Sur l’île des Kangourous | Carnet n°1

Australie – Carnet de voyage n°1 – Kangaroo Island

Mon départ précipité d’Arkaroola a chamboulé mes plans. Me voila de nouveau sans travail, sans hébergement, sans idées. Dans trois mois, en Janvier 2018, j’ai un volontariat (helpX) organisé qui m’attends, dans un wildlife sanctuary à Tomboye dans le New South Wales et que je tiens absolument à faire mais d’ici là rien de prévu. C’est le grand vide. Pendant quelques jours l’angoisse m’étreins. J’étais venu en Australie pour gagner de l’argent afin d’aller voyager en Asie. Et je viens de claquer la porte à un boulot plutôt bien payé et que j’appréciais, dans un endroit magnifique. Étais-ce vraiment la bonne solution ? Mais les tensions avec la manager et quelques personnes du staff étaient trop fortes et je n’en pouvait plus. Une fois qu’on a pris une décision,  qu’elle soit bonne ou mauvaise, il faut aller l’avant, non ? Je comate quelques jours sur le canapé d’Alex, le copain de Maggie, une connaissance d’Arkaroola. Puis je décide d’acheter une voiture et d’aller faire un autre volontariat (helpX) pendant le mois d’Octobre sur Kangaroo Island. J’ai besoin de me retrouver et de me reposer et l’île semble être la bonne solution.

 

Hi Claire. Thank you for your request, we would be happy to host you at that time. If you accept our offer you would be here at the same time as a younger Belgium girl, Laura. You would share a room with Laura in house with us. We share mealtimes together, and Tina is also veg. Could your either accept or decline this offer as we only hold time slots on positive confirmations. Thanks again. Regards Bill

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Kangaroo Island est une petite île au large de Cape Jervis à une centaine de kilomètres au sud d’Adelaide. D’après la majorité des gens, c’est un des endroits les plus beau de l’Australie méridionale. Avec des kangourous sautant dans les prairies tous les cinq mètres et des plages de sables fins à s’en décrocher la mâchoire… Je demande à voir. L’île fut découverte par Matthew Flinders, un explorateur anglais en 1802. D’ailleurs la partie ouest de l’île est composée d’un parc national du nom de Flinders Chase. L’île est assez peu peuplée et la vie de la petite population tourne majoritairement autour de l’agriculture.

 

Parndana - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld
Souvenir de KI – Le sol est rouge dans les rues de Parndana. La grande majorité des routes qui traversent le village sont des pistes. La poussière est partout. Sur un coté de la route, un tiger snake est train de se dorer la pilule. Il échappe de justesse aux roues du 4×4 devant moi.

 

Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld

 

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Le soleil de fin d’après-midi avait une couleur d’or

J’arrive pile à l’heure pour le départ du ferry à Cape Jervis. La route depuis Adélaide m’a pris plus de temps que prévu et ma voiture fraichement achetée à un problème au point mort. Elle cale systématiquement. Quelque chose ne va pas. C’était probablement pas une bonne idée d’acheter une voiture sans faire de contrôle technique. Ahahahah… Trop tard. Je verrais ça sur Kangaroo Island. La traversée en ferry dans la lumière de la fin d’après-midi m’offre une petite heure de repos. La nuit tombe dans une bonne heure, j’ai encore un peu de temps avant l’arrivée des kangourous et possums sur les routes. Le paysage de Kangaroo Island est baigné dans une lumière dorée. Je me sens remplie de joie. Le paysage est beau. Ça n’atteins pas la beauté des paysages des Flinders Ranges mais c’est beau. Je sens comme un pansement se poser sur mon coeur. Peut-être que tout ce chamboulement avait pour but de me permettre d’aller passer du temps sur l’île ? Je débarque à la nuit tombante chez Bill & Tina, le couple qui a accepté de m’accueillir pour les prochaines semaines. Annie, une petite fille de trois ans est en train de faire du cheval dans le petit jardin à l’avant. Elle semble minuscule sur sa monture. « Welcome to KI » me dit Bill en me prenant dans ses bras.

