Sanctuaire Kanda Myojin - Quartier Akihabara - Tokyo - © Claire Blumenfeld

Minato et Shiodome

Visite éclair de l’arrondissement de Minato. On y trouve 49 ambassades dont celle qui m’intéresse l’ambassade de France. Je m’y rends pour des questions d’ordre pratique. En arrivant devant l’ambassade j’aperçois des gerbes de fleurs, témoignages de soutien aux victimes des attaques terroristes ayant eu lieu à Paris vendredi dernier. Cela me fait une drôle d’impression. J’ai du mal à me dire que les attaques ont réellement eut lieu et que la France est en état d’alerte maximale. Je me sens un peu coupable de me dire que j’ai mieux fait d’être au Japon qu’en France actuellement.

En revenant de l’ambassade, je passe devant le temple Tengenji, un joli petit temple bouddhiste et je fais un tour au parc mémorial d’Arisugawanomiya. Il fait particulièrement chaud aujourd’hui. C’est probablement le jour le plus chaud depuis que je suis arrivée à Tokyo. L’ascension du parc construit sur une colline me fatigue presque.

 

Je mets ensuite le cap sur le quartier Shiodome situé au bord de la baie de Tokyo. Tout de buildings vêtu, Shiodome dont le nom signifie « qui retient la marée », est un quartier particulièrement moderne mais abritant une oasis de verdure : le Jardin Hama-Rikyu. Jardin japonais (dont la composition suit les trois grands principes : reproduction de la nature en miniature, symbolisme et capture de paysages), existant depuis le 17ème siècle, il faisait à ses débuts partie d’une villa de la famille du shogunat Tokugawa. Il se découpe en deux grandes parties : au Sud, la partie datant de l’époque d’Edo où se trouve une lagune se remplissant d’eau de mer à marée haute et au Nord, un jardin aménagé plus récent datant de l’époque Meiji (1868-1912). Le jardin contient notamment de nombreuses maisons de thé dont la Nakajima-no-ochaya « maison de thé de l’île centrale », toujours en activité. Construite en 1707 avec vue sur la mer, c’était à l’époque un véritable lieu de villégiature pour la noblesse d’Edo. Elle fut détruite en 1724 puis 1944 et intégralement restaurée en 1983.

Le jardin est superbe. Et on est en Automne. Il doit être magnifique au printemps, puisqu’il abrite un grand nombre de fleurs. C’est le lieu que j’ai le plus apprécié jusqu’à maintenant. En déambulant parmi les pins et les grands feuillus qui couvrent le parc sous un ciel d’orage et accompagnée de cris de corbeaux, j’avais vraiment l’impression de me retrouver à l’époque des samurais et des daimyôs. De retrouver dans la réalité cette vision tant imaginée d’un Japon d’autrefois.

Sounds of Tokyo – Jardin Hama-Rikyu – Quartier Shiodome  :

 

 

La visite de la Nakajima-no-ochaya fut un véritable petit moment de bonheur. Ça y est ! Je suis enfin rentrée dans une véritable maison traditionelle japonaise : déchaussement à l’entrée, structure en bois, tatamis au sol, cloisons en papier translucide. Grosse bouffée d’émotion !

Nakajima-no-ochaya - Hama-Rikyu garden - Shiodome district - Tokyo - © Claire Blumenfeld

 

J’ai également croisé pas mal d’animaux. Une superbe Manthe religieuse (c’est la deuxième que je vois) d’au moins 10cm ! Un joli petit héron gris et un chat tout tacheté perché fièrement sur la branche d’un pin.

 

Cat on a tree - Hama-Rikyu garden - Shiodome district - Tokyo - © Claire Blumenfeld

Sur le coté Est du jardin, on peut voir la baie de Tokyo. L’air marin, le signal sonore des péniches touristiques rentrant ou quittant la baie, le croassement des corbeaux, l’atmosphère était vraiment unique.

Vue de la baie de Tokyo depuis le Jardin Hama-Rikyu - Quartier Shiodome - Tokyo - © Claire Blumenfeld

Aujourd’hui, mercredi 18 Novembre, il a plu toute la journée. J’en ai profité pour rédiger ce long article. Rendez-vous en fin de semaines pour d’autres aperçus de Tokyo et ma rencontre avec une famille japonaise chez qui je loge cette semaine.

Quelques anecdotes :

  • Pour l’instant, je ne trouve vraiment pas que Tokyo soit surpeuplée. C’est même l’inverse ! Les zones que je visite sont plutôt tranquilles. Ça doit être différent le week-end.
  • Il y a des toilettes partout ! Et propres en plus ! Avec du papier et du savon, s’il vous plaît. Dans chaque stations de métro, parcs, centres commerciaux, lieux touristiques. Pour moi qui accorde beaucoup d’importance à ces questions d’ordre pratique, c’est le paradis 🙂
  • Les piétons japonais respectent les feux de signalisation. Pas comme les français qui traversent n’importent quand, sans attendre le feu vert. Au Japon, même si il n’y a pas de voitures, tant que le feu est rouge, on ne traverse pas !
  • Tout est à l’envers : ils roulent à gauche, pareil pour les piétons (à gauche ceux qui vont vers l’avant et à droite, ceux qui viennent vers soi), les verrous se verrouillent dans le sens opposé, pareil pour les robinets: j’appuie vers le bas pour ouvrir l’eau et je remonte vers le haut pour fermer.
  • Les temples sont dédiés au bouddhisme et les sanctuaires à la religion shinto.
  • Tokyo est remplie de corbeaux ! Ils sont partout ! Et massifs en plus. Dans les parcs, c’est un véritable concert.
  • Très grosse déception : le musée Ghibli est apparemment complet jusqu’à Janvier 2016 !! Impossible de prendre des tickets pour cette semaine. Il va falloir attendre mon retour à Tokyo donc pas avant Avril !!! (Je quitte Tokyo lundi 23 Novembre pour aller explorer d’autres horizons).