Narawntapu National Park - Tasmania - Australia - © Claire Blumenfeld -

Aux confins de mon esprit

ou la remise en question de qui je suis, de ce que je veux, de ce que je veux créer, de ce que je veux découvrir.

Ces derniers temps, j’ai la tête en ébullition. Cela fait des années que j’ai une infinité de questions et d’envies qui me passent par la tête tous les jours. Mais depuis quelques mois, j’ai l’impression de faire une overdose. C’est trop. Trop d’idées, trop d’attentes, trop d’inquiétudes, trop de changements que je veux accomplir. Je suis un peu au bout du rouleau.

C’est étrange. En regardant en arrière, j’ai du mal à trouver un moment où je fus vraiment heureuse en voyage. Oui j’ai vécu des expériences extraordinaires, j’ai découvert des vérités au fond de moi, j’ai vu des paysages magnifiques. Mais je ne me suis jamais (ou très rarement) sentie en paix, l’esprit en parfaite synchronisation avec le moment présent, une sensation d’apaisement parcourant mon corps. Avant de quitter la France, il y a deux ans, j’ai pensé de façon naive que partir en voyage allait en quelques mois me changer, faire de moi une personne talentueuse, extraordinaire et parfaitement heureuse. Et bien au final, trente mois plus tard, les problèmes sont toujours là (angoisses, doutes, légère dépression, etc). Y’a rien à faire, peut-importe que l’on soit à l’autre bout du monde, (à moins de vivre une expérience de vie si forte qu’elle est capable de vous changer en quelques mois, ce qui n’est pas mon cas pour l’instant), on traîne nos problèmes non résolus partout où l’on va.

J’ai un peu de mal à accepter cela. J’ai beau faire des listes et des listes sur comment atteindre mes buts et changer mes habitudes (être créative, heureuse, sociale, en bonne forme, etc), je fais trois pas en avant, dix pas en arrière. Et puis j’ai la tête perdue dans le futur. Sur l’après-Australie. J’ai décidé de passer deux ans en Australie pour économiser au maximum afin d’aller passer un an en vélo à travers l’Asie. Du coup je travaille beaucoup. Mon working holiday, c’est à 80% working et 20% holiday. Cela ne me dérange pas plus que ça. Mais j’ai un peu de mal selon mes standards à économiser comme je le voudrais. Et cela m’inquiète un peu. Vous allez me dire, comme la plupart des gens à qui j’en ai parlé, que je m’inquiète trop, que je devrais apprécier l’instant présent et que comparé à la grande majorité des autres backpackers je m’en sors bien. Oui. Peut-être.

 

 

Je ne sais pas trop pourquoi je suis comme je suis. Un peu asociale sur les bords, prompte à l’inquiétude, perfectionniste parfois jusqu’à l’épuisement, en permanence à courir après le temps, trainant une légère déprime, par moments perdue dans la procrastination et avec une sensation de ne pas être en phase. Un psychologue me parlerait de mon adolescence, de ma relation avec mes parents, de mon rapport à mon corps et à mon image, de mes attentes… Mais je n’ai pas de psychologue et je ne suis pas sûre que j’en veuille un (déjà fait l’expérience et cela n’a pas vraiment marché) alors j’écris sur mon blog.

Depuis quelques mois, j’ai également un peu de mal à décider de ce que je veux publier sur mon blog. Étant donné que je passe la majorité du temps à travailler (en ce moment à ramasser des carottes), il n’y a pas vraiment d’intérêt à vous en faire un carnet de voyage. Et puis je voudrais transformer mon site en quelque chose d’autre qu’un récit de voyage. Le récit est intéressant quand il n’y a quelque chose à raconter mais en ce moment à part mes questionnement existentiels il n’y a pas matière à conter. Je voudrais un contenu plus écologique, anthropologique, sur la planète, les traditions. Des articles à la National Géographic. Bon. Apparemment pour l’instant je n’ai pas le temps, la capacité et la matière à faire ça. Alors je ne sais pas trop.

Le point positif dans tout ça c’est que à force de m’épuiser et d’en avoir marre je vais bien être obligée de prendre un tournant décisif dans ma vie à un moment ou à un autre. Décider de penser différemment et de me concentrer sur mes buts. Jeter au fond du gouffre tout ce qui me retient et enfin avancer d’un pas libre. Et puis même si j’ai un peu de mal à écrire en ce moment, au moins je me concentre pas mal sur la pratique de la photographie.

Il me reste six semaines en Tasmanie. Six semaines à récolter des légumes dans les champs pendant la semaine et à aller visiter l’île pendant les weekends. Et à essayer de trouver quelques réponses.

À suivre…

 

 

 

Total
7
Shares

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*