Mer de nuage - Chamonix - France - © Claire Blumenfeld

Compte rendu de mon séjour à Chamonix

Retour sur mon séjour à Chamonix et sur ce que cela m’a permis de comprendre. Pourquoi je laisse tomber la restauration (ou pas), mon avenir durant les cinq prochains mois et ce que j’envisage pour la suite.

Fin Avril est arrivé et avec ça la fin de mon contrat à l’hôtel Alpina de Chamonix. La fin tant attendue. Ça y est, je laisse enfin derrière moi cet hotel à problèmes, cet environnement de travail un peu fou et toxique. Après sept mois de travail à l’Alpina, je n’attendais plus qu’une chose : en partir. Pourtant ce ne fut pas une expérience catastrophique. Non, loin de là. Mais l’organisation désastreuse, le changement permanent de personnel, une direction complètement à l’ouest et les ragots négatifs m’ont enlevé toute motivation et tout intérêt. 

Début Octobre 2018 je suis arrivée, à peine revenue de l’Australie quelques jours auparavant, à Chamonix bien décidée à faire de ma saison d’hiver une réussite. À l’opposé de mes expériences de travail précédentes en Australie et Nouvelle-Zélande. Cette fois j’allais réussir, faire l’intégralité de mon contrat en tant qu’assistante maitre d’hotel, apprendre et progresser sur mes objectifs personnels. 

Les deux premiers mois se sont relativement bien passé. Malgré l’évidence devant mes yeux, un peu aveuglée par mon envie d’en faire une expérience réussie coûte que coûte, j’ai eu envie d’y croire. Croire que je pouvais changer l’Alpina, que je pouvais l’organiser et le superviser sans trop de problèmes. Me rendre compte de l’évidence c’était réaliser que je m’étais plantée, que j’avais fait un mauvais choix en quittant l’Australie et ça je ne pouvais pas. Me dire que j’avais prise une mauvaise décision en quittant l’Australie si rapidement, laissant derrière moi presque un an de visa acheté mais non utilisé. Non je ne voulais pas l’accepter. 

Et puis l’environnement est splendide. Chamonix, la vallée, la chaîne du Mont-Blanc et les Alpes, non y’a pas à discuter, c’est un des plus bel endroit de France. Profitant de l’Automne je suis allée randonner et bivouaquer appréciant chaque instant le paysage. Je me suis mise à la course à pied et remise au Yoga. J’ai repris la méditation et je me suis concentrée sur mes projets personnels. J’avais bien dans un coin de la tête l’organisation foutraque de l’hotel et du restaurant mais ça allait. J’étais presque heureuse dans ma petite chambre de « Beaulieu » au sein d’un Chamonix encore vide de touristes.

Et puis Décembre est arrivé et avec lui l’hiver, la neige, les touristes et les vacances. Je pense que le premier coup d’épée, celui qui m’a vraiment fait mal fut la semaine de Noël. Toujours en manque de personnel, le restaurant est passé d’une vingtaine de couverts le soir à une soixantaine. Normal pour un restaurant en période touristique. Mais difficile à tenir et à supporter (en tout cas quand vous aimez le travail bien fait) au sein d’un établissement en manque de personnel et sans aucune organisation. La soirée de Noël fut un désastre sans nom. Plus de la moitié des clients étaient mécontents et j’essayais vainement de me maintenir la tête hors de l’eau. Cette période m’a foutu un coup dur au moral, qui fut suivi d’une espèce de dépression hivernale et d’une fatigue généralisée. Je faisais des tonnes d’heures supplémentaires, le service était catastrophique et l’équipe de plus en plus irritable. 

À cela s’est ajouté les mois de Février-Mars où la folie n’a pas arrêté une seconde et j’ai fini fin Mars sur les rotules sur le point de demander un arrêt de travail. J’avais abandonné toutes mes activités sportives (ski, course à pied, yoga), je n’avais quasiment rien écrit ou pas pris de photo en trois mois et je n’avais plus aucune motivation. Le mois d’Avril fut légèrement moins désastreux puisque suite à mes demandes répétées mes horaires de travail furent changées (je passais du matin). 

Début Octobre je m’étais éventuellement dit que si cela se passerais bien, j’envisagerais de rester pour la saison d’été voir même de demander un CDI. Fin Avril l’idée de rester me faisait fuir en courant. Après sept mois de travail en tant qu’assistante maitre d’hotel a essayer de gérer une équipe et un restaurant dysfonctionnels, j’abandonne. Non merci. Fin Avril 2019, je suis au même point que j’étais fin Août 2018. Je n’ai pas progressé dans mes objectifs personnels et créatifs et je n’ai toujours aucune idée de ce que je veux faire pour la suite. 