 

 

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Deux semaines tranquilles dans la petite ferme de Bill & Tina à m’occuper d’Annie et de divers travaux de la ferme. Tous les soirs et matins je m’occupe de nourrir la chatte Whiskey, Sam, la jeune chienne pleine d’énergie, Ben, le vieux cheval aux dents toutes abimés et le trio de poules. Je fais un peu de peinture, un peu d’entretien du jardin et pas mal de visites autour des l’île. Bill est un monsieur passé la soixantaine qui a vécu presque toute sa vie sur KI. Il possède environ deux cents montons qui broutent dans les centaines d’hectares qui composent la propriété. Des prairies, une forêt de pins (ancienne exploitation forestière), quelques trous d’eau artificiels, plusieurs hangars et une petite maison. Et pas mal de kangourous, possums et koalas. Bill accueille des helpers presque toute l’année. Il s’occupe aussi du poney club de l’île et fait partie du CFS, la brigade des pompiers de l’île. C’est un monsieur très sympathique et tranquille qui aime la compagnie. Et comme la plupart des australiens de la campagne, il est toujours près à donner un coup de mains ou à faire visiter les environs.

 

 

Pelican feeding - Kingscote - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld
Souvenir de KI – John vient tous les jours nourrir sa horde de pelican au ponton de kingscote. L’activité attire les touristes impressionnés par la taille des oiseaux. Les pelicans n’ont eux qu’une chose en tête : attraper le plus de poissons possible. Un des oiseaux attrape systématiquement la main de John mais avec un train de retard. Le poisson a déjà disparu, attrapé par un compère plus rapide.

 

Tell him he’s dreaming !

– Darry Kerrigan in The Castle (iconique film Australien que Bill m’a montré)

 

Tina est une jeune femme Taïwanaise. Elle a rencontré Bill lorsqu’elle est venu faire du volontariat cinq ans plus tôt. Depuis ils se sont mariés et ils ont eu Annie. Tina travaille au jardin d’enfants de Kingscote, la plus grosse ville de l’île. Elle travaille aussi deux fois par semaine au KI Tru Thai, un food truck de spécialités Thaïlandaises très populaire sur l’île. Elle aime échanger sur la cuisine, notamment asiatique et me donne pas mal de conseils concernant le fruit-picking en Australie. Je pense faire du blueberry fruit-picking après Kangaroo Island. Je suis allée donner un coup de main plusieurs fois pendant mon séjour au KI Tru Thai. Il fallait faire la vaisselle, encaisser les clients et débarrasser les tables. Rien de bien difficile après mon séjour à Arkaroola. La nourriture est bonne. Le lieu est tenu par Tony, un australien et Ao une Thaïlandaise. Le food truck est garé dans un hangar situé au milieu des champs reconverti en espace d’expositions et restaurant ouvert. C’est très sympathique.

 

 

Avec l’aide de Tina j’ai commencé à aménager ma voiture. Comme je ne peux pas avancer le siège de conduite comme je le voudrais, je suis un peu loin des pédales. Du coup avec de vieilles affaires que m’a donné Bill, j’ai cousu un coussin pour me mettre dans le dos. Tina m’a aidé à la couture. Elle a sorti sa machine à coudre et ça m’a rappelé ma maman en train de recoudre des vêtements plusieurs années auparavant. Je n’y connais rien à la couture et je me suis dit que je devrais apprendre les bases, ça serait surement utile. Je me suis imaginée en train de créer mes propres vêtements. (Une idée à garder dans un coin de ma tête). En aidant régulièrement à la cuisine, Tina m’a montré comment faire plusieurs spécialités asiatiques : des petits pains fourrés et des dimsim (de tout petits dumplings en forme étoilé fourré de viande ou légumes). Tout paraissait bien facile à faire mais je me suis dit qu’en road trip en vélo ou en voiture, je risquais pas d’en faire de si tôt !

