Plein de petites tortues - Osaka – © Claire Blumenfeld

Du 8 au 11 avril 2016, je suis allée passer quelques jours à Osaka et Nara. Après ma semaine de visites intensives à Kyoto, ayant du retard dans mes articles et une certaine fatigue conjuguée à des cervicales douloureuses, j’ai finalement passé pas mal de temps à l’auberge de jeunesse à Osaka où j’avais réservé quatre nuits. Mes visites d’Osaka et Nara furent donc assez courtes.

Osaka est une gigantesque métropole portuaire, coeur de la région du Kansai. Ville ouvrière et centre de commerce important, recouverte principalement de buildings en béton, Osaka dégage une âpreté qui tranche avec l’atmosphère de Kyoto. C’est à Osaka que s’effectuèrent les premiers contacts avec la Chine et la Corée. Lors de l’époque du shogunat des Tokugawa (1603 à 1867), la ville était le centre économique du Japon. Aujourd’hui détrônée par Tokyo, Osaka demeure quand même une des villes les plus actives du pays.

Ce que je retiens de ma journée de balade à Osaka, c’est une ambiance à la fois calme et active. À l’exception des quartiers du centre, plein d’activités, le reste de la ville semble être un peu endormi et vieillissant. Mon auberge de jeunesse était située dans un des quartiers proches du port, dans une rue commerçante couverte, mais peu importe l’horaire de la journée, le lieu était toujours très calme et presque vide. Autre fait remarquable : plein de petites tortues toutes mignonnes dans tous les lacs et mares de la ville.

Le premier lieu que j’ai visité fut le sanctuaire shintoïste Sumiyoshi Taisha dans un quartier un peu vieillissant. Dédié au divinités de la mer, ce superbe sanctuaire fut fondé au IIIème siècle (les bâtiments d’aujourd’hui sont des répliques des originaux). Son intérêt vient de son style architectural datant d’avant l’influence bouddhique chinoise. Je trouve que les bâtiments ont quelque chose de « viking » dans leur apparence : toits en paille et décoration en x. J’ai aussi pu observer une procession pour un mariage traditionnel, de l’extérieur du sanctuaire au hall principal, menée par un groupe d’une dizaine d’hommes en costumes chantant et dansant. En repartant j’ai dégusté de petites gourmandises originaire d’Osaka faites de pâte chaude et moelleuse. Très bon.

Mon estomac criant toujours famine, j’ai ensuite mis le cap sur le quartier Dôtomburi, rempli de restaurants, de bars, de théâtres, de salles de pachinko (mélange de flipper et de machine à sous) et d’échoppes toutes plus clinquantes les unes que les autres. L’ensemble fait très kitsch et semble avoir du mal à resister au temps qui passe. Les rues bruissent cependant d’animation. Je déjeune un petit bol de riz avec boeuf grillé et oignons verts et en dessert, une gauffre avec fruits, crème et glace vanille. Probablement le meilleur repas que j’ai mangé au Japon. Visite rapide du petit musée très intéressant sur le Bunraku. Originaire d’Osaka, le Bunraku est un type de théâtre japonais datant du 17ème siècle où les personnages sont interprétés par de grande marionnettes manipulées à vue. J’ai presque envie d’assister à une représentation mais le prix me refroidit.

Pour finir ma journée, je me rends au Chateau d’Osaka. La structure originelle fut édifiée en 1583 par Toyotomi Hideyoshi, après avoir réalisé l’unification du Japon (1590). Le chateau fut détruit et entièrement reconstruit deux fois. La structure actuelle, en béton date de 1931. Le château est très joli et abrite d’intéressantes collections. Mais le nombre trop important de touristes conjugué à un mal de crâne m’empêche d’apprécier pleinement la visite. Je fait le tour rapidement et ressort déguster de très bons dangos dans les jardins du château.

Le lendemain je prends le train pour me rendre à Nara. La ville fut la capitale du Japon au 8ème siècle et comprend huit sites inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco. De taille modeste et ayant été épargnée des destructions, Nara comprend un nombre importants d’édifices d’origine et un centre-ville ayant conservé ses maisons traditionnelles.  Une grande partie de la ville est constituée d’un très grand parc où déambule plus de 1000 daims (considérés comme des animaux sacrés). L’atmosphère est tranquille mais, encore une fois, après le faste de Kyoto, j’ai du mal à être émerveillé par ce que je vois. D’autant plus qu’il fait gris avec un très fort vent froid et que je n’ai qu’un petit pull.

Les deux plus belles visites sont le Kasuga Taisha et le Tôdai-ji. Le Kasuga Taisha est un magnifique sanctuaire shintoïste fondé au 8ème siècle. L’allée menant au temple ainsi que son intérieur sont remplis de lanternes. Une fête des Lanternes est d’ailleurs organisée deux fois par an, en février et en août. Situé en bordure du grand parc au centre de Nara, le sanctuaire possède de magnifiques bâtiments aux couleurs rouges, gris et or. Je me balade tranquillement émerveillée par le lieu. Un des couloirs du sanctuaire est plongé dans l’obscurité et éclairé par des centaines de lanternes. J’ai l’impression de me retrouver en pleine nuit entourée de lanternes flottantes.

En ressortant je dirige vers le Tôdai-ji, tout en me baladant à travers le parc. Le Tôdai-ji est un gigantesque temple bouddhiste abritant le célèbre Daibutsu (Grand Bouddha) de Nara. Celui-ci se trouve au sein du Daibutsu-den (salle du Grand Bouddha), gigantesque édifice en bois de presque 50 m de haut. Le Daibutsu à l’intérieur, pèse 437 tonnes de bronze et 130Kg d’or pour une quinzaine de mètres de haut. Il s’agit d’une représentation du Bouddha Vairocana (bouddha majeur). Difficile de ne pas être impressionné par la taille et la puissance que dégage le Grand Bouddha. Il est tellement grand que je n’arrive pas à le prendre entièrement en photo. D’autres bouddhas plus petits (mais toujours de tailles impressionnantes) ainsi que deux gardiens Niô se trouvent également dans la salle. Le gardiens Niô sont deux superbes sculptures célèbres en bois qui furent taillées au 13ème siècle par le sculpteur Unkei. Les Niô sont des divinités gardiennes des temples bouddhiques installées de chaque coté de l’entrée principale et capable de chasser les mauvais esprits. L’ensemble des sculptures dégagent une puissance et un mysticisme impressionnant. C’est juste dommage que la visite soit, encore une fois, gâchée par le flot de touristes ininterrompu.

Vaincue par le froid, je me réfugie ensuite dans le train pour rentrer à Osaka. Demain, je mets le cap sur Kôya-san, monastère/ville de 117 temples bouddhiques perchée à 800m d’altitude, dans la préfecture de Wakayama au sud d’Osaka.

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