Enfin cela n’est pas totalement vrai. Mon séjour à l’Alpina m’a permis, du moins je l’espère, de m’ouvrir les yeux sur certaines choses :

Je fait systématiquement les mêmes erreurs. J’ai beau me dire que plus jamais je ne tomberais dans le même piège ou me comporterais d’une telle façon, je finis toujours par recommencer. Je me dit toujours en arrivant dans un nouvel endroit que je vais profiter à fond du lieu, du paysage, des activités, que je vais être ouverte, sociale et me faire des amis. Que je vais enfin réussir à me consacrer à la photographie, à mon site, à la pratique de mon drone. Que je vais vraiment me mettre à la méditation et à un mode de vie plus sain et simple, etc. Et bien non c’est systématique. Depuis quatre ans (depuis que je suis partie en voyage, avant c’était différent), c’est toujours la même chose et mon séjour à Chamonix l’a encore prouvé : je finis toujours par être dépressive, sans aucune motivation pour travailler sur mes projets personnels et créatifs, je suis systématiquement déçue de mes emplois et des gens avec qui je travaille, isolée et sans amis. Et avec une seule idée en tête, m’enfuir pour aller ailleurs où se sera forcément mieux qu’ici. Donc le problème principal, le dénominateur commun, c’est moi. Je dois changer de façon de penser et de vivre. Cela me détruit et m’empêche de voir la réalité. Je ne sais pas comment faire mais je sais que c’est un changement vital à accomplir. 

La restauration je ne suis pas sûre de continuer. En tout cas, plus jamais, au sein d’un établissement comme l’Alpina. Je me suis rendue compte que le service c’est très répétitif et ennuyeux (tout du moins dans un lieu mal organisé) et que gérer des équipes, ce n’est peut-être pas pour moi, malgré ce que je m’étais mis en tête. Je suis trop perfectionniste, j’en attends trop des autres et malgré une volonté de bien faire cela se traduit ou se ressent trop par un comportement un peu dictatorial. Et par un épuisement mental et motivationnel de ma part. Les horaires en service de coupure (service du midi et du soir) ne sont pas pour moi, surtout si le service fini tard le soir. Cela chamboule toute ma volonté de vouloir se coucher tôt le soir pour se lever tôt le matin. Je veux suivre des horaires de vie et de sommeil sains et les horaires en coupure ne permettent pas cela. Alors voila, la restauration je préfèrerais ne pas y retourner. Mais comme je ne sais pas trop quoi faire de ma vie, il faut bien que je gagne quelques billets verts. Et le domaine de la restauration est un des seul domaine qui emploie en permanence et tout autour du monde. Alors si je dois retourner dans la restauration dans un avenir proche je vais faire très attention à choisir un établissement qui me convienne. 

Fin Mars, j’ai eu un éclair de création qui m’a conduite à repenser intégralement mon site web et le contenu que je voulais publier. J’en parle dans cet article. Cela m’a également conduite à mettre en place deux « projets-voyages » qui seront pour moi les « validateurs » de mes choix professionnels futurs. Le premier projet est un voyage de six semaines de Juin à mi-Juillet à travers les Alpes dans quatre pays : Italie, Autriche, Suisse, France. Je l’envisage comme une renaissance, une remise en forme physique et mentale et un retour à la création. Le deuxième projet est un voyage de trois mois, d’Août à Octobre, en Islande, à vélo. C’est la continuité du projet précédent accès sur une confrontation physique, créative et mentale. 

Si j’arrive à accomplir ce que j’ai en tête lors de ces deux « projets-voyages » alors ce sera pour moi la confirmation qu’il faut que je me lance corps et âme dans l’avenir créatif et exploratif que j’ai en tête. Si je n’y arrive pas, il faudra se rendre à l’évidence une bonne fois pour toute et choisir un avenir professionnel un peu plus simple. Dans les deux cas, je me laisse le temps de ces deux projets, cinq mois un peu près, pour me changer, me confronter et m’évaluer et pour prendre ensuite, enfin, les décisions finales concernant la voie que je souhaite suivre pendant les vingt/trente années prochaines. 

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Taitô - Tokyo - © Claire Blumenfeld

Impressions de Tokyo (partie 1/2)

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