 

Souvenir de KI – Vous avez remarqué que je porte souvent le même pull couleur taupe sur mes photos. Ahahahah. Faut dire qu’il s’agit de la marque Uniqlo et qu’après deux ans d’usage intensif il est toujours presque comme neuf. 

 

Whiskey est la petite chatte noire de la maison. Elle a une jolie fourrure mais n’aime pas trop les caresses. Elle vit sa petite vie tranquille sans trop de contact avec les membres de la maison. À l’exception de l’heure des repas où là c’est miaulements garantis. Les chats sauvages sont considérés comme de la peste sur KI car ils tuent les animaux natifs. Du coup les chats domestiqués sont sensés être attachés ou gardés à l’intérieur. Bill laisse Whiskey vivre à l’extérieur, je suppose pour attraper les souris et s’occuper des serpents. Il lui a mis une grosse chaine autour du cou qui traine parterre. Cela est senser faire du bruit et l’empêcher d’attraper les oiseaux. Du coup elle court d’une façon toute pataude. La chaîne semble bien lourde autour de son petit coup et même si je comprends le principe je ne peux m’empêcher de trouver cela un peu barbare.

 

 

Seal Bay - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld

 

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Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas vu un feu d’artifice

Tous les ans a lieu, fin Octobre, le Kingscote show. Une journée d’activités, de compétitions et d’expositions avec un feu d’artifice à la fin. Les habitants de l’île exposent leurs créations culinaires, les fruits et légumes de leur jardins, leurs créations artistiques, la laine de leur moutons, etc. Il y a des pris pour le meilleur sponge cake, la plus belle botte de betteraves, le ballot de laine la plus impressionnante, l’arrangement floral, le meilleur assortiment de muffins, le meilleur miel, etc. Mais à part la reconnaissance et la satisfaction personnelle pas de récompense. Les gens ne repartent qu’avec leurs produits et la satisfaction d’avoir gagné. Pas de sous, de billets d’avion ou même de coupons. Les choses restent très simples.

 

 

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J’ai l’impression d’être un peu coincée 

Le rythme me semble un peu lent chez Bill & Tina. Ou bien il est très relax et c’est juste moi qui est du mal à m’y adapter. Il m’empêche que j’ai plus l’impression de faire grand chose. Je me sentais bien les premiers jours mais l’euphorie est un peu retombée. Le temps est moyen, Laura (une autre helper belge) est partie et Bill est fatigué. Un sentiment de dépression me plane au dessus de la tête et je pense beaucoup à Arkaroola. Le lieu me manque. J’aimerais bien avoir des journées remplies et mon esprit occupé histoire de ne pas me ressasser les mêmes idées dans la tête. Du coup je décide d’aller passer quelques jours chez Grahams, qui s’occupe de produire du miel. J’ai toujours eu envie d’apprendre comment se passe la récolte du miel. Mais d’après les commentaires du site helpX et les remarques de Bill, Grahams est un sacré personnage. Je me donne deux-trois jours pour voir comment cela se passe et sinon je reviendrais chez Bill & Tina.

 

Honey Farm - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld
Souvenir de KI – Grahams vit dans un grand hangar remplie d’objets récupérés depuis des années. C’est le fourbi partout. Comme il le dit lui même « I’m a keeper » (« Je suis quelqu’un qui garde tout »). Si je comprends l’idée de garder, réparer et réutiliser plutôt que racheter, je ne peux m’empêcher de penser que la grande majorité des affaires entassées dans les hangars ne vont jamais être réutilisées.

