Sunset - Devonport - Tasmania - © Claire Blumenfeld

Errances dans les champs Tasmaniens

ou comment j’ai l’impression de passer à travers les jours et les rencontres sans vraiment les apprécier.

Il y a un mois et demi, après mon séjour à Tiandi Wildife Sanctuary, j’ai rejoins la Tasmanie pour travailler de nouveau chez Costa mais cette fois dans la récolte des framboises. Grâce à mon transfert depuis Tumbarumba, j’ai pu obtenir directement un poste d’assistante. J’ai quand même récolté des framboises la première journée histoire de me familiariser avec le petit fruit rose. Ma première semaine s’est faite dans la team Kilo, supervisée par Antonella puis Raul, deux Italiens, afin d’apprendre les spécificités du travail d’assistant et superviseur dans la ferme. Ce fut une semaine très sympathique où j’ai jonglé entre les différents postes et sympathisé avec pas mal de monde. Et j’ai emménagé pour la première fois dans une sharehouse dans le centre de Devonport qui s’est révélée très agréable à vivre. J’ai eu l’impression de rouler comme sur un nuage, d’accomplir de façon satisfaisante tout ce que je voulais.

La seconde semaine je suis passée superviseur et tout à changé. La grande différence avec Tumbarumba c’est que les équipes sont plus grosses en donc nécessitent 5 à 6 assistants plus le superviseur ainsi que l’utilisation d’un ordinateur portable pour enregistrer les récoltes des pickers. Le travail à Tumba était beaucoup plus relax et comme je m’en suis vite rendue compte largement plus agréable et mieux organisé. J’ai passé 5 semaines à faire des journées très longues et fatigantes, à subir une équipe de managers irrespectueux et à essayer de faire du bon travail tout en remplissant tous les jours une tonne de paperasse inutile. Et pendant tout ce temps je n’ai pas eu le temps et la motivation d’aller explorer la Tasmanie ni vraiment forgé de liens amicaux avec mes roommates ou les backpackers dans les champs. Je suis passée à travers les jours sans m’en rendre compte. J’étais là sans vraiment être là.

Mais malgré cet aspect décevant, Costa Tasmanie ne fut pas une expérience si horrible que ça. J’ai continué à développer mon expérience en tant que superviseur et à gérer une équipe. J’ai rencontré deux, trois personnes vraiment intéressantes avec qui j’ai pas mal échangé et je me suis inscrite au centre sportif à cinq minutes de ma maison afin d’aller faire du sport tout les jours. Vers mi-Avril, la récolte a commencé à diminuer et les horaires se sont réduits. J’ai donc quitté Costa pour aller travailler chez Premium Fresh dans la récolte de légumes. Et puis c’est tout. De ces (presque) deux mois et demi en Tasmanie, j’ai la sensation d’un souvenir flou. D’avoir survolé tout ça. Pas de grands souvenirs, très peu de photographies, des relations manquées, un léger sentiment d’échec.

Je n’arrive pas trop bien à comprendre pourquoi je ressens cela. C’est assez étrange parce la Tasmanie, je l’aime beaucoup. Et je l’aime de plus en plus depuis que j’ai commencé depuis deux semaines à aller l’explorer pendant mes jours de repos. Il y a quelque chose dans le paysage qui me fait du bien. Qui me donne l’impression d’être au bonne endroit. Cette île, mélange de Nouvelle-Zélande et d’Australie, c’est l’environnement que j’aime. Montagneux, campagnard, froid, magnifique. Et les couchers et levers de soleil sont superbes. Je crois que je n’ai jamais vu autant de couchers de soleil depuis que je suis arrivée en Tasmanie. Et puis je me sens de nouveau créative. La pratique de la photographie de démange. J’ai envie de me dépasser, de m’améliorer.

Les jours se font de plus en plus froid et l’hiver se rapproche. Et avec lui, la neige et son manteau blanc, les champs couverts de gel et une lumière pure. Parfaites opportunités photographiques. Alors j’ai décidé de rester un peu plus longtemps. Je pensais quitter la Tasmanie vers la mi-Mai après avoir passé une dizaine de jours à explorer puis aller faire un stage de dix jours de méditation mais j’ai changé mes plans. Et la possibilité de continuer à économiser en travaillant chez Premium Fresh pendant environ deux mois m’a décidé à rester ici.

C’est comme une seconde chance. Deux nouveaux mois devant moi pour profiter à fond de la Tasmanie, pour faire des rencontres, pour m’ouvrir les yeux et m’ancrer dans la réalité.

 

 

Total
11
Shares

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*