 

 

 

Il fait une chaleur à mourir dans la combinaison de martien qui nous tiens lieu de protection relative contre les piqures d’abeille. Elles ne marchent pas vraiment d’ailleurs, je me suis déjà fait piquer 3 fois et j’entends Moritz qui jure pour la cinquième fois. Les petites guerrières jaunes et noires ont un dard capable de percer nos combinaisons. Et si jamais l’une d’entre elle arrive à rentrer à l’intérieur de la combinaison c’est la panique. Je perds des litres de sueur et je n’ai qu’une seule envie : rentrer à la caravan qui nous sert de maison à Moritz et moi. Cela fait deux jours que j’accompagne Grahams et Moritz à travers l’île pour aller récolter le miel des ruches éparpillées sur diverses propriétés. Bien pour découvrir les environs mais il fait tellement chaud que je somnole la moitié de temps. Et puis Grahams est définitivement un sacré personnage. Je pense que c’est quelqu’un toujours prêt à filer un coup de main et qui travaille dur mais qui a vécu toute sa vie seul et à des idées bien arrêtées. Pas toute à fait le genre de personne que j’apprécie et encore moins en ce moment avec mon moral un peu dans les chaussettes. Et puis je l’avoue, au final la récolte du miel c’est pas la partie que je préfère. Et les piqûres d’abeilles, ça fait un mal de chien. J’aurais préférais voir la mise en bocaux, la création du design des étiquettes et la distribution autour de l’île. Mais pour faire ça il faut récolter plusieurs kilos de miel. Et durant mes quelques jours avec Grahams, c’est ce que nous avons fait. Au bout du quatrième jours j’ai quitté le lieu sur un sentiment mitigé. Au moins j’ai récupéré quelques alcôves de reine, l’endroit où elle naissent et grandissent. Leurs alcôves sont plus grosses que celles des abeilles normales. (voir plus bas).

 

Honey Farm - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld

 

 

 

L’ouverture du toit de la ruche est toujours une surprise : combien de propolis va t’il se trouver en dessous ? Cette matière jaune est produite à partir de cire et de résine végétale par les abeilles et est apparemment un anti-infectieux. Un kilo de propolis est un petit trésor pour Grahams. De quoi arrondir les fins de mois. Une fois en ouvrant un couvercle, une Redback est apparue à nos yeux. (la Redback est une des araignées dont la morsure fait la plus mal en Australie). Une autre fois ce fut une gigantesque Huntsman de la taille de ma paume (la Hunstman est une grosse araignée heureusement inoffensive pour l’homme). Pour récolter le miel il faut enfumer les abeilles puis l’on récupère les panneaux contenant le miel en faisant attention à ne pas abimer ceux contenant la nurserie et les récoltes de pollen. Le miel sera ensuite décollé des panneaux et rassembler dans de gros tonneaux avant d’être mis en bocaux.

 

 

Hunstman spider - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld

 

 

 

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Le violet semble être la couleur dominante de la flore sur KI

 

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J’ai nourri des Kangourous et parlé à un Magpie

Je suis allée faire un tour au Parndana Wildlife Park. Je ne pensais pas y aller étant donner que l’entrée coûte 25$ mais je me suis laissé tenter. Ce fut une bonne décision. J’y suis restée 4 heures et j’ai beaucoup aimé. Il y a tout un tas d’animaux variés et intéressants. J’ai pu voir de petits manchots pygmée touts mignons, des grenouilles ayant un air de Yoda, des chouettes qui ressemblent à des vieilles chaussettes fripées, des koalas imperturbables, des Casoars, drôles d’oiseaux venus de la préhistoire, etc. Et j’ai eu un échange très profond avec un bébé magpie recueillis par le parc après être tombé de son nid et qui avait grandement faim. Et puis le moment fort de la visite : nourrir les kangourous. Je trouve cela un peu étrange de faire des ces animaux sauvages des sorte de bêtes de cirque mais je l’avoue voir ces bestioles toutes mignonnes me manger dans la main, ben ouais c’était cool ! Mais attention, ne faites pas cela avec des Kangourous vraiment sauvages ! Ceux du parc sont à moitié domestiqué. Mais dans la nature les Kangourous vaut mieux les laisser tranquilles. Comme tous les animaux sauvages d’ailleurs.

 

Talking with a baby Magpie - Wildlife Park - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld

 

Frog - Wildlife Park - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld

 

 

 

 

 

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La vie nous réserve toujours des surprises, bonnes ou mauvaises

J’étais prête à partir, à rejoindre Adélaide puis à longer la Great Ocean Road et rejoindre la Tasmanie mais ma voiture en a décidé autrement. Le garagiste du coin m’a trouvé le problème : une fuite d’air au niveau du carburateur. Celui-ci doit être réparé et il n’a pas eu le temps de le faire. Il va falloir que je fasse réparer ça à Adélaide. Aucune idée de combien de temps cela va prendre. Le soir alors que je discute avec Tina de la suite de mes projets, mon esprit fonctionnant à toute vitesse, Bill laisse tomber la phrase qui va décider de la suite de mes plans jusqu’à fin Novembre : « You know, I could find you a job by tonight and you could start tomorrow if you want. I know that some of the vineyards around need people right now ». What !!!!! J’hésite un peu mais plutôt que d’attendre sans rien faire à Adélaide autant le faire en travaillant. De toute façon je suis coincée, ma voiture a besoin d’être réparée. Et puis ça me donne l’occasion de continuer à visiter le reste de l’île.

 

Admiral Arch - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld

 

Cape Borda - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld

 

Little Sahara - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld
Souvenir de KI – Sur l’une des crêtes de Little Sahara, un jeune couple se tourne le deux pour prendre des selfies. Je me dis qu’il y a quelques chose d’étrange dans le comportement des gens autour de moi.

 

C’est la fin du printemps et les pieds de vigne ont besoin d’être nettoyé. Il y a trop de pousses qui ont bourdonné un peu partout. Seules celles situées au niveau des boutures survivront à mon passage. Me voila donc chapeau sur la tête et gants sur les mains à nettoyer les lignes de vignes. Le premier vignoble où je travaille, Hazyblur est une petite propriété entretenue par Mick que Tina connaît bien. Je fais ma première ligne en deux heures trente ! À la fin de la journée je n’ai fait que 7 rangées. Je rentre un peu déprimée chez Bill & Tina. J’ai beau être payé à l’heure, j’ai l’impression d’être beaucoup trop lente. Les jours suivants je prends le rythme et je finis par faire chaque ligne en quarante-cinq minutes. Parfois Mick vient aider. Parfois je suis toute seule. Pendant neuf heures. Quelle tranquillité ! La semaine d’après je me rends chez Islander Estate, un vignoble appartenant à un français et géré par Yale un américain. La route pour rejoindre le vignoble est superbe mais le travail est beaucoup plus dur que chez Hazyblur. Les pieds de vigne sont petits et couverts de feuilles. Il fait beaucoup plus chaud et je passe mes journées sur les genoux ou le dos cassés en deux. J’y passe dix jours longs et douloureux seulement accompagnés des deux chiens gardant le vignoble. Ils sont magnifiques et très demandeurs en caresses. je me demande si le blueberry fruit-picking que j’ai en tête de faire plus tard va être aussi dur.

 

The Islander domain - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld

 

 

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Regardez-moi ces petites têtes !

 

 

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Dans la vie, y’a des hauts et des bas

Mais ça y est ! Ma voiture est enfin réparée ! On est mi-novembre. Je quitte Bill et Tina en les remerciant de tout ce qu’il ont fait pour moi mais pas mécontente de partir. Les dernières semaines je me sentais un peu enfermée et nous ne communiquions plus beaucoup. Je passe deux jours à aller visiter les endroits de l’île que je n’ai pas encore vu en dormant à l’arrière de ma voiture que j’ai aménagé. C’est petit là dedans dis-donc ! Faut dire qu’il y a le vélo qui prend beaucoup de place… Mi-Novembre je quitte Kangaroo Island par un beau temps ensoleillé.  Retour sur le continent.

 

Remarkable Rocks - Kangaroo Island - South Australia - © Claire Blumenfeld

 

 

 

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